Le musée des Hospitalières de l'Hotel-Dieu de MontréalPAR JEAN TRUDEL,
PROFESSEUR À L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL En 1992, les Hospitalières de Saint-Joseph célèbraient le 350e anniversaire de la fondation de l'Hôtel-Dieu par Jeanne Mance et celui de Montréal en ouvrant au public un musée qui retrace en parallèle, depuis les origines jusqu'à nos jours, l'histoire et l'évolution de la communauté des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph et de l'Hôtel-Dieu de Montréal avec, pour toile de fond, l'histoire de la ville de Montréal. Ce musée à échelle humaine, et qui répond aux normes les plus modernes de la muséographie, offre aux visiteurs plusieurs niveaux de lecture de l'histoire à partir des documents d'archives, des objets et des oeuvres d'art conservés précieusement par les Hospitalières. Montréal au tournant du siècle y est représenté à plusieurs titres. L'exposition temporaire qu'on y présente actuellement, Apothicairesses et Pharmaciennes à l'Hôtel-Dieu, évoque, par exemple, le passage d'une formation de compagnonnage et de tradition orale à une formation académique par le rôle de Soeur Jeanne Phaneuf (1898-1959), première soeur pharmacienne de l'Hôtel-Dieu diplômée de l'Université de Montréal et reconnue par l'Association pharmaceutique de la Province de Québec fondée en 1870. Dans la section de la présentation permanente consacrée à la médecine et aux médecins à l'Hôtel-Dieu, il est possible de voir un tableau intitulé Le Dr Hingston et la salle d’opération peint en 1905 par Joseph-Charles Franchère (1866-1921) que le sulpicien Léon-Alfred Sentenne, curé de Notre-Dame de Montréal de 1882-1894, avait envoyé étudier la peinture à Paris avec quatre autres jeunes peintres en échange de leur participation au décor peint de la chapelle du Sacré-Cœur de Notre-Dame malheureusement disparu dans un incendie en 1978.
Il
fut le premier dans le monde à pratiquer, en 1863, l’ablation
du rein atteint d’une tumeur et joua un rôle très actif
au sein de la profession médicale en fondant plusieurs associations.
Le Dr Hingston devint aussi un personnage important de l'histoire sociale de l'époque. Maire de Montréal de 1875 à 1877, il poursuivit, pour contrer le taux le chômage élevé, la politique d'aménagement du parc du Mont Royal amorcée par son prédécesseur, Aldis Bernard, et confiée de 1873 à 1881 au plus éminent architecte paysagiste de l'époque, l'américain Frederick Law Olmsted. Mais il profita surtout de son passage à la mairie pour améliorer les conditions de vie de ses concitoyens on faisant voter, en 1876, une loi établissant une nouvelle politique sanitaire municipale et en lançant une vigoureuse campagne pour la vaccination, une mesure qui était loin de faire l'unanimité à cette époque et qui avait même provoqué des émeutes. Tant par la qualité des objets et des documents qu'il conserve, de même que par la qualité de leur présentation et de l'accueil qui est fait aux visiteurs, une visite au Musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal est un rendez-vous avec l'Histoire qu'il ne faut pas manquer.
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