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C'est toujours le temps des moulinsPAR GILLES
BOILEAU
Qu’ils soient à vent ou à eau, les moulins ont bien souvent été, avec les églises, les premières constructions «d’utilité publique» édifiées en Nouvelle – France. Bien sûr, la plupart des églises sont toujours là. Quant aux moulins, ils restent plus de vestiges que de meules tournantes. D’où l’impérieuse nécessité de conserver précieusement ceux qui sont encore debout, qu’ils aient conservé leur vocation première ou pas, qu’ils soient «vrais» moulins ou d’émouvants lieux de rencontre ou de culture. La publication du présent numéro d’histoire Québec consacré exclusivement aux moulins du Québec s’imposait. Elle découle des objectifs et même de la raison d’être de la Fédération des sociétés d’histoire du Québec. Parce qu’ils sont parmi les premiers – et parmi les derniers – témoin de la vie de ceux qui ont bâti ce pays et qui nous ont permis de devenir ce que nous sommes, nous avions le devoir de les faire connaître et de raconter le mieux possibles leur belle et si riche histoire. Nécessaires au début de la vie socio-économique de la colonie naissante, on peut les considérer comme les premiers facteurs de développement de plusieurs région du Québec. Quelle région ou quel village n’a pas eu son moulin? Quand ils n’étaient pas des moulins à farine, ce furent des moulins à scie. Les deux étaient indispensables. Dans leur sagesse, les rois de France et leurs intendants l’avaient bien compris en obligeant les seigneurs à construire ces moulins qui donnaient si bonne farine… Avec les moulins, il y eut les églises, les magasins généraux et aussi les boutiques de forge, entres autres, qui devinrent d’incontournables lieux de rencontres, d’échanges et de chaleureuse amitié où chacun pouvait se ressourcer. Les moulins qui demeurent debout dans l’espace québécois sont non seulement des témoins qui racontent notre histoire mais aussi des points de repère et de rassemblement. En raison de leur valeur patrimoniale ou architecturale, ils constituent souvent le points de départ d’entreprises de revitalisation de vieux quartiers ou même de quelques villages et de municipalités.
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