La rivière des Mille IslesC'est par cette voie d'eau, d'une longueur d'environ quarante kilomètres, qu'une partie des eaux du lac des Deux-Montagnes atteignent le Saint-Laurent. Il en fut d'abord question en 1674 dans les Relations des Jésuites... « nous avons visité le bout d'en hault [de l'île Jésus], d'où descendant par la rivière Jésus l'on ne trouve que mauvais pays tout inondé des mil isles ». La seigneurie des Mille-Isles fut d'abord concédée à Michel-Sidrac du Gué, sieur de Boisbriand, le 21 septembre 1683. En 1712, Gédéon de Catalogne, dans son Mémoire sur les plans des seigneuries, précise que cette seigneurie est située au nord-ouest de l'île Jésus et que son nom lui vient « de la grande quantité presque innombrable d'îles qui la sépare de l'isle Jésus, la plupart de ses Isles sont couvertes de sapinage fort touffues […]». C'est Nicolas Gaspard Boucault qui le premier accole le générique Rivière au spécifique Mille Isles. Il identifie ainsi le cours d'eau qui passe entre l'île Jésus et la terre ferme du côté nord. Cette rivière a aussi été connue comme la Rivière Saint-Jean, la Rivière Jésus, la Rivière La Chesnaye et la Rivière de Repentigny. Les Relations des Jésuites de 1637 parlaient de cette rivière comme de la Rivière Saint-Jean, en souvenir du sieur Jean Nicolet, commis au magasin des Trois-Rivières qui eut souvent l'occasion d'emprunter ce couloir fluvial.En 1815, dans sa Description topographique du Bas-Canada, Joseph Bouchette parle de la Rivière Saint-Jean ou Jésus (du nom de l'île du même nom). Louis Franquet, inspecteur général des fortifications, dans ses Voyages et Mémoires sur le Canada (1752), écrit... « qu'on nomme rivière de Repentigny celle qui passe entre la grande terre du Nord et l'isle Jésus ». Un plan préparé par H.B. Parry vers 1837 parle tout simplement de Branch of the River Ottawa. Les Abénaquis, pour leur part, voyaient dans cette rivière la Rivière au Râteau. Les plus vieux citoyens de Saint-Eustache en parlent comme de la Grande Rivière, pour la distinguer de la rivière du Chêne, beaucoup plus petite, qui coule au coeur de l'ancien village. G.B.
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