L'incroyable odyssée du pont de l'Anse-Saint-Jean
Mille dollars à la dérive
La
première réaction de ce dernier était de libérer
le plus rapidement possible le lit de la rivière de cet encombrant
débris. Les solutions envisagées allaient de l'incendie
volontaire au remorquage de la structure dans le Saguenay. La municipalité
et les habitants de l'Anse-Saint-Jean ne l'entendaient pas de cette
façon. Leur intention était de récupérer
ce pont et de le remettre sur ses assises ou, à tout le moins,
de le conserver à un autre endroit.
Le 8 avril, M. Gilles Lambert, secrétaire de la municipalité de l'Anse-Saint-Jean, nous confirmait les décisions suivantes: le pont couvert sera ramené à son emplacement original. Les premières évaluations concluent que cette structure est encore utilisable malgré sa ballade imprévue. En second lieu, la municipalité a présenté au ministère des Affaires culturelles un projet évalué à plus de $ 25 000 en vue de mettre en valeur le pont couvert du village et surtout d'obtenir son classement en tant que bien culturel. L'échéancier qui a été établi en vue de replacer le pont sur ses assises est le suivant: - fin avril, arrimage du pont en vue des hautes marées à venir; - en juin, le pont sera remorqué ou déménagé près de ses piliers et réparé; - réouverture fin septembre - début octobre. Les coûts de cette opération sont estimés à $ 100 000.
Saint-Jean et qui sont aujourd'hui concentrées dans le delta
de la rivière. La présence de ces dépôts
successifs a eu comme résultat de hausser le fond de la rivière
de telle sorte que les glaces ne peuvent plus s'écouler librement
vers le Saguenay. D'énormes blocs de glace s'empilent à
cet endroit sur une distance de plus en plus grande chaque année.
Ce printemps le phénomène s'est produit jusqu'en amont
du pont couvert et lorsque cette glace a cédé, elle a
emporté le pont ainsi que plusieurs arbres. Aucune autre construction
ne se trouvait sur le parcours de ce déluge de glace. Diverses
solutions existent pour corriger ce phénomène annuel.
Le creusage du lit de la rivière serait la solution idéale
mais il est fort peu probable qu'elle soit autorisée par le ministère
de l'Environnement. Le ministère des Transports a mentionné
l'hypothèse de surélever le pont ce à quoi s'oppose
la municipalité. En dernier recours, il reste la possibilité
de construire un brise-glace suffisamment efficace pour contrer la poussée
des glaces et capable de protéger la structure. Il est fort probable
que cette solution sera retenue ou une combinaison des trois proposées.
L'attachement de la population de l'Anse-Saint-Jean envers son pont couvert nous a permis d'espérer que cette structure serait épargnée dans la mesure où elle serait encore utilisable après une telle mésaventure. A moins d'une autre catastrophe naturelle qui réduirait à néant ces espoirs, c'est ce qui se produira sous peu. Il sera de nouveau possible de franchir le pont couvert de l'Anse-Saint-Jean. Il y a une leçon à tirer de cette histoire. Toutes structures autres que celles en bois auraient fort probablement été inutilisables après un tel dérangement. |