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Le Saint-Laurent: un fleuve et un pays

L'acte de naissance officiel du Saint-Laurent remonte au temps de Jacques Cartier. Depuis lors, la rivière de Canada a engendré un pays en constante évolution, un pays que nous avons façonné avec courage, persévérance et passion. L'historien Marcel Trudel a écrit avec raison qu'il revient à Cartier d'avoir découvert un fleuve qui allait devenir l'axe essentiel de la pénétration française en Amérique du Nord.

Le Saint-Laurent est sans contredit l'un des grands symboles évocateurs de la persévérance du Québec. Il en est à la fois l'épine dorsale et la poutre maîtresse. Les Amérindiens, les premiers à l'apprivoiser et à vivre dans son intimité, disaient de lui qu'il était le «chemin qui marche». En 1985, M. René Lévesque avait décrété le Saint-Laurent «ressource nationale prioritaire». En réalité, le grand fleuve est plus qu'une ressource, il est le fleuve de notre mémoire et de notre identité.

Avec bonheur, la Fédération des sociétés d'histoire du Québec a consacré son colloque de l'automne 2000 à ce grand fleuve qui a permis à un pays de naître et à un peuple d'y vivre et de s'y épanouir. On trouvera dans le présent numéro d'Histoire Québec le texte des communications présentées lors de cette rencontre tenue le 30 septembre dernier dans la salle publique du vieux presbytère de la paroisse de Sainte-Famille de l'Île d'Orléans. À ces textes, nous en avons ajouté d'autres susceptibles d'élargir l'éventail de nos connaissances du fleuve.
 
Photo : Gilles Boileau

 

Au revoir !

Ce numéro d'Histoire Québec consacré au Saint-Laurent est le dernier dont j'assume la responsabilité. Le temps est venu de me retirer et de passer la main à un collègue. Ils sont nombreux au sein du Conseil d'administration à pouvoir prendre la relève. Entre mon premier article, en juin 1993, consacré à Brouage, le village natal de Champlain, et le dernier dédié aux voyages de Jacques Cartier, huit ans se sont écoulés. Je pense sincèrement avoir bien rempli ma mission. Quand je jette un coup d'oeil sur le contenu des quinze numéros parus et la richesse des thèmes retenus, j'éprouve un honnête sentiment de contentement, voire même de fierté. Durant ce temps, j'ai passé des centaines d'heures à concevoir et à rédiger Histoire Québec. Puisse ce travail que j'ai toujours réalisé avec joie et le plus entier dévouement, dans le plus grand respect des membres de la Fédération, vous avoir procuré quelques instants de bonheur et avoir contribué à une meilleure connaissance du Québec.

Gilles Boileau

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