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Une balade sur la rivière des Outaouais

«Bien sûr, ce sera pour les beaux mois de l’été ou de la fin du printemps. Dès le mois de mai, ce serait fort agréable». C’est ce que se disaient peut-être les gens de Montréal et des alentours quand ils parcouraient –en 1877– les colonnes de La Minerve. Ainsi, l’édition du 9 juillet 1877 y faisait la réclame de la Compagnie de Navigation de la Rivière Ottawa.
 

Une excursion en «vapeur».
Bibliothèque nationale du Québec

Cette compagnie, propriété des frères Shepperd, de Hudson ou de Como, se présentait aussi comme la ligne des vapeurs de la malle royale entre Montréal et Ottawa. La compagnie possédait quatre vapeurs: le Peerless et le Prince of Wales qui étaient affectés à la ligne de jour et le Queen Victoria ainsi que le Princess qui naviguaient sur la ligne de nuit. Deux de ces vapeurs faisaient escale au quai de Saint-Placide et sans doute aussi à Oka, surtout au moment du grand pèlerinage au Calvaire, en septembre.

Pour faire ce voyage, il fallait habituellement prendre le train à la gare Bonaventure, soit à sept heures du matin ou à cinq heures de l’après-midi en direction de Lachine. C’est en effet au quai de Lachine, au-delà des rapides du même nom, que les bateaux ne franchissaient pas –pas plus qu’ils n’empruntaient le modeste canal de l’époque– que touristes, voyageurs et hommes d’affaires montaient sur les vapeurs en partance pour Ottawa et «les ports intermédiaires» comme on pouvait le lire dans le journal.

Tous les passagers étaient invités à bien étiqueter leurs bagages. Bien entendu, on pouvait prendre ses repas à bord des bateaux et même retenir une cabine pour son confort et sa quiétude. Seul, le vapeur du soir en provenance d’Ottawa «sautait» les rapides de Lachine, ce qui devait procurer d’inoubliables sensations aux voyageurs peu habitués à de telles émotions.

Des billets d’excursion étaient disponibles pour Carillon où tous les vapeurs accostaient un moment avant de franchir les écluses.
 
Seul, le vapeur du soir en provenance d’Ottawa «sautait» les rapides de Lachine.
European Post Card Co., Montréal. Collection Normand Caron.
Ces billets, laissés à moitié prix, étaient bons pour une journée seulement. Les passagers désireux de se rendre aux très célèbres Sources Calédonia (du côté ontarien de la rivière des Outaouais) devaient mettre pied à terre à l’Orignal. Eux aussi, pouvaient bénéficier de billets à tarifs réduits.

On prenait bien soin d’indiquer dans la réclame publicitaire de La Minerve que les touristes faisant ce voyage de l’Outaouais allaient découvrir l’une des routes les plus pittoresques du Canada. La Compagnie de Navigation de la Rivière Ottawa possédait un cinquième vapeur, destiné d’une façon toute particulière au transport du fret. Il naviguait entre Montréal et Carillon et sa mission était d’approvisionner les différents villages le long de son parcours en produits essentiels, tout comme il emportait vers les grands marchés de Montréal une partie de la production des agriculteurs riverains, ceux de Saint-Placide et de la région par exemple.

On décrivait ce cinquième vapeur, le Dagmar, comme le vapeur du marché. Il effectuait deux voyages hebdomadaires entre Montréal et Carillon. Les bureaux du service de fret logeaient au 87 de la rue de la Commune et les bureaux principaux de la compagnie au 13 de la rue Bonaventure. Bon voyage!

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