Les seigneuries de Vaudreuil
et de Soulanges: 300 ans en 2002
PAR HECTOR
BESNER
membre de la Société d'histoire et de généalogie
de Salaberry
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Au
cours de l'an 2002, on célébrera le trois centième
anniversaire de l'ouverture à la colonisation des seigneuries
de Soulanges et de Vaudreuil. Le territoire que depuis cinquante
ans l'on surnomme «La Presqu'île de Vaudreuil-Soulanges»
doit son nom à une situation géographique spéciale
et à deux officiers de carrière dans les troupes
françaises en Nouvelle-France.
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Le marquis Philippe
Rigaud de Vaudreuil (1643-1725), premier seigneur de la seigneurie
qui portait son nom.

Le premier seigneur
de Soulanges : Pierre-Jacques Joybert de Soulanges (1677-1703).
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Philippe
de Rigaud marquis de Vaudreuil, issu d'une famille de vieille
noblesse du Languedoc, vint en Nouvelle-France en 1687. Comme
beaucoup le faisaient à l'époque, il visait l'avancement
de sa carrière pour redorer son blason; un moyen d'y parvenir,
consistait à faire fortune dans le commerce de la fourrure
avec les Amérindiens. Ce marquis épousa Louise-Élisabeth
Joybert de Soulanges et de Marson à Québec le 21
novembre 1690. Il fut gouverneur général du Canada
de 1703 à 1725.
Pierre Jacques Joybert de Soulanges et de Marson, capitaine de
troupes, était le frère de Louise-Élisabeth,
l'épouse du marquis Philippe Rigaud de Vaudreuil. Ils étaient
les enfants de Pierre de Soulanges et de Marson, originaire de
la Champagne, officier dans le régiment de Carignan-Salières
puis seigneur et gouverneur de l'Acadie en 1677. Pierre Jacques
fut baptisé en 1677 ; il épousa à Québec
le 7 novembre 1702 Marie-Anne Bécart de Granville, fille
de Pierre Bécart de Granville, lieutenant d'une compagnie
franche et de Anne Macard. Le seigneur de Soulanges est hélas
décédé de la petite vérole le 16 janvier
1703 deux mois et neuf jours après son mariage, et il fut
inhumé sous l'église de Québec. Louise-Geneviève,
tel était le nom de l'enfant née de cet éphémère
mariage, fut baptisée à Québec le 6 octobre
1703. Elle épousa à Québec, le 19 octobre
1728, Paul-Joseph Lemoyne de Longueuil, celui que l'histoire désigne
sous le titre de «Chevalier de Longueuil».
C'est Pierre Jacques Joybert de Soulanges et de Marson qui prit
l'initiative, en 1701, de demander au roi, pour lui et son beau-frère
«la concession de la pointe de la langue de terre qui sépare
la grande rivière». Notons bien l'expression: à
l'époque, on décrivait parfois la rivière
des Outaouais et le haut du fleuve St-Laurent comme étant
deux branches d'une même grande rivière.
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Le roi défère la demande à Callières, alors
gouverneur-général de la Nouvelle-France, qui y donne
suite le 23 octobre 1702. Dans la définition des limites du territoire
des deux seigneuries simultanément concédées ,
il est fait mention de l'une et de l'autre.
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S'il
devait y avoir un jour des chicanes de frontières, M. de
Vaudreuil et M. de Soulanges devraient s'entendre: après
tout, ils étaient beaux-frères! Le territoire de
Soulanges est occupé de nos jours (2001) par les municipalités
de Pointe-des-Cascades, Les Cèdres, Coteau-du-Lac, et Saint-Clet
et celle de Vaudreuil par Vaudreuil-Dorion, Vaudreuil-sur-le-Lac,
l'Île Cadieux, Hudson et St-Lazare.
La route par laquelle les Amérindiens des «pays d'en
haut» apportaient leurs fourrures au marché de Montréal
passait par l'un ou l'autre «bras» de la Grande rivière.
On peut imaginer qu'en demandant qu'on leur concédât
à titre de seigneuries ces territoires précis, les
pétitionnaires avaient au départ l'intention de
concurrencer la traite des fourrures en interceptant ce marché
en amont. Dans l'acte royal de concession de ces deux seigneuries,
contrairement à la plupart des autres actes de semblables
concessions, la permission leur en était accordée.
Il est spécifiquement mentionné que les dits seigneurs
auront «droit de chasse, pesche et traitte avec les
sauvages dans toute l'étendue de la dite concession».
Vaudreuil en profita le plus, mais il était cependant continuellement
retenu en dehors de sa seigneurie par les devoirs de sa charge,
tandis que la jeune veuve Soulanges s'employa plus vite à
l'établissement de colons. De plus, elle vint très
tôt s'établir dans un manoir à la Pointe-du-Moulin,
juste en haut des Cascades.
Un troisième personnage intervint dans la configuration
du territoire de la Presqu'Île. Le 21 avril 1734, le Chevalier
Paul-Joseph Lemoyne de Longueuil s'est à son tour fait
concéder une seigneurie pour laquelle il choisit le nom
de «Nouvelle-Longueuil», choix qui s'explique par
le nom du demandeur.Cette seigneurie se trouvait voisine de celle
de Soulanges dont sa femme hérita à la mort de sa
mère. Son territoire comprenait les paroisses actuelles
de St-Polycarpe, St-Télesphore, St-Zotique, Les Coteaux
et Rivière-Beaudette.
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Deux Cartes de
la Presqu'île de Vaudreuil-Soulanges; en haut, le découpage
des seigneuries au 19e siècle et, en bas, celui des municipalités
actuelles. À l'époque des concessions seigneuriales,
on décrivait parfois la rivière des Outaouais et
le haut du fleuve St-Laurent comme étant deux branches
d'une même «Grande rivière».

Le domaine seigneurial de Soulanges, dessiné d'après
les descriptions données par les archives. Cette planche
est parue dans l'Histoire des Cèdres
de l'abbé Auclair, éditée en 1927.
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Joseph-Dominique-Emmanuel
Lemoyne de Longueuil fut seigneur de Nouvelle-Longueuil et de Soulanges
(1738-1807).

Le marquis Pierre Rigaud de Vaudreuil Cavagnal (1698-1778), deuxième
seigneur de Vaudreuil et de Rigaud.

Le marquis Michel Chartier de Lotbinière (1723-1798), troisième
seigneur de Vaudreuil et de Rigaud.

Michel-Eustache-Gaspard-Alain Chartier de Lotbinière (1748-1822),
quatrième seigneur de Vaudreuil et de Rigaud.

Louise-Josephte Chartier de Lotbinière, cinquième
seigneuresse de Vaudreuil et épouse de Robert-Unwin Harwood.

Robert-Unwin Harwood (1798-1863). |
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Les Lemoyne constituaient une illustre famille de noblesse purement
canadienne. Paul-Joseph Lemoyne était le huitième
et dernier enfant de Charles Lemoyne, premier baron de Longueuil,
et de Claude-Elisabeth Souard. Il était, par conséquent,
neveu de Lemoyne d'Iberville. Il fut baptisé à Longueuil
le 19 septembre 1701. A l'âge de dix-sept ans, il devint
lieutenant au régiment de Normandie et, plus tard, commandant
au Fort Frontenac, capitaine des Troupes de la Marine, gouverneur
du Détroit et des Trois-Rivières. Il épousa
à Montréal, le 19 octobre 1728, Marie-Geneviève
Joybert de Soulanges, fille posthume du premier seigneur de Soulanges.
De leur mariage sont nés deux enfants. Leur fils et héritier,
Joseph-Dominique-Emmanuel de Longueuil, qu'on désigna comme
«le colonel» celui-là, pour le distinguer de
son père, y ajouta, en 1805, le Canton de Newton, comprenant
l'actuel territoire de la paroisse Ste-Justine et de Dalhousie.
C'est ainsi que, par une alliance matrimoniale, les seigneuries
de Nouvelle-Longueuil et de Soulanges ne firent bientôt
plus qu'une.
Joseph-Dominique-Emmanuel de Longueuil s'enrôla, encore
jeune, dans l'armée canadienne. Il fut promu aux grades
de capitaine, puis d'aide-major dans les troupes. Il avait épousé
la veuve du chevalier de Bonne de Lesdiguières qui fut
tué au siège de Québec en 1759. Il mourut
à Montréal le 14 janvier 1807. Sans descendance,
il légua ses deux seigneuries, y compris le canton de Newton,
à un neveu, fils de son unique soeur, Marie-Geneviève,
épouse de Louis-Liénard-Villemonde de Beaujeu. Voilà
une autre famille noble qui entre en scène dans la région
et qui le demeurera jusqu'aux années 1940.
La succession seigneuriale dans Vaudreuil ne fut pas moins complexe
que dans celle de Soulanges. À la mort du premier Vaudreuil,
survenue en 1725, les droits et devoirs seigneuriaux échurent
à l'un de ses fils, Pierre-François de Rigaud de
Vaudreuil. En 1732, ce dernier obtint pour lui-même et son
frère Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnal, qui sera
le dernier gouverneur-général de la Nouvelle-France,une
seigneurie prolongeant celle de Vaudreuil le long de l'Outaouais,
qui se nommera Rigaud et qui englobait le territoire des actuelles
municipalités de Rigaud, Pointe-Fortune, Très-St-Rédempteur
et Ste-Marthe. En 1763, les de Vaudreuil étant retournés
en France, la succession seigneuriale voit s'intaller la dynastie
des Chartier de Lotbinière. Il y eut tout d'abord le marquis
Michel-Gaspard Chartier de Lotbinière, celui qui a donné
le premier véritable essor à la seigneurie de Vaudreuil
; en 1773 , son fils Michel-Eustache-Gaspard-Alain lui succède
jusqu'en 1829 puis la fille de ce dernier, Louise-Josephte Chartier
de Lotbinière et son époux Robert Unwin Harwood
héritèrent de Vaudreuil, tandis que sa sur
Marie-Charlotte et son époux William Bingham héritèrent
de celle de Rigaud.
Quand survinrent les Troubles des années 1830-1838 au Bas-Canada,
l'abolition du système seigneurial figurait en bonne place
dans la liste des réquisitions. Il survécut cependant
jusqu'en 1854. Ce régime avait été le reflet
de la structure sociale fortement hiérarchisée de
la métropole française. Les riches seigneurs, à
quelques exceptions près, se prenaient un peu pour des
petits rois et se sont souvent mérité le mépris
de leurs pauvres censitaires auxquels ils se mêlaient bien
peu. L'histoire locale ne retient d'eux que leurs tombeaux: sous
l'église St-Michel à Vaudreuil et dans le mausolée
de Beaujeu du cimetière de Coteau-du-Lac. Leurs titres
de petite ou de grande noblesse ne font pas vibrer beaucoup d'émotion
chez les descendants des pionniers de la Presqu'Île. Ils
furent cependant de leur temps et ils sont des acteurs de notre
passé méritant davantage que l'oubli.
L'Acte constitutionnel de 1791 créa une nouvelle province
au Canada. La «Province of Québec» se nomma
le Bas-Canada. Elle comprenait, entre autres, les seigneuries
de Vaudreuil, de Soulanges, de Rigaud et de Nouvelle-Longueuil.
La nouvelle province se nomma le Haut-Canada. Il fut alors question
de réunir géographiquement la presqu'île de
Vaudreuil-Soulanges avec ce Haut-Canada, en prétendant
que le fleuve et la rivière Outaouais constituaient des
frontières naturelles. C'est parce que cette région
était presque entièrement répartie en lots
et terres seigneuriales que les bureaucrates laissèrent
cette péninsule appartenir au Bas-Canada. C'était
ainsi une portion importante de la nation canadienne-française
qui réussissait à survivre grâce au régime
seigneurial. Comment?
Tout d'abord les «anglais», en négociant la
paix avec les francophones, ont été amenés
à respecter les institutions du régime antérieur,
(religion catholique, écoles françaises, code civil
napoléonien) y compris les divisions du territoire en système
seigneurial, avec tout son style administratif. Un «anglais»
répugnait à s'établir dans une seigneurie.
L'esprit d'indépendance et le sens démocratique
hérités de la mère-patrie, l'Angleterre,
étaient contraires à la mentalité des devoirs
et obligations que des fidèles sujets devaient entretenir
à l'égard d'un seigneur.
Réciproquement, les Canadiens d'expression française
répugnaient à s'établir dans un «township»,
parce qu'ils n'étaient pas habitués à ce
système, et, surtout, ne voulaient pas être assimilés
aux «Anglais» et à leur manière de faire.
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Le
fameux géographe et arpenteur Joseph Bouchette dans son
ouvrage publié à Londres en 1815 et intitulé
Description topographique de la province du Bas-Canada,
nous livre des détails sur ces terres telles qu'il les
a aperçues au cours des années précédant
la publication de son livre, donc à peine cinquante ans
après leur concession. Il juge fort élevé
le potentiel agricole de la région, mais il déplore
du même souffle un mal social de l'époque: l'abandon
du défrichement suite à une attirance irrésistible
des hommes du terroir pour l'aventure de «voyageur».
Il y a quelque temps, une correspondante s'est adressée
à moi par Internet. Elle venait de découvrir une
archive dans laquelle le métier de «voyageur»
était attribué à son ancêtre Saint-Germain
de Coteau-du-Lac. Candidement,
elle se demandait bien en quoi il pouvait avoir été
voyageur, comprenant cette expression, comme plusieurs d'entre
nous seraient portés à le faire, dans le sens moderne
de quelqu'un qui se déplace pour le compte d'une maison
de commerce afin d'y placer de la marchandise. Le papier en question
datant de 1798, il ne pouvait être question d'autre chose
que d'un employé des grandes compagnies commerciales qui,
avec l'avènement du régime britannique, avaient
supplanté les coureurs des bois du régime français
dans le commerce de la fourrure au Canada, un «homme des
bois», quoi!
«Voyageur,
dans le sens canadien du mot, ne veut pas dire simplement un homme
qui a voyagé; il ne veut pas même dire toujours un
homme qui a vu beaucoup de pays. Ce nom, dans notre vocabulaire,
comporte une idée complexe.
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La première
église Saint Joseph de Soulanges (dessin reproduit dans le
volume l'Histoire des Cèdres de l'abbé Auclair édité
en 1927). Vers 1752, à partir de là, un prêtre
résident desservait environ 80% du territoire aujourd'hui
couvert par le diocèse de Valleyfield. Son emplacement se
trouvait sur le domaine seigneurial, à mi-chemin entre le
village actuel des Cèdres et celui des Cascades.

Reproduction d'une
aquarelle du manoir seigneurial à Vaudreuil (Dorion) de Michel-Eustache-Gaspard-Alain
Chartier de Lotbinière, peinte par sa fille Louise de Lotbinière-Harwood
au milieu du 19e siècle.

Les derniers résidents
coteaulacois de la famille de Beaujeu: le Comte Quiquerand et le
Vicomte Raoul posent ici avec leurs épouses et quelques-uns
de leurs enfants dans le grand escalier de bois du manoir de Coteau-du-Lac
vers 1900. |
Le
voyageur canadien est un homme au tempérament aventureux, propre
à tout, capable d'être tantôt, successivement ou
tout à la fois, découvreur, interprète, bûcheron,
colon, chasseur, pêcheur, marin, guerrier
»
(Joseph-Charles Taché dans Forestiers et voyageurs, publié
en 1863).

Le plus réputé
des seigneurs de Soulanges: le Comte Georges-René Saveuse
de Beaujeu (1810-1865)

Les armoiries de
la famille Saveuse de Beaujeu. |
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Le coureur des bois exerçait son métier souvent
seul; par conséquent il devait limiter la distance le séparant
de ses sources d'approvisionnement et les quantités de
marchandises qu'il transigeait. L'arrivée des compagnies
de traite modifia totalement les manières de fonctionner
dans l'organisation de ce gagne-pain. Les territoires de traite
devenant de plus en plus distants, il fallut embaucher des travailleurs
disposés à s'absenter de leurs familles plus longtemps.
Le métier devint très organisé. La chaîne
d'autorité à divers moments d'intervention allait
depuis le recruteur jusqu'aux agents et aux commis de la compagnie,
depuis les guides jusqu'aux interprètes auprès des
nations amérindiennes, depuis le «devant de canot»
ou responsable jusqu'au «gouvernail» ou barreur. Certains
engagés signaient un contrat pour deux, trois, voire cinq
ans, faisant de cette occupation un travail à plein temps.
D'autres n'en faisaient qu'un à-côté saisonnier
permettant d'améliorer leur condition financière.
Ces derniers ne partaient que pour deux ou trois mois.
Ce sont des
marchands écossais et irlandais qui pendant près
d'un siècle ont organisé le travail des voyageurs
et bénéficié de leur sueur. «MacTavish,
Frobisher & Co», et «Parker, Gerrard,
Ogilvy & Co», entre autres, ont recruté
dans notre région. Si, aux plus hauts échelons de
ces entreprises qui sont devenues la Compagnie du Nord Ouest
puis la Compagnie de la Baie d'Hudson, on retrouvait
des anglophones, la main d'uvre, elle, était presque
uniquement composée de francophones.Autour de 1800, leur
nombre atteignait le millier. L'itinéraire des voyageurs
suivait le plus souvent la rivière des Outaouais pour parvenir
aux Grands Lacs et aux Pays d'en Haut
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(les territoires ainsi désignés s'étendaient aussi
loin que Winnipeg et le Lac des Esclaves au Manitoba et Grand Portage
au Minnesota ou Chicago et les Illinois).
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Le fleuve St-Laurent et Coteau-du-Lac en ont également
vu passer plusieurs.
Le travail d'un voyageur, quel que soit son rang dans l'organisation,
exigeait un physique robuste et une santé à toute
épreuve. Il lui fallait avironner du lever du jour au soleil
couchant, affronter les intempéries et les nuages de moustiques,
portager canots et marchandises à chaque fois que la navigation
l'exigeait, se nourrir bien souvent des fruits de la chasse et
de la pêche sinon partager la nourriture pas toujours appétissante
des Amérindiens rencontrés, se priver de certaines
douceurs les plus élémentaires de la vie comme porter
des vêtements propres et dormir dans un lit confortable,
etc.
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Cette maison en
pierres de taille a deux étages. Elle est coiffée
d'un toit à «quatre eaux»; flanquée de
deux larges cheminées; dotée d'une large porte d'entrée
«à imposte»; percée de larges fenêtres
à volets; surmontée d'un dôme observatoire octogonal.
Elle avait été construite vers 1828 par John Simpson,
douanier au canal de Coteau-du-Lac. Les de Beaujeu l'acquirent en
1831. À la fin du 19e siècle, ils y firent ajouter
une annexe pour le personnel domestique, et firent entourer l'édifice
d'une vaste galerie de bois sur deux de ses côtés.
Cet édifice est encore extérieurement intact et sert
de centre de spiritualité à l'Opus Dei.
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Malgré
tout, la tradition rapporte que dans les convois de voyageurs
on avait coutume de chanter à pleins poumons autant pour
soutenir l'effort dans les eaux vives que pour briser la monotonie
sur les plans d'eau calme. Arrivé à destination,
il s'agissait d'amasser le plus grand nombre possible de fourrures
en négociant avec les Amérindiens en les échangeant,
soit dans des postes construits et entretenus à cette fin,
soit en suivant les Indiens dans leurs territoires de chasse,
pour des marchandises fournies par les compagnies consistant en
chaudrons de cuivre, aiguilles de métal, couteaux et haches,
tabac, lainages, etc. et, hélas, aussi en alcool. Après
avoir transporté tout le matériel de troc en montant,
on redescendait à Montréal avec les ballots de fourrure.
L'époque des voyageurs a ralenti la mise en valeur du territoire
des seigneuries de Vaudreuil et de Soulanges mais ne l'a pas empêchée.
Les épouses avec les enfants en bas âge réussissaient
non seulement à survivre mais même à développer
le patrimoine familial. Puis, les voyageurs, même en ne
s'arrêtant que rarement et peu de temps à leur foyer,
laissèrent une abondante et vigoureuse progéniture
qui, elle, s'est attachée au sol.
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Dans le cimetière
de Coteau-du-Lac, cet imposant mausolée de pierre est le
lieu du dernier repos de plusieurs membres des familles seigneuriales
de Soulanges. Il fut construit entre1878 et 1886, année où
l'on procéda au transfert des restes de ceux qui reposaient
jusque là sous l'église des Cèdres. |
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La
Municipalité Rurale de Comté Vaudreuil-Soulanges
regroupe de nos jours 23 municipalités et une population
d'au-delà de 100 000 habitants.
Ce territoire s'est développé à partir des
seigneuries de Vaudreuil, de Soulanges, de Nouvelle-Longueuil,
du Canton de Newton, de l'Île-Perrot et de Rigaud. On y
trouve encore de riches espaces consacrés à l'agriculture,
mais leur proximité de Montréal ou bien les menace
sinon les gruge petit à petit, ou bien entraîne une
évolution de leur exploitation.
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La Comtesse de
Beaujeu (1815-1895), née Adélaïde, fille du seigneur
de Port-Joli Philippe-Aubert de Gaspé, fut la mère
de douze enfants, la plupart nés et baptisés à
Coteau-du-Lac. Elle avait une réputation de grande bonté;
elle repose ici en chapelle ardente avant d'être déposée
au mausolée familial. |
Références
et photographiques
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La
plupart des photos jointes au présent article nous ont
été fournies par le Centre de recherche La Presqu'Île
du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges (Fonds
de Beaujeu et Fonds Harwood). Quelques-unes ont été
tirées des archives photographiques de la Société
d'histoire de Coteau-du-Lac et proviennent d'autres fonds (Archives
nationales du Canada, MRC Vaudreuil-Soulanges, Notman du Musée
McCord, etc.)
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Au «coteau
des cèdres», non loin du manoir, les seigneurs exploitaient
un moulin banal, dont une photographie des ruines apparaît
ici telles qu'elles se trouvaient vers 1930. C'est un massif de
cèdres aperçus par le Père Charlevoix en 1721
sur la pointe où se dresserait un jour ce moulin qui donna
son nom à la municipalité. |
Références
et bibliographie
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Bouchette,
Joseph. 1815. Description topographique de la province du
Bas-Canada, Londres.
Emmanuel
Cathelineau. «article établissant les filiations
des de Beaujeu», dans Nova Francia. mars-avril
1931. Voir aussi «Bulletin des recherches historiques»,
tome VI, page 368.
Auclair,
abbé Elie J. Histoire de la paroisse Saint-Joseph
de Soulanges ou LES CEDRES (1702-1927). Montréal,
Imprimerie des Sourds-Muets, 1927.
Gauthier,
Père Alphonse c.s.v. dans «La famille de Georges-René
Saveuse de Beaujeu», dans Mémoires de la société
généalogique canadienne française,
1954, pp.197 à 208, chronique Etudes généalogiques,
Parizeau,
Gérard. 1994. La Seigneurie de Vaudreuil et ses notables,
Montréal, Fides.
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Charlotte de Lotbinière,
épouse de William Bingham, seigneuresse de la seigneurie
de Rigaud. |
Robichaud,
Léon et Alan M. Stewart. Recherche documentaire sur lîle
aux tourtes (1704-1827). rapport présenté à
la Société archéologique et historique de l'île
aux Tourtes, octobre 2000, éditions Ramparts.
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