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ILS ONT TIRÉ LEUR RÉVÉRENCE POUR L'ÉTERNITÉ ET LE GRAND MYSTÈRE

La disparition de deux piliers

Membre du conseil de la Fédération des sociétés d'histoire du Québec de 1968 à 1976 et 5e président de 1969 à 1971, le Dr Conrad Godin est décédé à Trois-Rivières le 9 octobre 1998 à l'âge de 94 ans. Historien «dans l'âme», les journaux dirent de lui, à son décès, qu'il était «le plus grand ambassadeur de la cité de Laviolette».

Quelques jours plus tard à peine, le 21 octobre, c'était l'abbé Georges-Étienne Proulx, président de la Société d'histoire régionale de Lévis qui nous quittait à son tour, à l'âge de 76 ans. Membre fondateur de cette société, il en était le président depuis 1981.

La meilleure façon de leur rendre hommage et d'honorer leur mémoire, c'est de donner la parole à ceux qui les ont bien connus et qui ont pu ainsi apprécier leur dévouement et mesurer la dimension de leur oeuvre.

L'incomparable Conrad Godin

 
Ce sont les termes employés par son confrère l'abbé Jean Panneton à l'endroit de celui qui est devenu membre de la Société d'histoire régionale des Trois-Rivières en 1934 et qui en fut le président de 1966 à 1986. «Conrad Godin, dans toutes les circonstances, fut tourné vers les autres. La générosité et l'esprit de service étaient devenus pour lui tout naturels. Conrad ne jugeait pas, écrit Jean Panneton, ne voulait pas donner de leçon à qui que ce soit, pourtant, à son insu, par son exemple bien vivant, il nous donnait parfois mauvaise conscience. Il nous a aidés à ne pas désespérer de la condition humaine». C'était un homme d'une grande noblesse de coeur.

Notre ami et collègue René Beaudoin rappelle pour sa part, dans le Nouvelliste également, que Conrad Godin a consacré une grande partie de sa vie à faire connaître et à faire aimer sa ville et à promouvoir la protection et la mise en valeur du patrimoine trifluvien.

L'abbé Proulx: un bon maître

 
Nous avions l'habitude de rencontrer M. Georges-Étienne Proulx lors des congrès annuels de la Fédération. D'aussi furtives rencontres ne nous ont pas permis de bien connaître ce grand éducateur mais à tout le moins elles ont été suffisantes pour apprécier quelques-unes de ses qualités. On sentait chez lui une grande force de caractère teintée à la fois de discrétion et de ténacité. Sa compagnie était réconfortante.

Nous lui disons merci pour ce qu'il a été et pour ce qu'il a fait. Longtemps nous nous souviendrons de cet homme droit et sincère dont nous parle Michel Lessard: «L'abbé Proulx était bien conscient de l'importance de la mémoire dans notre collectivité. Avant de toucher l'universel, il faut d'abord être bien ancré dans une patrie, un pays et une société.
Il connaissait aussi les vertus de l'histoire locale qui permet au citoyen de mieux comprendre les différentes réalités de son milieu, saisir une provenance, établir des cohésions stimulantes pour avancer ensemble avec sûreté. Enfin, Georges-Étienne Proulx aimait instruire, communiquer ses connaissances, enrichir ses concitoyens, ce qui fit toute sa vie, jusqu'à la fin».

Si la mort prive Trois-Rivières d'un de ses grands ambassadeurs, il faut bien reconnaître d'autre part que Lévis se ressentira de la disparition de ce «bon maître» dont on peut dire qu'il fut aussi un porteur de lumière.

Gilles Boileau

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