Les Cantons de l’Est sont perçus comme
étant le berceau de l’entreprise minière au Québec.
Située à quelques kilomètres de Lennoxville,
la mine Capelton est parmi les premières à ouvrir dans
la région.
En 1841, une Commission géologique du Canada est instaurée.
On y apprendra que le sol des Cantons de l’Est est riche en
minéraux. On affirme qu’il y a environ 500 gisements
dans la région. En 1863, George Capel entreprend des recherches
sur sa propriété pour voir s’il ne possède
pas un sol riche en minéraux. Il découvrira des traces
d’or et de cuivre. Avec des associés, il investit 10
000$ pour explorer le sol plus en profondeur. Cette somme représenterait
aujourd’hui environ 500 000$. Ils découvriront qu’il
y a très peu d’or, mais beaucoup de cuivre. Les associés
ouvriront trois mines: Capelton, Eustis et Albert Mines. De celles-ci,
une seule possédait passablement d’or: Eustis. La mine
Capelton détenait seulement du cuivre. C’est donc en
1863 que l’on ouvre officiellement la mine Capelton. Cette ouverture
était également favorisée par la guerre de Sécession
aux États-Unis. Les forces armées avaient un grand besoin
de cuivre pour fabriquer plusieurs choses comme les munitions.
La vie des mineurs
Les mineurs arrivaient à la mine à
sept heures du matin et ils allaient en ressortir seulement 12 heures
plus tard. Dans la journée, ils auraient à peine une
demi-heure de repos pour le dîner. Certains avaient dû
marcher plusieurs kilomètres avant d’arriver à
la mine. L’hiver, certains mineurs arrivaient même à
ski pour venir travailler. Il faut dire que l’exploitation de
la mine permettait l’embauche des gens de la région.
Par ailleurs, ce travaille fournissait un revenu d’appoint pour
les fermiers. Arrivés à la mine, les travailleurs revêtaient
leur uniforme: des bottes de caoutchouc, une salopette, un chapeau
de feutre sur lequel était placée une chandelle. À
cette époque, les mineurs ne s’éclairaient qu’avec
une simple chandelle. Avant de débuter leur travail, ils s’arrêtaient
saluer Sainte-Barbe, la protectrice des mineurs. Il faut dire qu’il
s’agit de la seule femme que l’on trouvait dans la mine!
On disait que les femmes portaient malheur et qu’elle faisaient
disparaître le minerai…
Par la suite, les mineurs débutaient leur travail. Ils foraient
la mine à la main. Ils entraient un fleuret, bâton de
métal fait en croix à l’extrémité,
d’environ 20-25 pouces de long dans la roche. On mettait en
moyenne quatre heures pour entrer le fleuret dans la pierre. Par la
suite, on remplissait le trou de poudre détonante et on faisait
exploser une partie de la pierre.
On retrouvait deux types de travailleurs à la mine: ceux qui
foraient et ramassaient le minerai et ceux qui étaient en charge
de la sécurité, solidifier le toit, réparer les
éboulis. Une fois le minerai ramassé, on le transportait
jusqu’à la chute à minerai, où on le déversait.
Plus bas, des gens récupéraient la pierre et la poussaient
jusqu’à l’extérieur où l’on
triait le bon du mauvais minerai.
Les mineurs de Capelton étaient très bien payés.
Ils recevaient un salaire deux fois plus élevé que celui
des mineurs d’amiante d’Asbestos. De plus, tout comme
aujourd’hui, ils recevaient une prime au rendement.

Vers la fin du XIXe siècle, certains
mineurs utilisaient une lampe au carbure en remplacement de la chandelle
sur leur chapeau de feutre. Snow and
Brownbill, 1936, p. 76. Tiré de G. Gillies Ross, Trois villages
miniers des Cantons de l'Est au Québec 1863-1972.
Les animaux dans la mine
Pour aider les mineurs dans leur dur travail, des chevaux étaient
amenés à l’intérieur de la mine. Ils devaient
passer leur vie entière à l’intérieur.
La grande majorité de ces animaux devenaient aveugles. On disait
que leurs yeux s’habituaient à la noirceur et lorsqu’un
éclat de chandelle allait frapper leur rétine, ils devenaient
aveugles. On les sortait de la mine une fois qu’ils étaient
morts.
Par ailleurs, on retrouvait beaucoup de rats dans la mine. Si le chien
est le meilleur ami de l’homme, le rat est le meilleur ami du
mineur. Ces petites bêtes ressentaient le moment où il
y aurait un éboulement. Lorsque les mineurs voyaient les rats
emprunter le chemin de la sortie, ils savaient qu’ils devaient
faire de même.
La mine de Capelton ferme ses portes en 1907. C’est l’arrivée
de l’électricité qui est en grande partie responsable
de sa fermeture. La mine était trop petite pour que l’on
investisse pour mettre l’électricité. La mine
de Capelton, à sa fin, représentait environ 4800 pieds
de dénivellation à 45 degrés. Il fallait mettre
approximativement deux heures de marche pour atteindre le fond de
la mine. Aujourd’hui, la mine est à nouveau ouverte pour
que les touristes puissent voir les vestiges laissés par les
artisans de l’époque minière.