Le chemin de fer sur la glacePAR PIERRE LEFORT, SOCIÉTÉ HISTORIQUE DU MARIGOT Le chemin de fer sur la glace, un projet que plusieurs qualifièrent de farfelu, nécessitait la poigne et lenthousiasme dun homme qui nen était pas à ses premières armes. Louis-Adélard Senécal, natif de Varennes, était cet homme. Prototype du capitaliste spéculateur moderne, celui que les Anglais surnommèrent le «roi sans couronne du Saint-Laurent» avait tous les atouts nécessaires, à la fois financiers et politiques, pour mener à bien un projet qui suscita étonnement et admiration, même dans les milieux scientifiques de lépoque. Bref, cétait une entreprise démesurée taillée sur mesure pour un homme qui sestimait lui-même hors mesure! Le chemin de fer sur la glace témoigne bien dune époque où la politique et largent sentremêlaient allègrement et où la notion de «conflit dintérêts» neffleurait même pas les esprits. Lentreprise se réalise dans un climat de magouilles politiques dont le scandale du Pacifique Canadien en 1875 nest que la pointe de liceberg. Mais les enjeux étaient de taille et Longueuil, dans ce nouvel avatar de la guerre des géants du rail, sut bénéficier pendant quelques courtes années des retombées économiques de cet exploit digne du cerveau fertile dun homme qui suscita autant ladmiration que la haine. Les chemins de ferLa genèse du chemin de fer sur la glace est intimement liée à la prolifération des compagnies de chemins de fer qui naissaient et disparaissaient aussi rapidement que lavidité des promoteurs pouvait les faire inscrire au feuilleton des projets de loi des gouvernements fédéral et provinciaux. Cest en 1836 que des capitalistes montréalais inaugurent la première ligne de chemin de fer en Amérique du Nord. Le premier convoi se rend de La Prairie à Saint-Jean le 21 juillet de cette année-là, et annonce ainsi une ère qui allait culminer avec lavènement de la Confédération, acte qui consacra la mainmise sur le territoire canadien, de lAtlantique au Pacifique, par les compagnies de chemins de fer et leurs agents, les députés et les ministres. Cest en 1836 que naît la Champlain & St. Lawrence Railroad à linitiative de capitalistes écossais de Montréal dont Peter McGill, maire de Montréal, et William Molson. Les profits de lentreprise incitent les investisseurs à répéter lexpérience. De plus, des financiers américains qui désirent drainer vers la ville de Portland, dans lÉtat du Maine, les exportations canadiennes destinées à lEurope, viennent à Montréal y chercher des appuis financiers pour construire une voie ferrée qui relierait les deux villes. En 1849, lAssemblée du Canada-Uni, le gouvernement fédéral donc, prend conscience du rôle crucial du chemin de fer dans le développement du pays. Pour favoriser lexpansion du cheval dacier, à linstigation de Francis Hincks, surintendant des finances dans le gouvernement Lafontaine-Baldwin, on adopte le Guarantee Act qui garantit les emprunts des sociétés ferroviaires qui possèdent plus de 120 km de voie ferrée. Cest dans ce contexte quapparaît la compagnie St. Lawrence & Atlantic Railway Company, mise sur pied par Alexander Galt, ami intime de Francis Hincks. Cette société prévoit construire une ligne de chemin de fer qui rejoindra, via Sherbrooke, le réseau de la compagnie Atlantic & St. Lawrence Railway et de là se rendra jusquà Portland. La St-Laurent et Atlantique, comme on lappelle alors, inaugure son premier tronçon entre Longueuil et Saint-Hyacinthe, le 27 décembre 1848. Longueuil devient donc, en raison de sa situation géographique sur la rive sud, face à Montréal, le lieu tout indiqué pour y installer un terminus ferroviaire. Malgré des difficultés financières, le réseau de la St-Laurent et Atlantique sétend jusquà Sherbrooke en 1852, mais on est encore loin de Portland! Dautres compagnies surgissent dont The Grand Trunk Railway System, fondée par Francis Hincks et de richissimess Montréalais qui vont solliciter en Angleterre des fonds pour financer cette vaste entreprise. Le Grand-Tronc achète la St-Laurent et Atlantique en 1853. Les installations ferroviaires de Longueuil prennent alors une ampleur sans précédent. Des ateliers, des quais, des hangars, bref, toute une série dinstallations viennent ponctuer le sol longueuillois et deviennent une véritable manne pour les habitants de la région. Plus de 300 habitants de Longueuil trouvent ainsi du travail aux ateliers du Grand-Tronc. Longueuil prend des allures de petite métropole sur la rive sud, face au géant économique montréalais. Mais la traversée du fleuve par bateau a ses inconvénients. Et puis, il y a lhiver qui met un terme aux activités de transbordement du fret et des passagers. Aussi décide-t-on la construction du pont Victoria dont lachèvement, en 1860, annonce la déchéance économique de Longueuil. Ce pont sur le Saint-Laurent est dailleurs demandé, presque exigé, par John Young, grand maître dun port de Montréal en plein développement. Young déclare à qui veut lentendre quun terminus ferroviaire doit être établi à Montréal et non pas sur la rive sud. Un pont est vital pour Montréal, sinon tout ce qui a été fait jusqualors demeurera inutile. La construction du pont Victoria entraîne le départ de la compagnie du Grand-Tronc pour Pointe-Saint-Charles. Dès lors Longueuil est privé de chemin de fer. Cette situation durera de 1860 à 1873! Dautre part, lentrée de la Colombie-Britannique dans la Confédération en 1871 vient modifier considérablement le paysage. Une des conditions de son adhésion, cest la construction dun chemin de fer qui la reliera aux autres provinces. Le gouvernement fédéral confie à lentreprise privée le soin de réaliser cette voie ferrée. La compagnie, le Chemin de fer du Pacifique appelé plus simplement le Pacifique Canadien, sera largement subventionnée par lÉtat et ses visées expansionnistes la mettent rapidement en conflit avec cet autre géant du rail, le Grand Tronc. Dans ce climat de spéculation furieuse, Louis-Adélard Senécal, éminence grise de Joseph-Adolphe Chapleau, leader incontesté du Parti conservateur québécois, joue un rôle marquant. Financier avisé, il a fait fortune pendant la guerre de Sécession. On dit que son chiffre daffaires, en 1867, est de plus de trois millions de dollars. Qualifié par beaucoup dopportuniste, il est toujours à laffût des occasions daffaires. Pour beaucoup, il est le premier grand homme daffaires canadien-français. On le compare très avantageusement à Hugh Allen, le dirigeant du Pacifique Canadien. Une de ces occasions daffaires est offerte par la compagnie de chemin de fer mise sur pied en 1875 par le premier ministre conservateur Boucher de Boucher-ville. Cette compagnie avait acheté la compagnie du chemin de fer de la Rive Nord et la compagnie du chemin de fer Montréal, Ottawa & Occidental. La nouvelle compagnie, la Québec, Montréal, Ottawa & Occidental (Q. M. M. & O.) inaugure bientôt le chemin de fer du Nord, le fameux ptit train du Nord du curé Labelle. Louis-Adélard Senécal devient le surintendant général de la Q. M. M. & O., nommé à ce poste par son bon ami Chapleau élu premier ministre du Québec en 1879. Sa mission est simple : la Q. M. M. & O. est déficitaire, il sagit de la faire acheter par le Pacifique Canadien, cest-à-dire par le gouvernement fédéral. En effet, le gouvernement provincial a englouti douze ou treize millions de dollars dans cette aventure. Mais, quand le gouvernement décide de le vendre, en 1882, on crie au scandale, car la partie ouest du réseau est vendue pour seulement 4 millions au Pacifique Canadien et la partie est, elle, est vendue pour la même somme à un syndicat de financiers dont Senécal. Ce chemin de fer est devenu la grande artère de la rive nord du Saint-Laurent. La rive sud, et surtout Longueuil, se plaint dêtre abandonnée, bien quune compagnie, la Montréal, Portland & Boston, qui a remplacée la Montréal, Chambly & Sorel, fondée en 1871, part de Longueuil et aboutit à Newport, au Vermont par où la communication se fait facilement avec Boston et New York. Cest que Longueuil regrette les temps infiniment meilleurs où les installations du Grand-Tronc permettaient dinjecter énormément dargent dans léconomie de la région. Longueuil végète depuis ce temps et aimerait bien retrouver son statut de terminus ferroviaire dont elle était jadis si fière et dont seules les maisons de briques du Brick Row témoignent encore de sa situation économique alors florissante. Senécal estime quil serait bien sûr avantageux daméliorer le réseau, ce qui le rendrait plus intéressant aux yeux du gouvernement fédéral et donc, du Pacifique Canadien. Cette amélioration consiste, pour Senécal, à relier la rive nord et la rive sud, cest-à-dire Hochelaga et Longueuil. Unir ainsi le réseau de la rive nord au réseau de la compagnie du Sud-Est, qui a acheté le Montréal, Portland & Boston, ouvrirait toute grande la porte vers les ports américains Cette compagnie du Sud-Est ou South Eastern, est la Compagnie de Jonction des Comtés du Sud-Est, autrefois le Chemin de fer de Drummond et Artha-baska, également une propriété de Louis-Adélard Senécal! Un obstacle se dresse sur la route de Senécal: la compagnie du Grand-Tronc. Celle-ci est en effet propriétaire du pont Victoria et semble peu pressée douvrir la route à un réseau compétiteur. Mais pour un tarif «raisonnable(!)», elle acceptera. Ce tarif raisonnable est de 10 $ à 12 $ du wagon. Tarif prohibitif, estime Senécal. Quant à construire un autre pont, inutile dy penser, les investissements nécessaires devraient être astronomiques. Pour Senécal, le problème est simple: une entente a été signée entre la Q. M. M. & O. et la compagnie du Sud-Est pour établir un lien entre Longueuil et Hochelaga. Ce lien est donc offert à la Hochelaga Ice Bridge Company. Celle-ci donne le contrat du transport estival à la Compagnie de navigation de Longueuil, dirigée par Isidore Hurteau, beau-père dArthur Dansereau, rédacteur en chef de La Minerve. Arthur Dansereau forme, avec Louis-Adélard Senécal, et le premier ministre Adolphe Chapleau ce que leurs adversaires appellent le «triumvirat», lÉtat dans lÉtat. Bref, on est entre amis! Les traversiers se chargent donc du transport dété. En hiver, le problème reste entier. La solution de Senécal aura, comme le personnage, du panache : construire un chemin de fer sur la glace. Il sy attaque en 1880! Le chemin de fer sur la glaceDans cette entreprise hasardeuse, rien nest laissé au hasard! Lors de la construction du pont Victoria, des relevés avaient été faits montrant que la glace hivernale pouvait supporter des poids considérables. Par ailleurs, des ingénieurs rassurent Senécal: la glace, au plus fort de lhiver, na jamais moins de 60 cm dépaisseur.
Et parfois Dame Nature se fait tirer loreille, comme le 2 janvier
1878 . On lisait dans le numéro du journal Le Nouveau Monde
de cette date : «Il est tombé cette nuit un peu de
neige, mais il ny en a pas assez pour les voitures dhiver.
Les charretiers voyagent encore en carrosse».(1)
Par ailleurs, les Longueuillois se souvenaient encore fort bien de lexploit du capitaine Bourdon. Le journal La Minerve donna un compte rendu dithyrambique de lexcursion du 1er janvier 1878 sur le Saint-Laurent à bord du vapeur Longueuil, piloté par les capitaines Bourdon et Jodoin. Le capitaine Bourdon répétera dailleurs cet exploit le 1er janvier 1882! Aux aléas de la température sajoute une autre difficulté telle que décrite par lingénieur français Émile Deniel : «En face et en aval de Montréal, la glace du fleuve nest pas unie, comme elle lest en beaucoup dautres endroits, comme elle lest sur les lacs et sur les rivières où leau coule librement. En effet, Montréal se trouve située au pied des rapides de Lachine, et le courant est encore fort entre les quais et les îles Sainte-Hélène et Ronde. Le pont de glace ne prend donc quaprès de très grands froids. Le fleuve cependant charrie constamment des glaçons pendant les premiers mois de lhiver; ces glaçons arrivés dans une eau plus calme en aval de la ville, sont arrêtés par la glace déjà prise; ils sentassent alors les uns par-dessus les autres et forment ces amoncellements connus sous le nom de bourguignons». (2) Les travaux qui commencent le 13 janvier 1880 consistent donc dabord à niveler la glace, ce que lon fait sur une largeur de 20 mètres environ. Puis on procède à linstallation même, telle que décrite par Robert Rumilly dans son Histoire de Longueuil : «On pose, à intervalles de 7 pieds, des poutres qui répartiront la pression sur une plus grande surface et empêcheront, au passage des trains, la transmission directe des vibrations à la glace. Sur ces poutres, on pose des longrines (c.-à-d. des pièces placées au-dessous et tout au long des rails) et sur les longrines des traverses, espacées de 3 pieds». (3) Le principal problème cependant nest pas sur le fleuve même, mais bien en arrivant aux rivages. En effet, la dénivellation est source de grands dangers. Pour éviter cet écueil, les ingénieurs décident daborder, du côté de Longueuil, sur la rive même et non au quai de la Compagnie de navigation. Lorsquelle est terminée, le 30 janvier 1880, la voie ferrée est dune longueur totale de plus de 3000 mètres (9125 pieds), dont 800 sur les quais de Montréal et dHochelaga et 70 sur la rive longueuilloise. Deux aiguillages, à chaque extrémité du chemin de fer sur la glace, font communiquer la voie ferrée avec les lignes principales. Cest en grande pompe que Louis-Adélard Senécal préside à son triomphe. Son ami, le premier ministre du Québec, J.-Adolphe Chapleau, est évidemment de la fête, de même que les sommités montréalaises et gouvernementales. «Les trains de cinq wagons circulent dès le lendemain. Des chevaux les tirent aux jours de faible trafic; une locomotive les jours de presse. La vitesse prévue est de quinze milles à lheure. La locomotive roule sur la glace à cette vitesse en sifflant de toute la force de ses poumons dacier. Quel spectacle impressionnant!». (4) Le journaliste de La Minerve, journal conservateur par excellence, propriété dIsidore Hurteau dont le gendre Arthur Dansereau, membre du fameux «triumvirat», est rédacteur en chef, na évidemment que des éloges à faire : «Ce chemin de fer ouvre de nouveaux horizons au commerce et à lindustrie». Les sceptiques sont confondus et Senécal savoure son triomphe, verre de champagne à la main! Dès linauguration, des marchands américains sont sur place et signent des contrats pour le transport de cinq à six cents wagons de foin à Boston. Cet exploit suscite des commentaires élogieux non seulement de la part de la presse partisane, mais également dorganismes scientifiques renommés. Lingénieur Émile Deniel présente une excellente étude sur le chemin de fer sur la glace dans les Mémoires et comptes rendus de la Société des ingénieurs civils publiés à Paris en 1889. La prestigieuse revue scientifique américaine, Scientific American, relate également lexpérience dans son édition du 22 janvier 1881. Sil nest pas unique au monde, on en trouve des exemples aux États-Unis et en Finlande, le chemin de fer sur la glace longueuillois est cependant celui qui demeure le plus longtemps en service. Les trains, cette première année-là, roulèrent jusquau 1er avril quand on commença à enlever les rails et dès le 5 avril, la glace commençait à céder. Lannée suivante, le service reprit du 5 janvier jusquau 8 avril suivant alors que 1200 wagons avaient franchi le fleuve. Lannée 1882 fut moins fructueuse, les convois ne purent traverser que durant un mois, du 4 février au 4 mars, Mais 1883 fut une bonne année avec une période dactivités qui dura du 15 janvier au 3 avril. Cest en avril 1883 que le chemin de fer sur la glace fut abandonné. Pendant plus de 8 mois et demi, ce service fut de plus en plus apprécié par les voyageurs et les marchands. Si lappréhension était palpable au début de lentreprise, elle se dissipa rapidement car pendant toute son existence, cette entreprise ne connut quun seul accident dimportance et encore eut-il peu de conséquences. En effet, le 5 janvier 1881, lors de louverture du service, la locomotive sapprocha de la rive de Longueuil pour y aller chercher 17 wagons. Le poids de la locomotive fit céder une glace affaiblie et il sen fallut de peu pour quAdélard Senécal et les autres passagers de la locomotive ne prennent un bain forcé quand la locomotive disparut sous plus de 10 m deau glacée. Mais dès le lendemain, une locomotive plus légère rétablissait le service pendant que lon repêchait l'engin disparu sous les eaux. Ce fut le seul incident marquant de toute lhistoire du chemin de fer sur la glace! Ce chemin de fer fut de moins en moins nécessaire car, depuis le 1er avril 1882, une autre compagnie de chemin de fer reliait Longueuil à Montréal en toute saison, via le pont Victoria. En effet, des Montréalais de langue anglaise avaient mis sur pied la Montréal & Sorel. Le circuit de cette compagnie partait de la gare Bonaventure et se rendait jusquà Sorel en passant par Saint-Lambert, Longueuil, Boucherville, Varennes et Verchères. Lorsque, finalement, Senécal et ses associés réussissent à vendre, au milieu des années 1880, la section est de la Q. M. M. & O. de même que la Compagnie du Sud-Est, au gouvernement fédéral qui refile le réseau au Pacifique Canadien, ils sont largement remboursés de leurs investissements. Mais déjà, le rôle de Longueuil dans le vaste projet pan-canadien du chemin de fer sestompait. Le Pacifique Canadien choisissait le pont de Lachine (le pont Mercier) pour traverser le fleuve. Les maigres installations qui restaient du terminus du Sud-Est étaient abandonnées comme lavaient été celles du Grand-Tronc vingt ans auparavant. La saga longueuilloise du chemin de fer sachevait. Désormais, la ville ne serait desservie que par des voies secondaires. Louis-Adélard Senécal, quant à lui, se retirait du jeu. Sa mission était remplie: la Q. M. M. & O. était vendue au Pacifique Canadien. Sans doute était-il également un peu fatigué de ces exploits? Chapleau, qui demandait depuis longtemps une telle faveur pour son ami, réussit à le faire nommer sénateur en 1887. Senécal ne put jouir longtemps de sa nouvelle situation puisquil décédait en 1887, à Montréal. Cependant le chemin de fer sur la glace a pris place dans limaginaire québécois. Digne du financier hors du commun quétait Louis-Adélard Senécal, ce projet extraordinaire avait enflammé les esprits et fait croire, un temps, que Longueuil pouvait aspirer au grand rôle de métropole de la rive sud que son statut de grand terminus ferroviaire lui avait fait, un temps, entrevoir. Déçue dans ses attentes économiques, Longueuil le sera encore plus quand viendra le temps de choisir le siège de lévêché. Saint-Jean-sur-Richelieu héritera du siège épiscopal trompant encore une fois les attentes longueuil-loises. Doublement déçue, sur le plan économique et sur le plan religieux, Longueuil devra attendre près de cent ans avant quelle ne redresse la tête et naspire à nouveau au rôle de premier plan auquel les Longueuil-lois et les Longueuilloises se sont toujours cru destinés. ____________________ (1) Cité par Paul Traversy, Le chemin de fer sur la glace, SHL, XIII, p. 6. (2) in Paul Traversy, ibid. (3) Rumilly, Histoire de Longueuil, p. 200. (4) Rumilly, ibid. |