L'ART À L'ÉPOQUE DE LA «GRANDE NOIRCEUR»LE REFUS GLOBAL1PAR MARTIN
POULAIN
LÉTAT DE LA
SOCIÉTÉ ET DE LA CULTURE
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À
lépoque duplessiste, la religion catholique, pratiquée
par 86% de la population, tient un rôle important dans la
société québécoise, celui de transmetteur
des valeurs collectives. Elle exerce aussi un certain contrôle
social en imposant la censure. Son pouvoir est basé sur
trois forces : la foi, qui impose ladhésion et le
respect, son rôle de « dispenseur de services »3
[éducation, soins de santé, charité et culture,
voir annexe 1] qui la rend indispensable, et son encadrement idéologique.
Extérieurement, la foi se porte très bien.4
Cependant, le «baby boom» qui suit la Deuxième
Guerre mondiale demande une augmentation des services tels que
léducation et la santé. LÉglise
est donc débordée au lendemain de la guerre et elle
ne suffit plus à la tâche. De plus, un sentiment
de contestation commence à se faire sentir. À partir
de 1948, par exemple, 30% à 50% des montréalais
catholiques ne vont plus à la messe. Certains groupes,
influencés par le renouveau du catholicisme français,
«[
] veulent que le clergé cesse de contrôler
tous les aspects de la vie sociale et chrétienne»5
et propagent leurs idées dans la revue Cité
Libre. On retrouve, au sein même de lÉglise,
des tensions entre conservateurs et libéraux. Par exemple,
Joseph Charbonneau, évêque de Montréal de
1947 à 1950, est forcé de démissionner suite
à la grève dAsbestos, où il prend position
en faveur des grévistes, et est aussitôt remplacé
par un évêque conservateur. «Ainsi, cette
période, qui apparaît comme lapogée
de lÉglise catholique au Québec, est aussi
celle où linstitution commence à manifester
des signes sérieux dessoufflement et dinadaptation
face aux transformations de la société».6
Parallèlement à la religion, léducation, sous lUnion nationale, connaît de sérieux problèmes. Au Québec, le système denseignement public est confessionnel et divisé en deux réseaux autonomes : lun catholique et lautre protestant. |
![]() L'Union Nationale [1936] préconise la restauration agricole et ouvrière en début de son programme électoral. ![]() Monseigneur Joseph Charbonneau |
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TABLEAU
I7
NOMBRE DE DIPLÔMES CONFÉRÉS PAR LES UNIVERSITÉS
QUÉBÉCOISES 1er,
2e
et 3e
CYCLES, 1946-1955
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De plus, comme nous lindique le tableau suivant, les enseignants sont mal formés et mal payés.
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TABLEAU
II8
SALAIRES ANNUELS MOYENS
DU PERSONNEL ENSEIGNANT (EN $)
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Beaucoup quittent donc le métier et le recrutement se fait difficilement. Cependant, les laïcs prennent peu à peu leur place en éducation, dépassant rapidement le nombre de religieux enseignants. En fait, «ce que certains, à lépoque duplessiste, se plaisent à appeler le meilleur système déducation au monde, est un système fragmenté, sous-financé, sous-développé, dépourvu de coordination, peu démocratique, élitiste et sexiste».9
Le gouvernement du Québec, dirigé par Maurice Duplessis, est profondément conservateur. Il soppose à la montée de lÉtat-providence, aux luttes syndicales et il est farouchement anticommuniste. Il pratique un nationalisme très traditionaliste et défensif. Il sappuie dailleurs sur une partie de lélite traditionnelle et sur le clergé pour encadrer la population et véhiculer ses valeurs. Dun point de vue économique, il contribue au développement de la province par lexploitation des ressources naturelles en favorisant linvestissement américain et canadien-anglais. À ceci soppose une volonté daffirmer lautonomie provinciale face aux empiétements dOttawa. Ce gouvernement, peu enclin aux changements, organisera de sévères répressions contre ceux qui iront contre son idéologie, lors de la grève de lamiante [1949] entre autres.

Les divers éléments
de la structure d'encadrement d'une paroisse catholique, Québec,1945
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Cest
dans les années 1940 que la culture commencera vraiment
à faire parler delle et rejoindre la population.
Lenseignement des arts visuels au Québec est très
récent. On crée une école dart à
lArt Association of Montreal [futur Musée
des beaux-arts], puis on crée lÉcole du Meuble
en 1935 [futur Institut des arts appliqués]. On commence
à la fin des années 1930 à donner des cours
dart dans certains collèges comme Brébeuf
et Notre-Dame de Montréal.
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![]() Édifice de la Art Association of Montréal (Notman). |
![]() Paul-Émile Borduas |
C
est dans cet esprit que Paul-Émile Borduas et Alfred
Pellan amorceront une révolution culturelle. Pellan, par
exemple, entre ouvertement en guerre contre le conservatisme du
directeur de lÉcole des beaux-arts où il enseigne.
Cette guerre se soldera par la démission du directeur,
Charles Maillard. Cest presque la seule victoire quils
obtiendront. En fait, ces deux chefs [et rivaux] du monde artistique
montréalais seront accusés «de faire
du terrorisme culturel»10
à cause de leur rôle agressif. On dira cependant
plus tard de Borduas et du groupe des Automatistes dont il est
le «chef», quils sont «[des] artisan[s]
dune révolution qui a secoué temporairement
le Québec de son habituelle somnolence culturelle».11
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À la même époque, la littérature québécoise semble être dans une légère torpeur par rapport aux arts visuels. Dans les années 1930, lessai et le roman du terroir étaient les deux principaux genres littéraires. La poésie commençait légèrement à prendre sa place. Cest cependant la Deuxième Guerre mondiale qui réanimera le monde littéraire québécois. Celui-ci devient, pendant loccupation de la France par les nazis, le centre littéraire francophone mondial. Ceci amène une grande diversification très profitable pour les écrivains. Il y a cependant une lacune dans la distribution des écrits au Québec car, en 1949, on compte 12 bibliothèques au Québec, dont seulement la moitié sont francophones. Le gouvernement de Duplessis est conscient du problème, mais il nagit pas. De plus, la fin de la guerre marque ce que lon appelle la «période noire» de lédition au Québec12 à cause du faible nombre de publications.
LÉglise, qui a un rôle à jouer dans chaque domaine de la société, ne fait pas exception pour les arts. Le domaine de lédition, par exemple, est dominé par des maisons déditions religieuses spécialisées dans le manuel scolaire. De plus, les librairies importantes sont souvent proches du clergé. LIndex est toujours en vigueur ; larchevêque de Québec, le Cardinal Villeneuve, interdit le roman Les demi-civilisés de Jean-Charles Harvey en 1934. Harvey est dailleurs renvoyé du journal Le Soleil où il était rédacteur en chef, après que la publication de son livre ait fait scandale. Dans le domaine des arts visuels, le clergé prône les représentations religieuses [en sculpture] et lart figuratif et traditionnel.
Le gouvernement actuel du Québec a des politiques culturelles. Il ne faut cependant pas simaginer quil en a toujours été ainsi. Maurice Duplessis était lui-même amateur de peinture et de musique. Il avait une collection de tableaux. Bien que moderne, sa collection ne comprenait cependant aucune uvre contemporaine. Lart canadien-français, quoique peu présent, représente le peuple, le pays, le monde rural. Bref, la collection duvres dart de Duplessis est à limage de ses idéologies, cest-à-dire conservatrice, et lon comprend pourquoi il na pas cautionné les artistes contemporains québécois qui ont tenté de révolutionner lart.
Cest au gouvernement du Québec que revient lultime responsabilité du milieu des beaux-arts. Celui-ci se contente cependant de faire preuve dindifférence, sans aider ni nuire. Il nagit pas dans le domaine culturel uniquement parce quil ny voit aucun avantage pour lUnion nationale. Cependant, la nomination du très conservateur Charles Maillard [qui tombe en 1945 suite à une guerre entre lui et Pellan] à la direction de lÉcole des beaux-arts de Montréal est, pour certains, «[ ] lexpression par excellence du du-plessisme culturel»13, cest-à-dire du conservatisme et du désir de statu quo.
Au cours des années 1940, un groupe de jeunes artistes sest formé autour du peintre Paul-Émile Borduas. On leur attribue, en 1947, le nom dAutomatistes suite à une exposition. Ces artistes sont des peintres, des sculpteurs, des écrivains, des danseurs, des acteurs et des photographes. Le mouvement se définit comme suit :
«LAutomatisme, cest en somme le refus de lacadémisme et de toutes contraintes, cest le règne de limagination instinctive et de limpulsion créatrice ; en peinture, cest particulièrement la possibilité de créer des sensations nouvelles par le jeu des couleurs sous leffet du subconscient ; dans la vie, cest la liberté, la spontanéité, le dynamisme».14
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Seize
dentre eux signeront le manifeste du Refus Global.
Cest Borduas qui signe le texte principal, mais dautres
artistes collaborent à la rédaction du livre. Formé en 1943, le groupe qui publiera le Refus Global se réunit régulièrement à partir de 1944.Leurs réunions «suscitent le goût dorganiser une action cohérente et bruyante, pour forcer la mentalité sociale dominante de lépoque, bien installée dans son conservatisme ankylosé [ ]».15 À ce propos, le peintre Fernand Leduc est le premier à proposer lidée dun manifeste. Après quelques expositions relativement bien accueillies en 1947, |
Le manifeste est un livre très virulent. Comme son titre lindique, les signataires veulent une rupture totale avec la société traditionnelle, rupture par opposition à continuité mais aussi à évolution. On veut donc changer radicalement du tout au tout. Borduas y dénonce lautoritarisme du clergé et du gouvernement. Il revendique une totale liberté dans lart et aussi dans la vie. De plus, il donne sa propre définition de lart, dicté par linconscient et auquel il oppose la spontanéité aux contraintes.
La publication du manifeste provoque une vive réaction de la part des médias. Certains journalistes condamnent automatiquement le livre en défendant les valeurs clérico-nationalistes. Cette réaction est plus une critique aveugle quun partage dopinion. Le journaliste Gérard Pelletier du Devoir adopte, lui, une position nuancée sur le sujet. Il accepte la critique sociale du manifeste. Il est cependant en désaccord avec tout ce qui touche la question religieuse puisquon remet en cause le catholicisme même et que Pelletier est croyant [et tient lexistence de Dieu comme une vérité absolue]. Il soppose aussi au dogmatisme du Refus Global. Créant le scandale, les journaux en viendront finalement à se taire, laissant les Automatistes sans voix pour se défendre.
Le gouvernement duplessiste a fortement réagi à la publication dun tel livre. Se sentant menacé dans ses plus profondes convictions, à la base même de son gouvernement et dans ses idéologies, lUnion nationale prend des mesures radicales pour contrer ce vent de révolte. Pour Duplessis, lart nouveau tel que prôné par les artisans du Refus Global va à lencontre de toute tradition et de tous sentiments religieux, ce qui est inacceptable. Tout dabord, Borduas est renvoyé, par décret ministériel, de son poste denseignant à lÉcole du meuble. Ceci donne aux Auto-matistes une occasion de riposter contre les attaques dont ils sont les victimes. Cependant, agissant subtilement, le gouvernement utilise son pouvoir pour contrôler la presse et ainsi bloquer les Automatistes dans leur riposte.
Le Refus Global a beaucoup dennemis dans le gouvernement, le clergé et les médias. Il a aussi ses opposants dans le domaine artistique. Alfred Pellan publie le manifeste Prisme dYeux, en février 1948, six mois avant le Refus Global. Le manifeste de Pellan est opposé à celui de Borduas sur plusieurs points. Par exemple, Pellan refuse de former un groupe précis avec un chef [il prône lindividualisme] et il ne se ferme pas à la peinture dinspiration traditionnelle. Ce texte na pas été écrit directement contre Borduas et son groupe mais on sent très bien quil y avait un désir de montrer leurs différences et leur désaccord avec les Automatistes. Cest donc dire que le milieu artistique nest pas unanime.
Le «succès» du Refus Global est éphémère. En fait, il ne dure que deux mois. Évidemment, la riposte du gouvernement et le refus des journaux de publier les lettres des artisans du manifeste en réponse à loppression dont ils sont victimes y sont pour beaucoup. De plus, la rétrospective de luvre de Borduas prévue à lUniversité de Montréal est annulée. On veut vraiment les faire tomber dans loubli.
Après la publication du manifeste, le groupe des Automatistes se dissout. La répression décourage les artistes, mais quelques problèmes internes montrent que le groupe ne serait probablement pas resté encore longtemps uni. Borduas essaiera tout de même de réunir le groupe à nouveau, mais il ne retrouvera jamais tout le monde, ni la passion qui animait autrefois les Automatistes.
Toute cette épopée na cependant pas eu vraiment deffet sur la population. En effet, à cette époque, le domaine des arts visuels était surtout réservé à lélite intellectuelle. Si les journaux navaient pas dénoncé le manifeste, paru seulement à 400 exemplaires, presque personne naurait entendu parler du livre. De plus, comme laffaire a été vite étouffée par le gouvernement, les dénonciations, sous la rubrique littéraire des journaux, ont vite cessé. Donc, sauf erreur, on peut dire que les Automatistes nont pas réussi à capter lattention de la masse.
![]() 3+4+1 de Borduas (1956). Une uvre réalisée à Paris où se lit la déception de l'artiste (Musée des beaux-arts du Canada) |
Létouffement
qua provoqué le gouvernement a touché personnellement
plusieurs artistes signataires du manifeste. Le principal touché
est évidemment Borduas. Celui-ci perd son travail denseignant
après 15 ans de combat et dacharnement et se retrouve
à la rue avec sa famille. Il doit donc sexiler, dabord
à New-York, puis à Paris où il mourra en
1960. Sa déception se lit dailleurs dans les tableaux
quil peindra par la suite à Paris.16
Il nest cependant pas le seul à sexiler. Riopelle,
Leduc, Ferron, Maltais et même Pellan vont à Paris.
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Les Automatistes nont pas complètement raté leur but avec la publication du Refus Global. En effet, ils ont laissé un gros héritage aux peintres québécois. Cest seulement après le manifeste quon a vu lémergence du mouvement non-figuratif [art abstrait]. Borduas en avait fixé les bases dans une définition : «Nous entendons par abstraction leffort personnel pour projeter au-dehors un singulier né de lesprit et qui ne rend ses comptes quà lesprit particulier qui la fait naître [ ]».18 Le mouvement non-figuratif profite donc, dans les années 1950-60, du combat perdu par les Automatistes. Ils évolueront cependant en deux groupes distincts. Vers la fin des années 1950, 90% des expositions montréa-laises montreront des uvres non-figuratives.
Dans les années 1950, deux mouvements issus de Borduas et ses amis sopposeront : lautomatisme et le géomé-trisme. Celui-ci découle cependant pour certains dun travail automatique auquel on a voulu ajouter un peu de rigueur. À cette époque, cependant, tout nest pas aussi opposé que dans les années 1940. Ainsi, les Plasticiens [partisans du géométrisme] peuvent aussi donner dans lautomatisme et vice-versa. De plus, on assiste à un renouveau de la peinture figurative qui, elle aussi, tend à se confondre avec son opposé, le non-figuratif.
À lépoque, «[ ] lextraordinaire passion quil (lAutomatiste) avait allumée à propos de la peinture et qui débordait sur la poésie, le théâtre, la danse, tout lart et toute la vie».19 Le Refus Global a en effet marqué plusieurs domaines dont la littérature. Alors que, généralement, dans lhistoire, cest la littérature qui était avant-gardiste et qui menait les révolutions artistiques, au Québec, cest la peinture qui a mené la littérature à faire le changement et la modernité. Il est vrai que lécriture a été nécessaire aux Automatistes qui nauraient pas aussi bien fait passer leur message sils sétaient contentés dorganiser des expositions. Quoi quil en soit, bon nombre dessais dénonçant la stagnation de la culture ont été rédigés par la suite.
Le groupe Automatiste a été formé par des jeunes réunis autour de Borduas. Ceux-ci ont donc continué à évoluer dans le domaine artistique. Ceux qui ont le mieux réussi par la suite sont Leduc, Ferron, Pierre Gauvreau et Mousseau, dont on a pu voir une rétrospective au Musée des beaux-arts de Montréal en 1997 et à qui lon doit la décoration de la station de métro Peel. Françoise Sullivan sest aussi illustrée en danse et Claude Gauvreau a poursuivi une carrière controversée de poète et dramaturge. Bref, les Automatistes ne sont pas morts à lautomne 1948.
Au cours des années 1950, les artistes vont poursuivre la révolte amorcée par Borduas et Pellan ; ils continuent à vouloir saffirmer. Certains se réunissent dans la Société des arts plastiques fondée en 1955. Ils veulent une plus grande solidarité entre artistes, améliorer la diffusion de leur art, aller chercher une aide financière du gouvernement, créer une collection permanente et se départir du complexe dinfériorité dont souffrent les artistes québécois face à létranger. Ils seront fin prêts pour la Révolution Tranquille.
Ce nest quen 1959 quun musée [le Musée des beaux-arts] expose les uvres des jeunes signataires et les textes du Refus Global. Il faudra attendre 40 ans avant quune bibliothèque porte assez dattention à cet écrit pour exposer les textes, dessins et photos qui constituent le manifeste en entier. La répression du gouvernement duplessiste a donc tenu longtemps le manifeste dans loubli.
Une révolution culturelle a bien été amorcée pendant la période de «grande noirceur», cest-à-dire de 1945 à 1960. Cette révolution, dirigée par les Automatistes et les apôtres du non-figuratif, a été durement réprimée par le gouvernement de Maurice Duplessis, entraînant lexil de certains artistes. Cependant, cette révolution avortée a frayé le chemin aux artistes de la fin des années 1950 et des années 1960, juste à temps pour la Révolution Tranquille. Il est cependant permis de se demander ce qui se serait passé si le gouvernement navait pas réagi à la publication du Refus Global. La population, majoritairement conservatrice et souvent peu scolarisée, naurait peut-être pas été prête à ce changement, à cette nouvelle forme dart. Quoi quil en soit, lart a beaucoup évolué sous Duplessis et ce, malgré ce manque dintérêt général de la part du gouvernement et un soulèvement écrasé. Il est évident que, en comparaison avec lexplosion artistique de la Révolution Tranquille, les années 1940-50 font figure de grande noirceur. Cependant, lorsquon regarde le passé historique de lart au Québec, on se rend compte que les artistes québécois nont jamais été aussi actuels que durant cette période.
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BIBLIOGRAPHIE
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Montréal-Matin, « Dynamitage automatiste à la Librairie Tranquille », 9 août 1948, p. 5.
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ROBERT, Guy, Lart au Québec depuis 1940, Montréal, La Presse, 1973, 501 pages.