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L'HISTOIRE D'UNE GRANDE RÉGION

L'Ingersoll-Rand : vie et mort d'une aciérie géante

ANDRÉ TESSIER, HISTORIEN

Les années 1870 marquent le début de l’utilisation de l’air comprimé comme source d’énergie dans les manufactures et les mines. Des usines se forment aussitôt pour fabriquer des compresseurs et des foreuses à air comprimé. En 1882, l’Ingersoll-Rock Drill Company of Canada est fondée à Montréal. Cette compagnie profite du boom du secteur minier où de nouveaux sites d’exploitation sont trouvés sans cesse.



Lorsqu'elle déménage dans l'Ouest, la Canadian Rand Drill ne compte que quelques bâtiments. Elle en comptera près de 50 dans les années 1950. Fonds de Ingersoll-Rand. La Société d'histoire de Sherbrooke IP459RPN14G12



En 1887, un petit atelier mécanique fondé en 1851 est incorporé sous le nom de Jenckes Machine Company. La Jenckes ouvre alors une fabrique de machinerie pour les usines textiles sur un site près de la rue Bank. Bientôt, elle se spécialise dans l’équipement minier. Sherbrooke est alors au cœur d’une région où l’exploitation minière connaît un sommet avec l’ouverture des mines d’amiante d’Asbestos et de Thetford Mines et des mines de cuivre des environs de Capelton. En même temps, les mines de l’Ouest canadien procurent un nouveau marché. En 1889, une autre compagnie sherbrookoise, voisine de la Jenckes se lance dans la fabrication de machinerie pour mines. C’est la Canadian Rand Drill Company.

Les premières années de la compagnie

À ses débuts, la Canadian Rand Drill Co. compte 10 employés qui travaillent dans une fabrique de 240 pieds carrés. En 1896, la compagnie déménage dans des locaux plus grands qu’elle loue à l’intérieur de la Jenckes sur Lansdowne Street (rue des Grandes-Fourches Sud). Un incendie détruit complètement l’usine en 1898.

En novembre 1899, le premier bâtiment du nouveau site de la Canadian Rand Drill Co. ouvre près de la rue Belvédère Sud. La Rand Drill emploie alors 40 personnes.

À la suite de plusieurs fusions autant canadiennes qu’américaines, la compagnie est incorporée sous le nom de Canadian Rand Company Limited en 1907 et cinq ans plus tard, elle devient la Canadian Ingersoll-Rand Company Limited.

Durant la Première Guerre, la compagnie fabrique principalement des armements. En 1918, la Canadian Ingersoll-Rand intègre la Jenckes Machine. Elle cesse alors la production de certains produits mais augmente sa production en treuils pour l’extraction minière et de machinerie pour les usines de pâtes et papiers. En 1930, l’usine occupe une surface de 30 acres. Dix ans plus tard, la Sherbrooke Pneumatic Tool Company devient une des filiales de l’Ingersoll-Rand. En 1953, la compagnie compte plus de 1000 employés. En 1964, la Sherbrooke Machineries est intégrée à l’entreprise.



La fonderie durant les années 1930.
Fonds Ingersoll-Rand. La Société d'histoire de Sherbrooke IP459RPN14G2


La fin

En mars 1981, la compagnie-mère installée aux États-Unis possède 115 usines dans le monde: celle de Sherbrooke est la plus grosse avec ses 800 employés. L’Ingersoll-Rand est alors un des principaux employeurs de Sherbrooke. Cependant, l’usine est vieille. Les usines plus modernes de la compagnie américaine tirent mieux leur épingle du jeu. L’Ingersoll-Rand ne compte plus qu’une centaine d’employés au milieu des années 1990 avant de passer aux mains de la Beloit Canada Limited en 1997. Celle-ci ferme ses portes en avril 1998.

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