Le Canada : Une histoire populairePAR NORMAND CARON
Dune grande rigueur historique et journalistique, la série a fait appel à des historiens éminents, dont Jean-Claude Robert, directeur du département dhistoire de lUQAM. Contrairement à dautres séries déjà présentées sur ce sujet, on n'y voit aucun expert à lécran puisque la principale originalité de la série consiste à nous faire vivre lhistoire en direct exactement comme tant dautres événements historiques qui se sont déroulés sous nos yeux, à lépoque de la télévision et de linformation en continu. La série comporte un grand souci du détail dans les décors, les sites, les costumes, etc... Par exemple, des experts ont été consultés sur les costumes et les peintures des premiers habitants. Quant aux extérieurs, ils ont été filmés dans des sites historiques ou dans des reconstitutions scrupuleuses faites à partir des plans ou textes dépoque. Des séquences ont ainsi été tournées à Louisbourg, à Fort Lennox, à Saint-Eustache, etc... On a également eu recours, de façon brillante, à linfographie pour redonner à plusieurs sites lapparence dépoque désirée. Ainsi dans lépisode sur les Patriotes, on retrouve une véritable rue de Saint-Eustache et sa célèbre église où les ordinateurs ont permis de redonner à ce décor son cachet dépoque. On a aussi gommé par le même procédé, les éléments modernes de la ville de Québec pour lui redonner la silhouette quelle présentait aux débuts de la colonie. Pour les scènes de batailles, on a fait appel à des figurants faisant partie de sociétés historiques qui ont pour loisir de recréer des batailles célèbres apportant ainsi à ces scènes la véracité des armes, des uniformes, des mouvements de troupes, etc Fait intéressant, contrairement à plusieurs séries historiques, les figurants y portent des uniformes souvent pas très frais et sont rarement rasés de près. Les personnages historiques pour leur part, ne sont pas prédominants dans les épisodes, se contentant de venir à lécran que pour livrer des commentaires ou répondre à des questions imaginaires. On se concentre surtout sur lévénement tel que vécu par ses acteurs. Dans cet esprit, les narrations hors champ sont réduites au strict nécessaire et le scénario na pas été dramatisé. Les propos, qui composent environ la moitié du texte de chaque épisode ont été puisés dans les mémoires et les écrits de citoyens, dhommes et de femmes ordinaires qui ont été mêlés à des événements extraordinaires. Hubert Gendron, le réalisateur-coordonnateur à Montréal, explique lapproche de la série: «Nous voulons quil y ait une vraie rencontre entre les personnages historiques et lauditoire. Les comédiens parlent à lécran comme sils étaient interviewés par les téléspectateurs. Ce quils disent sont des paroles tirées de leurs journaux personnels, de lettres ou de documents officiels. Le producteur-délégué Mark Starowicz a précisé cette orientation : «Nous considérons la série comme un reflet de lhistoire en action. On recrée les événements puis on filme, exactement comme on le ferait aux nouvelles. Cela crée parfois un certain désordre, tout en conférant un réalisme saisissant à plusieurs scènes. Quand vous voyez un vrai reportage de guerre, vous ne bénéficiez pas de prises de vue à vol doiseau dominant toute laction. Pour la Bataille des Plaines dAbraham, par exemple, il nous a suffit dimaginer quune équi-pe de la télévision française accompagnait les troupes de Montcalm, une de la télévision britannique, celle de Wolfe, et que des reporters neutres, de la Télévision suisse ou de CSN, par exemple, suivaient le tout de lextérieur». «Nous avons consulté un grand nombre dhistoriens pour mieux comprendre les époques et leurs enjeux, mais nous avons volontairement exclu de la série tout commentaire dobservateurs daujourdhui formulant des jugements sur le passé. Nous ramenons notre passé à la vie». Pour faire suite aux neuf premiers épisodes diffusés au cours de la saison 2000-2001, d'autres épisodes suivront l'année prochaine. Un volume et des cassettes vidéo ont également été produits pour accompagner cette série. |