La grande histoire d'un
petit fruit
PAR JEANNINE
OUELLET
Qu'il
s'agisse de cette plante à fleurs bleues très commune dans les blés,
de la famille des composées, à laquelle on donne aussi l'appellation
de barbeau ou de bluet ou de ces petits fruits comestibles de même couleur
ou de la plante qui les produit, voilà trois éléments pour lesquels
on a inventé le mot bleuet. Retraçons la grande histoire de cette petite
baie bleue du Canada, le bleuet, qui en France a son cousin, la myrtille
ou l'airelle.
En saison estivale, les autochtones consommaient les quelques vingt-quatre
espèces de bleuets, rouges, bleus ou noirs, ou les séchaient ou bien
les conservaient dans l'eau ou l'huile pour les manger hors saison.
Ils variaient l'emploi de ces baies riches en vitamines et en minéraux
qui jouèrent un rôle nutritif vital dans leur régime traditionnel. Nos
ancêtres européens apprécièrent aussi les baies sauvages et confectionnèrent
desserts, conserves, jus et vins. Encore aujourd'hui, nous aimons consommer
de diverses façons ces minuscules fruits des plus savoureux.

Photo : Gilles
Boileau |
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De
nombreuses bleuetières existent au Canada, ces terrains où abonde
ce fruit à l'état sauvage ou en culture. Les bleuetiers se sont
même regroupés en association. On a aussi créé des usines de conditionnement
du bleuet auxquelles on a attribué le nom de bleueteries. Vous
avez sûrement rencontré, un jour, quelques chaleureux «Bleuets»
nés au Lac-Saint-Jean. Il existe même une association universitaire
de Bleuets.
Qui n'a pas entendu parler des tartes aux bleuets du Lac-Saint-Jean
qui ne contenaient qu'un seul de ces fruits auquel on attribuait
des proportions gigantesques? C'était à en faire rêver les cueilleurs
des autres régions jusqu'au jour où ceux-ci découvraient enfin...
la vérité. Alors, les rêveries s'estompaient faisant place à cette
triste réalité. Cependant, tous pardonnent volontiers à ces extravagants
«Bleuets» qui s'attribuent eux-mêmes cette caractéristique.
Même l'écrivain français Louis Hémon doit sa renommée mondiale
à la rédaction de ce roman dans lequel il n'a pas hésité à faire
battre les coeurs de Maria Chapdelaine et de son prince charmant
François Paradis près d'une talle de bleuets.
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