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CONCOURS FRANÇOIS-XAVIER-GARNEAU

GRANDE NOIRCEUR ET RÉVOLUTION TRANQUILLE

Réflexions sur quelques jalons identitaires

PAR GENEVIÈVE MASSICOTTE
Étudiante au Cégep du Vieux-Montréal [1998]

La seule évocation du nom de Maurice Duplessis appelle invariablement au vocable «Grande noirceur». L‘imaginaire québécois est encore fortement imprégné par cette association et ce, malgré les presque quarante ans qui nous séparent de la fin du régime duplessiste. Cela tient sans doute au fait que, beaucoup plus qu’un simple homme politique, Duplessis soit devenu une véritable métaphore du Québec traditionaliste et oppressant d’avant la Révolution Tranquille. La recherche d’un jalon annonçant la fin de cette ère, une rupture nette, 1960, devait ensuite devenir un des archétypes du Québec contemporain. Dans la mémoire de tous les Québécois, la Révolution tranquille allait désormais correspondre au moment de notre éveil collectif à la modernité.

Et voilà la métaphore lancée! Traduire l’histoire du Québec contemporain se réduit maintenant à opposer terme pour terme, Grande noirceur et Révolution tranquille. Pour pratique, cet effet de repoussoir mérite cependant d’être nuancé. L’année 1960 et le terme de Révolution pour la caractériser, sont entrés à ce point dans les usages qu’ils sont devenus le moyen exclusif de séparer le Québec ancien du Québec moderne, autant sur le plan politique, social que culturel. Le but de ce texte est de revoir certaines idées reçues afin de montrer que 1960 n’est peut-être pas la catharsis grecque que toute une génération s’est plus à y voir. Le Québec moderne est déjà en germe sous Duplessis, alors que le Québec traditionnel ne succombe que progressivement après l’arrivée de «l’Équipe du tonnerre».

Il nous apparaît qu’au niveau économique, social, au niveau culturel même, le rôle de la rupture de 1960 doit être nuancé. Nous proposons que la rupture n’est, au sens strict, qu’une rupture de niveau politique. On peut ainsi proposer que le Québec d’avant 1960 constitue une société en ébullition, traversée par des tendances modernes, mais où le pouvoir politique est à la remorque du reste de la société et tente, dérisoirement, de soutenir un système de valeur désuet. De la même manière, le Québec d’après 1960 poursuit l’évolution antérieure à cette différence que le parti au pouvoir joue désormais un rôle de leader venant structurer le trains de mesures qui pourront désormais rendre compte de l’état de la société.

Ce texte, véritable work in progress, vise toutefois à davantage poser des questions qu’à y porter réponses. Il se divise ainsi en deux parties. Nous analyserons d’abord le débat entre historiens à propos du rôle de la Révolution tranquille. Dans une seconde partie nous chercherons dans le Québec de l’après-guerre les signes avant-coureurs de la modernité et ainsi contribuerons modestement à «revisiter» certaines idées reçues à propos de la rupture de 1960.

LES HISTORIENS ET LA RÉVOLUTION TRANQUILLE

Dès la mort du «Chef» et la ruine de son parti, prompts ont été les historiens, politologues et les journalistes à tirer un trait sur le passé et à célébrer, à l’instar de la propagande du parti libéral, le renouveau qu’annonçait l’équipe de Jean Lesage. Ces hommes et ces femmes allaient enfin permettre au Québec de faire ses premiers pas vers la modernité et de combler un retard, en particulier sur le plan social et culturel. Toutes les forces de ce nouveau peuple québécois allaient maintenant converger, sous la gouverne d’un État providence, vers la recherche d’une identité nouvelle et moderne.

Même en 1998, il est délicat de s’attaquer au mythe de la Révolution tranquille tant cet instant est devenu une constituante de l’identité québécoise. En 1960, Duplessis, incarnation du traditionalisme de la société canadienne-française catholique, n’était plus et s’amenait au pouvoir une équipe qui avait pour mission avouée de nous rendre «maître chez nous».
 
Duplessis meurt le 3 septembre 1959, à Shefferville. Dès la mort du «Chef» et la ruine de son parti, prompts seront les historiens, politicologues et les journalistes à tirer un trait sur le passé. (Photo : ANQ)
Enfin, nous avions nous aussi, une histoire; nous n’étions plus orphelin d’un passé flottant hors du temps, suspendu au-dessus de l’idéal de conservation depuis exactement deux siècles [la thèse de la Conquête de 1760 de Maurice Séguin]. Nous tenions là le tremplin qui allait permettre à ce peuple-enfant de donner son plein potentiel. 1960 effaçait disait-on, deux cents ans plus tard, 1760. Les Américains avaient eu 1776, les Français 1789 ; nous aurions 1960. L’ensemble de l’identité moderne des Québécois repose sur ce pacte social entre un peuple et son élite politique. Remettre en question la Révolution tranquille semble pratiquement «anti-national», sacrilège.

Cela va sans dire, le régime duples-siste n’était pas blanc comme neige et l’épithète «Grande noirceur» lui demeure associée. Mais était-il aussi noir que l’a prétendu l’historiographie des années 1965 à 1975? La version la plus connue, celle des classiques, nous montre une rupture très forte entre la Grande noirceur et la Révolution tranquille. À en croire les nombreux mémoires et monographies contemporains de 1960, Duplessis possédait un pouvoir aussi étouffant qu’une chape de plomb; autorité d’autant plus imposante quand la religion s’en mêle. « Il était ahurissant d’entendre les curés l’appeler Dieu le Père, en pleine Chaire ».1 Dès lors, sa mort marque la rupture entre deux époques, le «désormais» de Paul Sauvé offrant l’instant cinétique propice généralement retenu par les historiens. Comme dans un roman bien ficelé, s’agence ensuite, logiquement, la nomenclature des mesures avant-gardistes au-tour du credo keynésien: l’assurance-hospitalisation en 1961, la nationalisation des compagnies hydroélectriques du Québec en 1963, ministère de l’Éducation du Québec en 1964.

Lancée à la fin des années soixante–dix par P.A. Linteau, R. Durocher et J-C. Robert, la thèse d’une révolution déjà commencée, bien avant le tournant soi-disant décisif de 1960, proposait un virage à l’historiographie.2 Sans chercher à réhabiliter le régime politique de Maurice Duplessis, c’est plutôt par le biais de l’évolution économique et sociale que les auteurs constatent qu’il faut nuancer l’impression d’un Québec immobile avant 1960. Des phénomènes profonds comme l’essor du secteur tertiaire, le travail féminin, le syndicalisme de masse, la diversité culturelle, etc. étaient des phénomènes déjà bien présents avant 1960.
 
Le syndicalisme de masse était un des phénomènes déjà bien présents avant 1960 comme en témoigne entre autres, la grève des mineurs de Murdochville, en 1957. Photo : ANC
Progressivement, on oppose désormais les «classiques», partisans de la rupture profonde en 1960, et les «révisionnistes», favorable à un point de vue plus évolutionniste, plus attentifs à la lente évolution économique et sociale. Le débat se poursuit avec la publication en 1994 de La société Libérale duplessiste. G. Bourque, J. Duchatel et J. Beauchemin qui tenteront de réaliser pour la sociographie ce que Linteau, Durocher et Robert avaient fait pour l’historiographie québécoise.3 L’exercice est complexe, mais dénote très clairement une volonté de procéder à une réinterprétation de la rupture de 1960.

Les termes du débat était posés, avec une clarté sans précédent, par un historien de l’Université Concordia. Dans La quête d’une société normale : critique de la réinter-prétation de l’histoire du Québec, Ronald Rudin y dénonce ouvertement ceux qu’ils appelle les «révisionnistes» qui découvrent, selon lui, trop facilement et trop vite, dans la vie socioculturelle du Québec d’après guerre, les premiers éléments de ce que les «classiques» avaient surnommé la Révolution tranquille.4 Il dénonce du même souffle «l’obsession» de certains historiens à vouloir absolument faire du Québec une «société normale» qui évolue au même rythme et qui est traversée par les mêmes courants que toute l’Amérique du Nord.

Tout à fait à l’opposé de Rudin, Jocelyn Létourneau reconnaît toutefois le rôle crucial que joue la Révolution tranquille dans notre stratégie identitaire.5 Le courant «classique» s’explique en fait par le niveau d’implication personnelle où étaient plongés les commentateurs des années 1960 et le climat d’intensité qui les entourait. C’est fort justifiable puisque pour Létourneau, dans toute société, la «réalité ne coïncide jamais avec la représentation qu’en donnent les analystes a fortiori quand ces analystes, au départ, cherchent à fonder l’identitaire d’une nouvelle société en même temps qu’ils écrivent l’histoire de l’ancienne en la citant à son procès»6.

Même s’il adhère aux arguments des «révisionnistes», Létourneau considère que les métaphores Grande noirceur et Révolution tranquille sont à ce point imprégnées dans l’identitaire québécois que tout effort de remise en question est peut-être a priori voué à l’échec.

Il s’agit de catégories identitaires grâce auxquelles les Québécois francophones se situent par rapport à eux-mêmes dans leur trajectoire historique et se situent aussi par rapport aux autres dans la trajectoire universelle.7

Comment en effet conserver notre représentation du Québec contemporain si l’on sape les bases sur lesquelles il a été édifié depuis plus de trente ans ? Il est facile de voir comment le débat prend désormais une saveur toute nouvelle, car il ne s’agit plus d’une simple discussion à caractère scientifique, mais bel et bien d’une incursion dans les eaux troubles de la mémoire collective.

LA GRANDE NOIRCEUR : UN REGARD RÉVISIONNISTE

Toutes ces réformes effectuées par les libéraux ne se sont cependant pas décidées d’un seul coup. Des forces agissaient déjà au sein de la société québécoise avant la mort de Duplessis. On a seulement institutionnalisé la volonté de changement à compter. Parmi d’autres, Guy Lamarche, reprend la métaphore de la marmite sur le feu :

«J’ai donc connu, chanceux, le grand brassage de nouveautés qui allaient donner les ingrédients de la Révolution tranquille. Le tout bouillait sous le couvercle de la marmite de la Grande noirceur, mais se frayait un chemin vers l’extérieur.8»

Nombreuses sont les forces qui agissent au sein de la société dont certaines depuis la guerre. Tout le temps que Duplessis fut au pouvoir, il s’efforça de les réprimer à l’aide de politiques traditionnelles et conservatrices telles que la soumission à la religion et à l’ordre établi. «C’est bien ça : ils ont peur, les pouvoirs […] Toutes griffes dehors, à la moindre alerte. Au pays de Québec, on explique tout par la peur : l’ahurissement des petits; la crispation des grands».9

Le processus de modernisation du Québec, amorcé durant la guerre, fut ralenti par Duplessis, mais le Québec, subissant l’influence du reste du Canada et des États-Unis, et désirant suivre le mouvement d’industrialisation, subit de fortes transformations. «Des forces socio-économiques sont à l’œuvre qui cherchent à faire éclater les cadres de la société traditionnelle qui ne se maintiennent plus désormais que par l’omniprésence d’un régime politique confortablement installé au pouvoir».10

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la diffusion des idées d’une certaine élite progressiste vers le reste de la population se fait aussi sentir. Ainsi, P.-E. Trudeau, revenant de son voyage autour du monde, René Lévesque, ayant travaillé comme correspondant de guerre, et bien d’autres que le conflit avait fait sorti de leur patelin, reviennent d’Europe avec une vision différente du rôle de l’État moderne, la liberté d’expression, le féminisme. En 1950, «Pierre Elliott Trudeau et Gérard Pelletier fondent Cité libre, revue qui est un canal d’expression et un centre de rassemblement du nouveau libéralisme. Elle marque son époque par sa fonction critique qui s’attaque d’abord aux vieux thèmes du nationalisme traditionaliste. Le Québec de 1950 serait une société bloquée et rétrograde à laquelle il faudrait insuffler un nouvel esprit, susceptible de l’introduire de plain-pied dans le monde moderne11
 
René Lévesque à l'époque où il était journaliste à Radio-Canada. Photo : BNQ

Sur le plan de la culture d’élite, on ne peut guère parler de Grande noirceur. Le Québec au contraire produit des œuvres de qualité; Montréal et un peu Québec sont en quelque sorte les points de mires de la peinture moderne. Nous ne sommes pas fermés aux influences extérieures. Ainsi, en 1948, deux manifestes, s’inscrivant sous la bannière des «automatistes», voient le jour : Prisme d’yeux en février, comptant Alfred Pellan et quelques autres artistes, prônant surtout la liberté d’expression dans la peinture et refusant toutes contraintes ; le Refus global en août, dans lequel Borduas, Riopelle, Ferron, Mousseau, «Dénonce[nt] le passéisme, l’obscurantisme et le conformisme artistique et moral de la société québécoise, attaque[nt] le clergé et le système d’enseignement et plaide[nt] en faveur de la libération totale de l’individu. Chacun a le droit de vivre libre, sans contrainte idéologique ni morale, et d’exprimer cette liberté12
 
Alfred Pellan et quelques autres artistes prônent surtout la liberté d'expression dans la peinture et refusent toutes contraintes. Floraisons d'Alfred Pellan, 1952, Galeries nationale du Canada.


Le Survenant de Germaine Guévremont
 
Ils rejettent également l’académisme. Il y a donc au niveau culturel beaucoup d’effervescence. Jean Lemoyne, en 1951, et Ernest Gagnon, en 1952, dénoncent le piétinement de la culture qui s’empêtrerait dans le conservatisme et le cléricalisme. Pourtant, il y une amélioration certaine. Les oeuvres de Gabrielle Roy, Germaine Guèvremont, Félix Leclerc, Marcel Dubé, Yves Thériault, Jacques Ferron, Jacques Languirand, sont largement diffusées. On crée pour eux les Éditions de l’Hexagone [1953] et les éditions de l’Homme [1958], le Théâtre du Rideau Vert [1948], le théâtre du Nouveau Monde [1951] et un premier théâtre d’été en 1955 à Sun Valley.

Les débuts de la télévision sont autrement remarquables et jouent un rôle encore plus profond sur les mentalités.
Ainsi, si seulement 3% des foyers québécois possèdent un téléviseur en 1951, le pourcentage en est passé à 86% dès 1957.13 On regarde alors des téléromans, véritables miroirs déformants d’un Québec en mutation.


Des camions de nourriture sont acheminés aux grévistes d'Asbestos en 1949.

 
Sur le plan des luttes ouvrières, la vision des choses et les comportements changent brutalement entre 1945 et 1960. De nombreuses grèves éclatent ; la plus connue est la grève de l’amiante qui se déroule à Asbestos en 1949. Pensons aussi à la grève des employés des magasins Dupuis Frères ou celle des tisserands à Louiseville [1952], des mineurs de Murdochville [1957] et, de 1958 à 1959, celle des réalisateurs de Radio-Canada.

Ces conflits de travail expriment clairement un changement de mentalité au sein du peuple.
«Asbestos marque un tournant dans l’histoire du Québec. Un classe sociale revendique avec fougue sa place au soleil et, par le fait même, démontre qu’il y a quelque chose à changer au pays de Maria Chapdelaine».14

Du côté des institutions, on retrouve la même évolution rapide depuis la fin de la guerre. Les 20 000 universitaires en 1945 sont aux environs de 60 000 vers 1960. Dans les collèges, ils sont passés de moins de 100 000 à plus d’un million. L’enseignement se laïcise de plus en plus par la force des choses, le clergé n’ayant point les ressources pour établir des infrastructures pour tout ce monde. Il s’ensuit une perte de contrôle et de cohésion du pouvoir religieux. L’urbanisation et le déracinement rural, phénomènes intenses tout au long de la période, entraînent, entre autres, une progression de l’indifférence religieuse. Plusieurs ont espéré avec le concile Vatican II des innovations importantes au sein de l’Église, mais la lenteur de leur application amena de nombreuses déceptions et une certaine baisse de considération. On ne peut là non plus directement attribuer à la Révolution tranquille le déclin du pouvoir de l’Église au Québec. Les causes s’en trouvent dans la lente évolution de la société et des mentalités, qu’on retrouve à l’échelle occidentale, où partout les églises chrétiennes se révèlent inadaptées aux réalités de sociétés postindustrielles.

Au sein même du clergé une évolution se fait dans les rapports avec le politique, en particulier lors de la Grève de l’amiante où l’épiscopat prend parti pour les grévistes. Les évêques ne laisseront pas «s’accréditer la légende que l’Église cède à l’ascendant du capital jusqu’à sacrifier les travailleurs».15 Mgr Charbonneau fut un des ardents défenseurs des travailleurs durant ce conflit. L’évolution se fait également sentir avec la publication de Le chrétien et les élections des Abbés Dion et O’Neill qui contestent la manière dont se déroule les élections de 1956 : la publicité mensongère, la manière dont la religion est utilisée et le trafic des votes. Le Clergé «agit comme groupe de pression pour amener le gouvernement à créer les infrastructures rendues nécessaires par l’industrialisation».16


Père Georges-Henri Lévesque
 
Sur le plan de l’éducation, avec l’augmentation de la population étudiante, nombreuses sont les nouvelles écoles et facultés qui se créent. À Sherbrooke, une université est ouverte en 1954 ; on établit également une école forestière, une école vétérinaire, l’Institut d’histoire et de géographie, en 1946 à l’Université Laval et en 1947 à l’Université de Montréal.

«Sous la direction du Père Lévesque, la faculté de sciences sociales [de l’Université Laval] est devenue un foyer où germent les idées libérales. On y forme des gens à l’esprit large qui deviendront l’élite de demain. Ces étudiants pourront obtenir les postes stratégiques dans la presse, à la télévision et dans la politique.
Occupant une place insigne dans ce mouvement de renaissance intellectuelle, le Dominicain devient pour Duplessis un adversaire redoutable. Désirant continuer à jouir des délices du pouvoir, le chef de l’Union nationale ne peut que s’acharner à réduire, sinon à anéantir, l’influence de cette tumulte».17

Duplessis lui-même, accessoirement il est vrai, participe au mouvement. Il faut ici souligner l’importance du programme d’électrification rurale qui permettra seul au Québec entier de participer aux progrès ultérieurs, de même que le développement de la Côte-Nord qui complète la structuration de l’espace québécois en propulsant le «Nouveau Québec» dans la modernité. Du point de vue économique, c’est tout de même sa gestion économe du budget qui a permis toutes les nouvelles infrastructures et nouvelles réformes qui suivront. «Duplessis c’était un homme admirable dans son temps, mais ce temps là est fini».18

CONCLUSION

Au terme de ce rapide survol, toute conclusion serait prématurée. Certaines questions sont toutefois résolument posées. La Révolution tranquille invente-t-elle la modernité québécoise ou ne fait-elle que l’exprimer par des voies plus officielles? La Révolution tranquille n’est-elle en fin de compte qu’une rupture de nature strictement politique qui n’a fait qu’encader et institutionnaliser des tendances déjà présentes dans la société ? Même si nous sommes tentés de répondre oui à ces deux questions, il appartiendra probablement à ma génération d’y apporter des réponses définitives. Le recul nécessaire à l’historien nous semble désormais atteint. Les historiens de l’an 2000 pourront mieux se pencher sur ce fait important, certes, mais qu’on pourra désormais analyser, dépouillé de ses slogans sulfureux et finalement inventés par le parti libéral du Québec lors d’une simple joute électorale.

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  1. Raymond Paradis, Nous avons connu Duplessis, p. 116.

  2. Paul-André Linteau, René Durocher et Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain, Tome II, Montréal, Boréal compact, 1989, 834 pages.

  3. Gilles Bourque, Jules Duchastel et Jacques Beauchemin, La Société libérale duplessiste, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1994.

  4. Ronald Rudin, « La quête d’une société normale : critique de la réinterprétation de l’histoire du Québec » in Bulletin d’histoire politique, volume 3, numéro 2, 1995, pp. 9 à 42.

  5. Jocelyn Létourneau, « La Révolution tranquille, catégorie identitaire du Québec contemporain » tiré de Alain G. Gagnon, Michel Sarra-Bournet, Duplessis : entre Grande noirceur et société libérale, Montréal Éditions Québec-Amérique, 1997, pp. 95 à 118.

  6. Jocelyn Létourneau, op. cit., pp. 95-96.

  7. Idib., p. 116.

  8. Cité par Gilles Bourque et al., op. cit., p. 215.

  9. Ibid., p. 99.

  10. Jean-Pierre Desbiens, Les insolences du Frère Untel, p. 85.

  11. Jean Hamelin et Jean Provencher, Brève histoire du Québec, p. 112.

  12. Jean Provencher, Chronologie du Québec 1534-1995, p. 254.

  13. Paul-André Linteau et al., op. cit., p. 285.

  14. Nive Voisine, Histoire de l’Église catholique au Québec, p. 78.

  15. Bernard Saint-Aubin, Duplessis et son époque, p. 225.

  16. Jean-Paul Desbiens, op. cit., p. 87.

  17. Bernard Saint-Aubin, op. cit., p. 227.

  18. Denys Arcand, Duplessis, p. 432.

BIBLIOGRAPHIE

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BOURQUE, Gilles, DUCHASTEL, Jules, BEAUCHEMIN, Jacques, La Société libérale Duplessiste, Montréal, Les presses de l’Université de Montréal, 1994.

DESBIENS, Jean-Paul, Les insolences du Frère Untel, Montréal, Les éditions de l’Homme,1960,154 pages.

FOURNIER, Alain, Les insolences du Frère Untel, un Best-seller de la Révolution tranquille, Québec, Éditions Nuit Blanche, 1988, 160 pages.

GAGNON, Alain G., SARRA-BOURNET, Michel, Duplessis : entre la Grande noirceur et la société libérale, Montréal, Éditions Québec-Amérique, collection « Débats », 1997, 397 pages.

HAMELIN, Jean, PROVENCHER, Jean, Brève histoire du Québec, Montréal, Boréal Express, 1990, 134 pages.

LINTEAU, Paul-André, DUROCHER, René, ROBERT, Jean-Claude, RICARD, François, Histoire du Québec contemporain, Le Québec depuis 1930, Tome II, Montréal, Boréal compact, 1989, 834 pages.

PARADIS, Raymond, Nous avons connu Duplessis, Montréal, Éditions Marie-France, 1977,

PROVENCHER, Jean, Chronologie du Québec 1534-1995, Montréal, Éditions du Boréal, 1997, 365 pages.

RUDIN, Ronald, «La quête d’une société normale : critique de la réinterprétation de l’histoire du Québec» in Bulletin d’histoire politique, vol.3, numéro 2, 1995, pp.9 à 42.

SAINT-AUBIN, Bernard, Duplessis et son époque, Montréal, Éditions La Presse, 1979, 278 pages.

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