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UNE
DES PREMIÈRES QU'ON RENCONTRE VERS LE LEVANT
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La mission Sainte-Croix
de Tadoussac
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On
peut prendre connaissance, dans l'article consacré aux Montagnais
de Mashteuiatsh, des circonstances «providentielles»
qui ont entouré la découverte du lac Saint-Jean par le P. Jean
de Quen en juillet 1647. Nous avons droit, dans ce récit, à une
très brève description du Piekouagami. De même, grâce aussi aux
Relations des Jésuites, nous pouvons imaginer le paysage de Tadoussac
au milieu du XVIIe
siècle. Quelques commentaires succincts laissent voir l'importance
et le rôle de ce «port de mer».
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1642.«Pour
faire porter de bons fruits à cette nouvelle vigne, il faudrait dresser
une Maison à Tadoussac, où deux Pères de notre Compagnie descendraient
au printemps, et n'en sortiraient qu'à l'automne: ils feraient autant
de bien aux Français qui sont là tout l'été, qu'aux Sauvages; ils rallieraient
quelques petites nations qui sont éparses çà et là dans les terres,
qui ne demandent pas mieux que d'être instruites. Cette Maison ne nuirait
pas au dessein des Messieurs de la Nouvelle-France, pour plusieurs raisons
(...) les Sauvages de Tadoussac, ceux du Sagné, les Bersiamites, les
Papinachois prient avec instance qu'on la fasse bâtir, assurant que
les peuples plus éloignés y aborderaient de tous côtés pour y être instruits,
et par même moyen, pour jouir du commerce des Français».
1646. «Ce que nous appelons Tadoussac est nommé des Sauvages Sadilege,
c'est un lieu plein de rochers et si hauts qu'on dirait que les Géants
qui voulurent autrefois combattre les Cieux, auraient jeté en cet endroit
les fondements de leur escalade. Le grand fleuve Saint-Laurent fait
quasi dans ces rochers une baie ou une anse qui sert de port et d'assurance
aux navires qui voguent en ces contrées: nous appelons cette baie Tadoussac.
La nature l'a rendue fort commode pour l'ancrage des vaisseaux; elle
l'a bâtie en rond et mise à l'abri de tous les vents».
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1652.
«Nous avons déjà remarqué dans les Relations précédentes
que Tadoussac n'est autre chose qu'une anse, ou comme un grand
bassin d'eau qui sert de port aux navires français. La nature
lui a donné une assez belle entrée, et l'a abrité contre les vents,
de hauts rochers et des terres fort relevées qui l'environnent.
Ce port est au-dessous de Kébec, éloigné d'environ quarante lieues.
Il est voisin d'un beau fleuve, appelé par les Français le Sagné,
qui se décharge en cet endroit dans la grande rivière du Saint-Laurent,
dont la largeur est bien de dix ou douze lieues devant ce port».
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Vue du Tadoussac
d'aujourd'hui
(photo : Gilles
Boileau)
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1668.
«Nous traversons plus de six cent lieues de terre pour passer
de la mission des Outaouais à celle de Tadoussac. Celle-là est la plus
reculée de nous vers le soleil couchant, et celle-ci est une des
premières qu'on rencontre vers le Levant, en montant le fleuve du
Saint-Laurent».
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