Les moines d'Oka entrent de nouveau dans l'histoirePAR GILLES BOILEAU
Chassés de France par la Révolution, les Trappistes cherchaient à s'implanter à l'étranger, mais en pays connu tout de même. En 1795, l'évêque de Québec reçut une demande en ce sens de la part de Dom Augustin de Lestranges. Il semble que Mgr Hubert, alors évêque de Québec, aurait bien aimé accueillir quelques moines mais ne croyant pas en la possibilité d'une relève canadienne, il détourna les moines français de leur dessein. Selon l'éminent prélat, c'est la trop grande sévérité de La Trappe qui aurait effrayé les jeunes aspirants canadiens. Dans ses écrits consacrés à l'histoire des Messieurs de Saint-Sulpice, Mgr Olivier Maurault révèle que les premiers seigneurs de l'île de Montréal étaient prêts à recevoir dans leur domaine quelques trappistes et à faciliter leur implantation en terre nord-américaine. Mais c'est Londres qui se serait opposé à ce que pareille autorisation soit accordée. Quoi qu'il en soit, il faut bien admettre que la règle de Rancé, que l'on voulait implanter au Canada, était d'une très grande austérité et qu'elle aurait eu bien peu de chance de succès. Alors qu'il était en route pour Rome,
en 1841, Ignace Bourget, évêque de Montréal, fit
un court séjour à l'abbaye du Port-du-Salut. Il en resta
profondément marqué. Il souhaita l'établissement
d'une abbaye cistercienne dans son diocèse. Une telle fondation
se serait rapidement concrétisée si les autorités
du diocèse avaient accepté de donner aux moines européens
un domaine d'un millier d'acres et de les doter d'«un monastère
avec toutes ses dépendances».
On y a formé des centaines d'agronomes et d'agriculteurs.
L'action du curé de Notre-Dame Apprenant, en 1880, que les soldats français s'apprêtaient à chasser les moines de Bellefontaine de leur abbaye, le curé Victor Rousselot (qui comptait un de ses frères au sein de la communauté de Bellefontaine), de la paroisse Notre-Dame de Montréal, songea à réactiver l'ancien projet de fondation d'un monastère en terre canadienne. Il pensa donc à offrir aux moines un immense terrain à même la seigneurie des Messieurs de Saint-Sulpice, au Lac des Deux-Montagnes. M. Rousselot entrevoyait déjà tous les avantages de la création d'une ferme modèle dans la région de Montréal. En effet, les moines de Bellefontaine étaient reconnus pour leurs grands talents d'agriculteurs. C'est toute la région - et toute la province - et de nombreuses générations de Québécois qui allaient en profiter. Sa vision était juste. L'abbaye de Bellefontaine était très pauvre. Elle voulait bien contribuer à une fondation sur le terrain mis à sa disposition par les Sulpiciens, mais elle ne disposait d'aucun bien ni d'aucun argent. Il serait alors nécessaire de pourvoir à l'entretien total des premiers moines qui viendraient de France. Sur l'insistance des Sulpiciens et avec l'appui de quelques personnages importants de l'époque, le gouvernement de la province accepta de leur prêter 10 000 $, avec intérêt cependant. Et il y avait une condition: les moines s'engageaient à créer une ferme modèle. C'est à la fin de janvier 1881 que le père abbé de Bellefontaine annonça au curé Rousselot qu'il acceptait d'envoyer dans le diocèse de Montréal quelques moines qui deviendraient en vérité les fondateurs véritables de l'abbaye tant souhaitée. Dans une missive du 29 janvier, Dom Jean-Marie annonçait la bonne nouvelle au curé Rousselot. Ce précieux document conservé dans les Archives du monastère d'Oka fait part de la décision de la communauté de Bellefontaine d'accepter l'invitation du diocèse de Montréal et des Messieurs de Saint-Sulpice. Ils tenteront donc de créer cette fameuse école modèle mais mettent en garde «contre les grands espoirs que pourrait susciter la venue des moines en terre québécoise». Et l'abbé de Bellefontaine insiste toujours fortement sur la grande pauvreté de sa communauté. Mais, de son côté, la communauté de Bellefontaine a elle aussi ses exigences: elle refusera toute immixtion étrangère dans l'administration de sa nouvelle fondation. Elle rejette aussi l'idée de «transplanter» l'ensemble de la communauté, et seulement quatre ou cinq religieux formeront le premier noyau de cette création. Ils viendront «présider aux négociations et à la première installation». Dom Chouteau sera du voyage. Dans sa grande prudence, le père abbé ajoute: Ces Religieux devront former le noyau d'une Communauté qui se recruterait de Canadiens, parmi lesquels on nous fait espérer des vocations, sans engagement pris par moi de fournir d'autres sujets de Bellefontaine. Notre monastère se déclare en outre dans l'impossibilité de subvenir à aucun frais de voyage et d'installation. Je représenterai en même temps, que malgré notre désir de nous mettre à la hauteur des espérances que nous pouvons faire naître au point de vue agricole, on doit s'attendre à des débuts modestes, à des efforts laborieux, mais sur un terrain pratique, et non à des résultats merveilleux et le plus souvent imaginaires. L'inquiétude de Dom Jean-Marie Chouteau Il ne faut pas oublier que les moines de Bellefontaine, comme les autres communautés religieuses, étaient alors les victimes impuissantes de persécutions religieuses soutenues, qu'ils ployaient sous le poids d'une dette considérable et que de nouvelles lois leur imposaient injustement des impôts écrasants. Dom Jean-Marie Chouteau était aussi inquiet... des espérances exagérées qui pouvaient être fondées sur nous, au point de vue agricole; je tiens, bien cher Monsieur, à ce qu'il n'y ait point d'illusion à ce sujet, au Canada, surtout vis-à-vis du gouvernement qui s'offre à nous faire des avances. Nous tâcherons d'être bons Religieux; nous serons aussi bons agriculteurs que possible. Comptez sur notre bonne volonté et notre dévouement, Dieu et les circonstances feront le reste. Compte tenu de ces restrictions et de ses inquiétudes, l'abbé de Bellefontaine allait attendre la réaction de M. Rousselot, qui était en quelque sorte leur intermédiaire de ce côté de l'Atlantique. Tout ce qu'il attendait, c'était un court message mais lourd de conséquences. Il attendait donc de M. Rousselot un signal fait de quatre mots: «Pour Bellefontaine, Fondation acceptée». En donnant son approbation à la fondation d'un monastère outre-mer, l'évêque d'Angers insista auprès de l'abbé de Bellefontaine pour que les moines qui allaient partir «fonder» Oka soient «parmi les meilleurs de la communauté, car rien n'est difficile comme une création». Les premières années de l'histoire de l'abbaye ont montré combien l'évêque avait raison. Moins de trois mois après la lettre de l'Abbé de Bellefontaine, arriveront à Oka, le 11 avril, Dom Jean-Marie Chouteau lui-même, accompagné du Père Jean-Baptiste Gaudin. Ce religieux passa 10 ans à Oka. Rentré en France, il est revenu en terre canadienne en 1905 comme supérieur de Notre-Dame des Prairies, au Manitoba. Il y est décédé en 1910 et sa dépouille repose dans le petit cimetière de l'abbaye. Dom Jean-Marie Chouteau, abbé de Bellefontaine, et le Père Jean-Baptiste Gaudin quittèrent donc Le Havre le 26 mars 1881 en route pour le Canada. Arrivés à New-York le 7 avril suivant, les deux moines se retrouvèrent à Montréal dès le lendemain matin où il furent accueillis avec chaleur et émotion par les Messieurs de Saint-Sulpice, en leur séminaire. Dès le jour suivant, ils se rendirent à l'évêché présenter leurs hommages à Mgr Fabre En route pour Oka Même s'ils brûlaient d'impatience de visiter le site de leur futur monastère, les deux religieux durent attendre encore deux longues journées avant de se mettre en route pour la seigneurie du Lac, la où les ecclésiastiques du Petit Séminaire leur avaient offert un vaste domaine afin qu'ils puissent s'y installer avec leur communauté. Ces deux jours d'attente furent partagés entre le repos et les visites dites de «convenance». Ce n'est que le 11 avril, sous une forte neige, qu'on prit enfin le chemin du lac. Après une nuit passée à la mission, en compagnie de M. Lacan, le curé d'Oka, le Père abbé et son inséparable compagnon rendirent visite au meunier Cyrille Gagnon et à sa famille qui avaient la charge du moulin de la Baie. Alors que la couverture de neige au sol était encore abondante, les deux moines parcoururent avec un véritable serrement de coeur la plus grande partie du terrain qui allait devenir leur fief. Si les Sulpiciens ont donné «grande terre» aux Trappistes, ils leur ont néanmoins donné «mauvaise terre», de qualité à peu près équivalente à celle du terroir qu'ils avaient «prêté» aux Indiens après 1721... Il n'est que juste de le souligner. À cette «générosité», il faut ajouter les tracasseries dont furent victimes les Trappistes de la part des bons Messieus. Le P. Prieur, Guillaume Lehaye, y fait allusion dans une lettre du 20 avril 1883... C'est en vain que nous chercherions des expressions pour dépeindre la douleur que nous fait éprouver la pensée que nos coeurs pourraient à jamais être serrés vis-à-vis de nos insignes bienfaiteurs du Séminaire de Montréal. C'est là pourtant que pourraient nous conduire les mesures qui viennent d'être prises à notre égard. Nous ne parlerons pas du comportement du gouvernement du Québec qui, dans une mesquinerie gênante, insista longuement pour que les moines remettent l'argent prêté. Mais les valeureux ministres finirent par comprendre le bon sens. Et à Oka, il arriva aussi que la municipalité songeât à «taxer» les moines. On imagine facilement le choc que durent éprouver Dom Jean-Marie et le Père Jean-Baptiste. Quel dépaysement! Se retrouver dans des bois couverts de neige alors que dans leur France natale, et surtout à Bellefontaine, entre Anjou et Vendée, dans ce doux pays de la Loire, la nature regorgeait déjà de verdure et que dans les vergers les fruits s'annonçaient beaux et bons. Mais le silence des terres froides et boisées d'Oka valaient encore mieux que le bruit de botte des armées républicaines. Après la visite du futur domaine, et après en avoir évalué les avantages et les inconvénients et mesuré les chances de succès d'une fondation en ces lieux, il resterait toujours à préciser les modalités et les conditions du transfert de propriété des Sulpiciens aux Trappistes. Rencontre avec le curé Labelle Longtemps avant leur venue en terre québécoise, les religieux avaient été précédés par leur excellente réputation de «moines-agriculteurs». Aussi ne faut-il pas s'étonner de constater que le P. Jean-Baptiste ait été invité, dès le 24 avril, soit moins de trois semaines après son arrivée, à une journée d'étude sur l'agriculture. Organisée à Sainte-Thérèse à l'intention des habitants de cette paroisse et des campagnes avoisinantes, la rencontre était sous la haute responsabilité de M. Antoine Labelle, curé de Saint-Jérôme et «grand colonisateur du Nord». La présence du P. Jean-Baptiste à cette réunion d'agriculteurs était en réalité le présage de l'oeuvre gigantesque qu'allaient réaliser les moines d'Oka au profit de l'agriculture et des agriculteurs québécois pendant près d'un siècle. Après discussion, les Sulpiciens cédèrent enfin aux Trappistes un domaine de 1000 arpents. C'était le 3 mai 1881. Mais les moines n'avaient absolument aucune ressource, sauf leur travail, leur courage... et une foi inébranlable. Ils n'avaient consenti à venir en Amérique pour y fonder une communauté que dans la mesure où ils avaient reçu la promesse d'une assistance financière du gouvernement de la province. Ils reçurent cette aide mais elle se fit attendre longtemps et causa aux religieux de bien vives inquiétudes. De même les relations avec les Sulpiciens en furent pas toujours faciles. Les Trappistes étaient des hommes de Dieu, pas des «hommes d'affaires»... Les Messieurs de Saint-Sulpice étaient des gestionnaires. Ils l'ont prouvé dans le cas de la mission du Lac-des-Deux-Montagnes. Pour eux, ont-ils déjà écrit, «l'argent est toujours bien employé quand c'est pour Dieu». Installés dans la maison du meunier depuis leur arrivée dans la seigneurie, ils manquèrent rapidement d'espace. C'est le 25 mai qu'ils confièrent, par contrat, la construction d'un premier monastère à un entrepreneur du nom de Malo. Dès le lendemain, Dom Jean-Marie rentre à Bellefontaine. Le 8 septembre, Mgr Fabre vient bénir le monastère en construction. En ce jour, la communauté naissante a deux raisons de se réjouir: elle reçoit la visite de l'évêque du diocèse et apprend que le P. Guillaume Lehaye est nommé Prieur de Notre-Dame-du-Lac. |
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Les melons d'Oka fut longtemps populaire. |
Les
travaux de construction avançaient rapidement. À la fin
de septembre, charpentiers et menuisiers quittèrent le chantier
et les moines se chargèrent de terminer les menus travaux. C'est
le 9 novembre que la petite communauté passa sa première
nuit dans son premier vrai monastère. |
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| Les travaux et les jours Les archives de la Trappe d'Oka sont assez discrètes sur la façon dont les moines passèrent leur première nuit de Noël en terre canadienne. En date du 25 décembre 1881, la chronique de l'abbaye ne contient que quatre lignes bien courtes que voici... «Le coucher a lieu à cinq heures, le lever à dix heures. On chante l'invitatoire et l'hymne. Les psaumes et le reste sont psalmodiés. La Grande Messe et les Laudes sont chantées. Le lever a lieu à quatre heures pour avoir le temps de dire les messes». Installés dans leur monastère depuis quelques semaines seulement, les moines goûtèrent sans doute en cette nuit de silence et de prière leur premier véritable instant de repos. Ils en profitèrent probablement pour se remémorer quelques-uns des événements qui marquèrent d'une façon indélébile le début de leur séjour sur les bords du lac des Deux-Montagnes, à l'ombre de la montagne du Calvaire. La petite communauté, alors formée de huit personnes, dut assurément vivre quelque moments d'intense émotion en songeant à tous les confrères, parents et amis laissés là-bas, en France. Sans vivre dans la grande misère, les Trappistes, à leurs débuts, manquaient souvent de l'essentiel. La terre qu'on se hâtait de défricher allait rapporter un jour mais pour le moment elle exigeait plus qu'elle ne donnait. Si on manquait parfois d'un peu de nourriture, on manquait également d'instruments de travail. Mais la Providence veillait et quelques bonnes âmes venaient toujours à la rescousse des moines, du moins temporairement. C'est ainsi que le 30 septembre 1881, le chroniqueur de l'abbaye nous apprend que «le P. Jean-Baptiste se rend à Saint-Eustache chercher une charrue donnée par l'excellent M. Guyon, curé de la paroisse, qui en ce jour prie les Trappistes de se considérer à son presbytère comme chez eux.» Au cours de l'été qui s'achevait, dans un grand esprit de charité fraternelle, les paroissiens de Saint-Eustache et de Saint-Benoît avaient aussi donné aux Trappistes, qui étaient venus quêter dans les rangs, de grandes quantités de patates, de choux et de carottes. On connaît même un curé qui avait donné l'une de ses vaches aux moines d'Oka. Ce qui leur a été donné, les moines d'Oka l'ont rendu au centuple. L'École d'agriculture et l'Institut agricole Considérés comme des experts dans le domaine agricole, les Trappistes ne tardèrent pas à organiser leur ferme modèle et leur école d'agriculture. Après le départ de Cyrille Gagnon et de sa famille du moulin, les moines occupèrent la vénérable construction et commencèrent à recevoir quelques élèves. Les trois premiers leur avaient été adressés par le Soeurs Grises de l'Institut d'Youville de Saint-Benoît. Quand les religieux prirent possession de leur premier monastère en pierre, on transporta l'école dans le vieux monastère de bois. Le vieux moulin n'abrita donc l'école d'agriculture que de 1887 à 1893. Et dans la nuit du 2 juin 1895, le moulin plus que centenaire fut la proie des flammes. La ferme-école ou la ferme modèle des Trappistes franchit vite les étapes. Elle devient école d'agriculture en 1893 avant d'accéder au rang de faculté universitaire en 1908. L'Institut agricole d'Oka était né. On parlait couramment de l'IAO. Pendant un demi-siècle l'IAO forma une bonne partie des agronomes du Québec. Mais... En 1960, la population du comté de Deux-Montagnes et tout le Québec ont appris que l'École d'Agriculture et l'Institut Agricole d'Oka allaient disparaître, les Pères Trappistes ayant décidé de quitter le domaine de l'enseignement agricole. Par la croix, le livre et la charrue Après avoir été à la tête du monastère de Mistassini pendant douze ans, Dom Pacôme Gaboury fut élu Abbé de Notre-Dame du Lac le 24 octobre 1913. IL y eut fête, messe et banquet en présence de Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal. Dom Pacôme s'adressa aux
invités et prononça une courte allocution qui résumait
bien à la fois ses objectifs et la mission des cisterciens en
terre québécoise... «Par
notre vocation, nous sommes des contemplatifs et nous devons vivre loin
du monde... Le sanctuaire a rayonné... Entraînés,
dès le début, par les besoins d'un pays jeune et nouveau
et par les instances de nos gouvernements à donner notre part
d'exemple, nous fûmes obligés de nous constituer maîtres
d'école». Ils ont joint à l'enseignement la pratique de la culture du sol. Ils ont fait sur leur ferme d'Oka l'expérience de toutes les méthodes dont ils voulaient recommander l'adoption. C'est donc par l'exemple autant que par l'enseignement qu'ils ont prêché l'amélioration du sol et les méthodes de culture et la sélection des races d'animaux les mieux adaptés à notre pays. Les succès qu'ils ont remportés dans l'exploitation de leur propre terre ont prouvé la valeur des leçons qu'ils donnent et ouvert la voie aux progrès remarquables que l'on constate aujourd'hui. L'Institut agricole d'Oka et, avant lui, l'École d'agriculture nous ont valu, parmi bien d'autres choses, l'apparition des vergers sur les collines du pays de Deux-Montagnes. L'Institut agricole d'Oka, cependant, c'est surtout et avant tout trois générations d'agronomes qui prolongent et continuent de porter le message d'Oka à la grandeur du Québec. Plusieurs sont encore les témoins fidèles et actifs d'une culture et d'une philosophie agraires qui, tout en sachant bien s'adapter à la mouvante et insaisissable réalité d'un quotidien étourdissant, ont su conserver précieusement les principes indestructibles légués par des moines au coeur d'or et aux mains débordantes de labeur et de générosité. Lors d'une rencontre des anciens étudiants de l'IAO à Oka, en juin 1938, Dom Pacôme Gaboury avait eu à l'endroit des agronomes présents des paroles qu'il n'est pas inutile de rappeler. Assimilant la vie à un vaste poème, le vénérable abbé insistait d'abord sur cette semence que les futurs agronomes étaient venus chercher à Oka. Puis il ajoutait... |
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Le malheur a souvent frappé, le feu surtout
On prenait bien soin des chevaux. |
Cette
semence avait une vigueur et une vitalité, parce qu'elle était
authentique, elle venait directement du sol. Voilà votre poème
dans toute sa simplicité et dans toute sa beauté. Il est
simple, mais il est éloquent, puisqu'il raconte un demi-siècle
de labeurs persévérants, au service d'une cause sacrée,
dont l'influence, demain et toujours, dans cette province, sera d'une
importance vitale sur les populations. Les peuples écrivent leur
histoire par leurs travaux et par leurs conquêtes. Vous avez été
des laborieux et des conquérants, vous serez des vivants.
Si l'on peut juger les hommes par l'héritage qu'ils laissent,
les moines de l'abbaye Notre-Dame-du-Lac occupent déjà
une place immense dans notre histoire. Où qu'ils aillent, après
leur départ d'Oka, ils seront toujours près de nous. |
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