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LA BRITISH AMERICAN BANK NOTE

La fabrication des timbres-poste canadiens et des billets de banque à Montréal de 1871 à 1889

NORMAND CARON, SOCIÉTÉ D'HISTOIRE POSTALE DU QUÉBEC

À l'automne 1866, soit un an avant la promulgation de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique qui devait réunir les provinces canadiennes en un seul pays, les graveurs et imprimeurs montréalais George Bull Burland et George Lafricain de Burland-Lafricain and Co. décidaient de solliciter le nouveau gouvernement dans le but de s'approprier les contrats d'impression des timbres-poste, timbres fiscaux et billets de banque de la nouvelle confédération.

Au même moment, à Ottawa, une autre compagnie se formait avec les mêmes intentions. Le leader de ce groupe était William Cumming Smillie, un Écossais qui avait passé sa jeunesse à Québec avant de s'établir aux États-Unis. La famille Smillie était une grande famille de graveurs et certaines de leurs oeuvres sont encore conservées dans les musées du Québec.

Dans le groupe de Smillie, on retrouvait aussi Alfred Jones et Henry Earle : deux prestigieux graveurs. Ils établirent leur compagnie a Ottawa, sur la rue Wellington et installèrent là la machinerie qui leur permettrait de réaliser les contrats qu'ils semblaient certains d'obtenir du nouveau gouvernement canadien.

De plus, les banques indépendantes représentaient une clientèle intéressante pour une nouvelle compagnie canadienne. Avant la Confédération ce sont en effet des compagnies étrangères (américaines habituellement) qui fournissaient leurs servires aux gouvernements des provinces du Canada et aux banques privées pour la réalisation du matériel à valeur fïduciaire. Ainsi le premier timbre des provinces canadiennes, le «Petit Castor» avait été imprimé à New York en 1851 par la compagnie Rawdon, Wright, Hatch & Edson.

William Cumming Smillie (1813-1908)

William Smillie est né à Édimbourg, en Écosse, le 23 septembre 1813 et est mort à Poughkeepsie N. Y. le 2 juillet 1908

En 1836 il débute, aux États-Unis, à la Draper; Toppan, Longacre & Co. Il y restera 12 ans avant de devenir à son tour, en 1848, associé à la compagnie à qui s'était joint depuis, Samuel Carpenter. Il restera donc à l'emploi ou en association avec Toppan de 1836 à 1857. En 1856, il laisse la Toppan, Carpenter & Co. pour s'associer à Edmunds & Jones qui devient alors la Edmunds, Jones & Smillie. Il y travaillera 5 ans avant que la compagnie soit absorbée par l'American Bank Note Co. en 1863. Il forme alors l'idée de fonder une nouvelle compagnie, la British American Bank Note. On retrouve la mention de la résidence de William SmiIlie (Bank Note printer), dans le Lovell, à différentes adresses de Montréal entre les années 1862-63 et 1868-1869.

En 1882, on le retrouve à la vice-précidence de la Canada Bank Note Engraving and Printing Co., compagnie rivale de la BABN, située au 526 Craig, à Montréal, Georges E. Desbarats est le président et G.H. Dreshel, le secrétaire-Trésorier.

En 1889, Smillie retournera à la BABN.

Alfred Jones (1819-1900)

Alfred Jones est né à Liverpool, Angleterre, le 7 avril 1819 et est mort accidentellement, renversé par un taxi, à New York le 18 avri11900.

Jones arriva très jeune aux États-Unis. En 1834 il était apprenti à la Rawdon, Wright, Hatch & Edson, d'abord à Albany, puis, plus tard, à New York.

À partir de 1841, Jones commença à graver pour son propre compte. En 1846 et en 1847, il se rend en Angleterre pour se perfectionner dans son art. Fort du contact avec les plus grands maîtres anglais, il revient à New York où il est reconnu en 1850 comme un des plus brillants graveurs. Il excelle particulièrement dans la gravure des billets de banque.

En 1842 il travaille chez Sherman & Smith. De 1843 à 1858, il grave pour son propre compte à son atelier du 34 Liberty Street, à New York. En 1857, avec Charles Edmonds et W. C. Smillie, il fonde l'éphémère Edmonds, Jones & Smillie. En 1866, il devient président de l'United States Bank Note Co. de New York avant de devenir de 1868 à 1870, vice-président de la British American Bank Note Co.

Plus tard, il travaillera de nouveau à son compte principalement pour l'American Bank Note Co.

Henry Earle (1827-1914)

Henry Earle est né à Philadelphie le 1er mars 1827 et est mort le 12 octobre 1914.

Il commence à graver chez Toppan, Carpenter & Co. à Philadelphie en 1840 et y restera jusqu'en 1861. On retrouve son nom dans l'annuaire de la Toppan, Carpenter; Casilear & Co.,76 Walnut Street de 1853 à 1858 et ensuite à l'American Bank Note Co. au Trinity Bldg, New York. Après le mariage de sa sœur avec William C. Smillie, graveur lui-aussi à la Toppan, Carpenter & Co., il fonde avec celui-ci la British American Bank Note Co., lorsque le gouvernement canadien exige que les contrats qu'elle offre soient réalisés au Canada. Il devient secrétaire et trésorier de la BABN en 1867.

Son cahier d'épreuves contient pas moins de 81 vignettes réalisées pour des billets de banque de la BABN, 41 pour la Banque du Canada (1870 à 1879) et plusieurs autres billets allemands et grecs, 49 vignettes fiscales canadiennes, 38 timbres-poste des émissions entre 1868 et 1872, 2 cartes postales au même dessin, un sceau officiel et un essai de 4 1/2p pour l'Île-du-Prince-Edward rouge foncé et 3 cartes de visite de la BABN.

Le contrat

Les offres de Burland-Lafricain and Co. s'appuyaient surtout sur le fait qu'ils était les seuls dépositaires patentés de l'encre Matthew's Patent Green Tint, une encre qui l'époque s'annonçait comme une arme des plus efficaces contre tout faussaire qui voudrait s'attaquer à la falsification des valeurs fiduciaires du nouveau pays. Burland-Lafricain and Co. de Montréal offrait aussi de réaliser le travail pour 18 3/4¢ par 1000 timbres. La compagnie garantissait 25 000 impressions avant retouches, et 15000 après retouches tel qu'exigé par le gouvernement.

Le groupe de Smillie doutait de l'efficacité de l'encre Matthew's Patent Green Tint et faisait plutôt miroiter à ses clients éventuels la longue expérience de son personnel. Ils offraient de réaliser le travail pour 20¢ par 1000 timbres, garantissait eux aussi 25000 impressions avant retouches, et 15 000 après retouches.

Cette situation s'avérait bien embarrassante pour les Pères de la Confédération, notamment pour Étienne Taché et Alexander T. Galt qui avaient encouragé dans ses aspirations le groupe de Smillie.

Pour trancher la question, Georges Étienne Cartier, qui allait devenir l'année suivante le premier ministre de la Milice et de la Défense du Canada, proposa aux deux groupes de se fondre en un seul, pour ainsi ne présenter qu'une seule proposition au nouveau gouvernement garantissant ainsi hors de tout doute le succès de leur demande.

Le 7 août 1866, les deux groupes se résignèrent donc à devenir une seule et même compagnie, la British American Bank Note et récoltait ainsi un contrat de gravure et d'impression de timbres et de papier-monnaie du gouvernement canadien pour 10 ans.

Parmi les clauses de ce premier contrat, il était stipulé que les travaux commandés par le gouvernement canadien devaient être exécutés au Canada, à Montréal ou à Ottawa, à la discrétion du gouvernement. C'est ainsi que lors du renouvellement du contrat, le 22 octobre 1886, on renouvela à la condition que la compagnie déménage sa production à Ottawa, diminuant ainsi les coûts (15¢ le 1000 timbres) liés à l'acheminement du travail de Montréal à Ottawa.

Pour leur part, la BABN garantissait pouvoir répondre à toutes les attentes et aspirations du gouvernement. Il assurait celui-ci de l’utilisation des couleurs sous brevets de Burland, Lafricain & Co.

Le premier conseil d'administration de la BABN fut alors formé de William Cumming Smillie, président, d'Alfred Jones, vice-président et secrétaire, d'Henry Earle Sr, trésorier, puis un peu plus tard secrétaire- trésorier. Le gérant général était George B. Burland. La compagnie possédait alors deux bureaux, un à Ottawa et l'autre à Montréal. L’impression des billets de banque et des timbres pour le gouvernement était alors réalisée à Ottawa. Avec un capital de 100000$, la British American Bank Note reçut donc les commandes tant attendues du gouvernement et débuta ses opérations. Ces premiers contrats consistèrent en billets de banque pour les provinces du Canada ainsi que pour The Bank of Toronto (devenue plus tard La Banque Toronto-Dominion après son association avec la Dominion Bank), La Banque du Peuple (fermée en 1895) et la Québec Bank qui allait être absorbée plus tard par la Royal Bank of Canada en 1917.
  Publicité de la British American Bank Note publiée Le 10 janvier 1880, à la page 31 du Canadian Illustrated News.

Toutefois, suite aux compromis consentis par les deux groupes, la charte originale de la British American Bank Note stipulait que la compagnie établissait ses lieux d'opération à Montréal (Bas-Canada) et son siège social à Ottawa (Haut-Canada). Le travail de production fut donc progressivement transféré à Montréal à partir de 1871 et en 1874 toute la production émanait de la Métropole, et ceci jusqu'en 1889.

La période faste de la compagnie fut donc la période 1866-1897, années où sa production fut réalisée d'abord en partie, puis totalement, à partir de Montréal.

Toutefois, ce mariage plus ou moins «forcé» allait engendrer des difficultés pour l'avenir... En 1881, après bien des confrontations avec; Burland, Smillie démissionnait pour fonder quelques années plus tard avec George Desbarats (lui aussi «écarté» par Burland), une nouvelle compagnie concurrente, la Canada Bank Note qui, en 1891 décrochait les précieux contrats du gouvernement. Burland, devenu président depuis la démission de Smillie, réagit aussitôt et acheta la Canada Bank Note pour ainsi continuer à imprimer les timbres canadiens et les billets do banque jusqu'au 22 avril 1897. À partir du 1er mai 1897, c'est l'American Bank Note Company qui lui succède. En 1897 1a compagnie perd donc les contrats du gouvernement canadien qu'elle ne récupérera que quelques années durant les années 30. D'autre part, les banques privées ferment ou sont absorbées les unes après les autres.

Comme nous l'avons mentionné plus haut, lors du renouvellement du contrat avec Ottawa, fin 86, une des closes obligeait la compagnie à retourner à Ottawa, rue Wellington, pour y réaliser à moindre coût, le travail commandé par Ottawa. Ce qui fut fait en 1889.

George Bull Burland demeura à la tête de l'entreprise jusqu'à sa mort en 1907, date à laquelle lui succéda son fils Jeffrey H. Burland. Son règne fut cependant do courte durée puisqu'il mourut en Angleterre dès les débuts du Premier Conflit mondial alors qu'il occupait le poste de Commissaire canadien pour la Croix-Rouge. Lui succéda le neveu de George Bull Burland, George H. Burland puis son fils G. Harold Burland qui occupait encore les fonctions de vice-président et contrôleur de la BABN en 1956.

Les timbres monétaires de la BABN

C’est vers la fin de l’année 1867 que la British American Bank Note Co. commença à produire des timbres pour le compte du tout nouveau Dominion of Canada.

Les premières émissions qu’elle réalisa furent les figures de la reine Victoria que l’on connaît aujourd’hui sous les noms de «Grandes Reine» et «Petite Reine» et qui vinrent respectivement le jour le 1er avril 1868 (1/2 cent à 15 cent) et en 1870. Le design original des «Grosses Reines» (1868) fut transformé en un format plus petit pour l série des Petites Reines».

Plusieurs auteurs, dont notamment W. Boggs dans son Postage Stamps and Postal History of Canada, affirment douter que J'émission des «Grandes Reines» ait pu être imprimée à Montréal. Nous partageons ce doute puisque le bureau de la BABN ne sera listé au Lovell qu'en 1870 tandis que le premier billet de banque portant la mention «British American Bank Note - Montréal» ne sera émis qu'en 1873. Boggs va même jusqu'à douter qu'aucun timbre n’ait été produit à Montréal avant 1875 ! D'autre part le gouvernement ainsi que la BABN assurent qu'aucun timbre n'a été imprimé à Ottawa avant 1888! Qui croire? Y aurait-il eu des petites cachotteries faites au gouvernement suite à l’obligation de la BABN d'imprimer ses timbres à Montréal jusqu'en 1887. Et que penser de la mention Montréal & Ottawa ornant les marges des feuilles de timbres?

Une grande feuille d'épreuves présentant plusieurs timbres canadiens a été réalisée en 1869. On pouvait voir sur cette feuille les 1/2¢, 1¢, 2¢, 3¢, 5¢, 6¢, 12/2¢, 15¢ («Grande Reine»), le 1¢ (petite Reine) ; les timbres fiscaux de 1¢, 2¢, 3¢, 4¢, 5¢, 6¢, 7¢, 8¢, 9¢, 10¢, 20¢, 30¢, 50¢, $1, $2,et $3, ainsi que les inscription «speciments engraved by British American Bank Note Comp., OTTAWA, CANADA» et «Montreal & Ottawa», en signature au bas. On peut donc supposer que cette feuille a été imprimée à Ottawa. Une feuille publicitaire a été imprimée en 1878 et elle comporte cette fois la mention «British Americain Bank Note, Montréal», signifiant bien cette fois que la compagnie a bel et bien établi ses opérations dans cette ville.

L’émission qui nous intéresse plus particulièrement est celle des «Petites Reines» qui fut en très grande majorité imprimée à Montréal.

Le portrait de la jeune reine Victoria (alors que la souveraine avait tout de même 51 ans à l'émission des timbres!) fut gravé par Alfred Jones d'après une gravure du célèbre graveur anglais Charles Henry Jeens (1827-1879). Le lettrage quant à lui fut réalisé par Henry Earje Sr. On attribue l'ornementation à William C. Smillie. Le portrait qu'a réalisé Jones a aussi servi d'en-tête sur la première lettre publicitaire de la nouvelle compagnie.
 

Timbre de l'émission
«Petites Reines»

Les «Petite Reines»

La série des «Petites Reines» est imprimée sur papier vélin et comporte différentes dentelures. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec les termes philatéliques, la dentelure 12 par exemple, signifie qu’il y a 12 dents pour chaque deux centimètres sur la bordure du timbre.

La série comporte les valeurs, couleurs et dentelures suivantes :

1/2¢ noir (1870), dent. 12 (tarif des imprimés) ;
jaune (1872), dent. 12 ;
orage, dent. 11 1/2 x 12 ;
jaune (1870), dent. 12 ;
orange rouge foncée (1871), dent. 12 ;
orange foncé, dent. 11 1/2 x 12 ;
vert (1870), dent. 12 ;
vert bleu, dent. 12 ;
rouge mat (1872), dent. 12 ;
rose (1871) dent. 12 ;
rouge orangé (1873) dent. 12 ;
vert ardoise (1876), dent. 12 ;
brun jaune, dent. 12 ;
10¢ rose lilas (1877 ?), dent. 12 ;
10¢ magenta (1880 ?), dent. 12 ;

timbres de livraison spéciale ;

timbres pour lettres recommandées (ces timbres ne comportent pas le même motif que la série courante mais ont été imprimés à la même époque;

entiers postaux (lettres avec timbres imprimés;

cartes postales: (1876), avec timbre imprimés.

Lorsqu'on veut tenter d'identifier les «Petites Reines» quant à leur origine (Montréal ou Ottawa) on se heurte à deux problèmes majeurs. D'abord, aucune des planches n'a reçu de numéro de commande, ni de date, ce qui complique particulièrement la tâche. D'autre part, -mais est-ce là un défaut?- on retrouve tout de même très peu de variétés de planche concernant cette émission, ce qui contribue encore plus à compliquer la classification des nombreuses impressions.

On peut tenter d'expliquer ceci en partie par le fait que les plaques avaient une durée de vie très courte. En effet, comme il est mentionné dans le contrat passé entre le Gouvernement canadien et la British American Bank Note Co., le 8 février 1868, 25 000 impressions doivent être réalisées avec une plaque avant retouches et 15000 impressions supplémentaires doivent être fournies après retouches. Ce qui est tout de même assez peu pour l'époque. On doit souligner que la qualité des artisans qui ont travaillé sur la production des plaques est assez exceptionnelle. Tous étaient des graveurs éminemment connus et représentaient la crème des graveurs de l'époque. Lors du renouvellement du contrat le 27 juin 1887, on porta même les nombres à 30000 avant retouches et 25 000 impressions supplémentaires après retouches.

La première émission portant la mention «British American Bank Note Co. Montreal» dans la marge de la feuille sera donc le 10¢, en 1874. Nous endossons l'opinion émise par Boggs qui soutient l'inutilité de la mention «Ottawa et Montreal» si les timbres n'étaient imprimés qu'à Montréal auparavant alors que ceux qui furent effectivement imprimés qu'à Montréal ne sont accompagnés que de la mention «Montréal». C'est pourtant le même auteur qui laisser sous-entendre dans un autre chapitre de son encyclopédie de l'histoire postale canadienne, qu'aucun timbre n'avaient été imprimé à Montréal avant 1875!


Le 10 cents «Petite Reines», la première émission de timbres canadiens imprimée à Montréal par la BABN en 1874. À noter la mention «Montréal» dans le signature de l'imprimeur, sans la marge.

D'après l'étude de quelques archives de la BABN comptabilisant les vignettes émises jusqu'en 1886, Boggs donne un nombre probable de plaques utilisées.

Janvier 1870-74 (Ottawa)
1 ¢ 1 plaque Montréal & Ottawa (200 timbres) - 1870
2 ¢ 1 plaque Montréal & Ottawa (200 timbres) - 1872
3 ¢ 2 plaques Montréal & Ottawa (200 timbres) - 1870
6 ¢ 1 plaque Montréal & Ottawa (200 timbres) - 1872
   
1874-1887
1/2 ¢ 1 plaque Montréal (200 timbres) - 1882
1 ¢ 13 plaques Montréal (200 timbres)
2 ¢ 1 plaque Montréal (200 timbres)
3 ¢ 23 plaques Montréal (200 timbres)
5 ¢ 1 plaque Montréal (200 timbres) - 1876
6 ¢ 1 plaque Montréal (200 timbres)
10 ¢ 1 plaque Montréal (100 timbres) - 1874
Sceau officiel
1 plaque Montréal (50 timbres)
   
5 ¢ 1 plaque sans inscription (probablement la plaque Ottawa à laquelle on ajoutera cette inscription en 1889
   
1888-97 (Ottawa)
1 ¢ 4 plaques Ottawa (1892) (200 timbres)
2 ¢ 1 plaque (grosse inscription Ottawa) (1889) (200 timbres)
2 ¢ 1 plaque Ottawa (petite inscription Ottawa) (1892) (200 timbres)
3 ¢ 8 plaques Ottawa (1892) timbres (200 timbres)
5 ¢ 1 plaque Ottawa (grosse inscription Ottawa) 200 timbres
8 ¢ 2 plaques sans inscriptions (200 timbres) - 1893
20 ¢ 1 plaque Ottawa (100 timbres) - 1893
50 ¢ 1 plaque Ottawa (100 timbres) -1893

 

On notera aussi les timbres pour envois recommandés (1¢, 5¢ et 8¢) émis entre 1875 et 1893.

On avance le chiffre d’environ 200 000 impressions par la plaque pour les 1¢, 2¢ et 3¢.
 
Le chiffre demandé par le contrat (25000 avant retouches et 15 000 après retouches) représente une quantité très conservatrice et donne toute latitude à l’imprimeur pour compenser les bris et augmenter les profits. On allait même jusqu’à retoucher une plaque plus qu’une fois.

Par comparaison, aux États-Unis il était fréquent de tirer jusqu’à 400 000 impressions d’une plaque. En Angleterre, Perkins & Bacon réussirent à tirer jusqu’à 1 000 000 d’impressions d’une plaque.

Il ne semble pas qu’il y ait eu des retouches avant 1875. Boggs avance, d’après ses observations sur des milliers de timbres, les dates de 1875, 1887 et 1895. Il semblerait même que de plaques «Montréal» aient été utilisées à Ottawa après le déménagement de la production dans cette ville et après l’introduction des nouvelles plaques Ottawa de 1¢, 2¢, 3¢, et 5¢. C’est dire comment il est difficile d’identifier positivement un timbre comme appartenant à telle ou telle émission. De plus, comme plusieurs plaques ont été utilisées en même temps, les spécialistes qui croyaient résoudre la question selon les types de papier utilisés rencontrent depuis toujours de sérieux problèmes pour l’identification formelle de la provenance de ces timbres.

Si on est porté à s’étonner des quantités de timbres nécessaires à l’époque, on doit savoir qu’en 1887, on traitait à Montréal par jour en moyenne 45 790 lettres locales ; 2 618 items recommandés et 52 625 autres lettres pour un total de 101 041 items. À cela s’ajoutent 32 636 journaux. 65 facteurs faisaient la livraison. On manipulait donc chaque semaine environ 500 sacs de courrier vers ou de Montréal. De plus deux caisses de colis arrivaient d'Europe par les lignes Canadian, Inman, Cunard & General Transatlanlic Mail Service.

La BABN à Montréal

Nous n'avons trouvé aucune trace officielle du lieu où ont été imprimés les timbres et billets de banque produits par la BABN à Montréal. Toutefois nombre d'indices nous portent à croire que les travaux ont été effectués par la (ou les) compagnies dirigées par George Burland. En effet l'information fournie par le Lovell Directory n'indique que des adresses de bureaux pour la BABN et ne comporte aucune mention de l'emplacement de l'imprimerie qui n'y est jamais mentionnée.

La première adresse mentionnée dans le Lovell est un bureau au 117 St-François -Xavier en 1869. Étrangement ce bureau était voisin des bureaux de la Burland, Lafricain & Co., située au 115 St-François-Xavier de 1864-(1865) à (1874)-1875, En 1875-1876, c'est la compagnie Burland-Desbarats qui occupe les locaux du 115 St- François-Xavier. En 1870 et 1871 on donne même la même adresse que la Burland, Lafricain & Co, pour la BABN. Cet édifice est aujourd'hui démoli (St-François-Xavier, entre St-Jacques et Notre-Dame, site actuel de la Banque Nationale du Canada) mais des photos d'époque nous la présentent comme un édifice d'une superficie suffisante pour y opérer une imprimerie d'importance.

En 1872, le Lovell situe la BABN dans le Saving Bank Building (Banque d'Épargne), 46 St- Jacques (coin St-Jean), La BABN occupera des bureaux à cet endroit jusqu'en 1887-1888.

En 1874, alors que toutes les opérations de la BABN sont concentrées à Montréal, Burland fait débuter la construction d'un nouvel édifice sur Bleury. Cet édifice abritera les journaux qu'il a rachetés de Georges Desbarats lors de sa faillite en février 1875, ainsi que des bureaux, locaux, etc... pour ses compagnies ou pour location. On annonce dans L'Opinion Publique du 27 mai 1875 que ce journal «sera désormais imprimé et publié par la Compagnie de Lithographie Burland-Desbarats (à responsabilité limitée), à ses bureaux, nos 311 à 319, St-Antoine, Montréal».

On peut lire à cet effet dans L'Opinion Publique, le 1er juillet 1875

«Nouvel établissement de la Compagnie Burland-Desbarats, construit par M. G. H. Burland, rue Bleury, Montréal. Au nombre des édifices dont notre ville s'embellit chaque année, l'on comptera bientôt, aux premiers jours de l'automne prochain, le nouvel établissement de la Compagnie Burland-Desbarats, situé à l'angle des rues Bleury et Craig.

«Les vastes locaux qu’exigent et les divers ateliers, les bureaux, l’emplacement de l’outillage, des machines, nécessaire à l’impression des trois journaux illustrés : L’Opinion Publique, The Canadian Patent Office Record and Mechanic’s Magazine, The Canadian Illustrated News ; les ateliers de photographie, de gravures, de lithographie, ces exigences matérielles jointes à l’énorme augmentation des affaires de la nouvelle compagnie Burland-Desbarats, ont induit M.G.B. Burland, à construire dans un quartier central, un édifice capable de renfermer en un même endroit, les ateliers de trois établissements.

«Inutile d'ajouter que pour se livrer à des dépenses aussi sérieuses, il faut avoir dans le succès de la Compagnie, une confiance, reposant sur d'autres bases celles de l'espérance.
 


Le nouvel édifice Burland-Desbarats, coin Bleury et Craig (St-Antoine). L'Opinion Publique, 1er juillet 1875 et le site tel qu'il apparaît aujourd'hui. Photo N. Caron.

«L’édifice dont notre gravure donne de la façade, comprendra cinq étages, d'une hauteur de71 pieds, mesurés du sol à la corniche principale. Le premier étage sera divisé en quatre parties; trois d'entre elles déjà louées pour des magasins de détail, la quatrième, restant destinée aux bureaux d la compagnie.

«Les quatre autres étages seront réservés aux ateliers de la compagnie.

«Sur le toit s’élèvera un atelier de photographie, construit exclusivement de fer et de verre, et dans lequel la lumière arrivera directement du ciel, sans réverbération ou l’ombre que projettent d’ordinaires les murs des maisons voisines.

«La nature vaseuse du sol a nécessité des précautions spéciales. Ainsi plus de 300 poteaux de cèdre ont été enfoncés à sept pieds de profondeur ; l’on a placé sur ces pilotis un plancher solide en cèdre, dont les interstices ont été comblés avec la pierre concassée et du ciment. C’est sur ce lit solide et étanche que reposent les fondations faites de blocs de ciment de cinq à six pieds de long et de quinze à dix-huit pouces d'épaisseur la machine à vapeur fonctionnera dans un local séparé.

«Les différents entrepreneurs des travaux sont : pour la maçonnerie, M.M. D. Dufort ; pour les ouvrages en brique, A. Wand; pour les travaux de charpente, J Lockwell ; pour la plâtrage, WJ. Cook; pour la peinture et le vitrage. (NDLR : laissé en blanc dans le texte), pour les toitures, James et fils; pour les ouvrages en fer, W Clendinneng.

«Le coût de l'édifice est estimé à $30,000. Les architectes sont M.M. Hutchison et Steelie, et le conducteur des travaux, M. Kennedy.

«Si les divers travaux marchent d'un pas égal à ceux de la maçonnerie, nul doute qu'au commencement de l'automne, le public ne puisse être admis à visiter l'établissement

«La première assemblée annuelle de la compagnie de Lithographie Burland-Desbarats a eu lieu dans ses bureaux, no. 319, rue St-Antoine (NDLR bureau occupé une année seulement et autre fois bureau de l’Opinion publique), mercredi, le 3 courant, à trois heures de l’après-midi. Le président, G.B. Burland ecr., présenta un rapport des affaires de cette institution pour l’année finissant au 1er octobre passé. Les profits permettent d’accorder aux actionnaires un dividende de 10 par cent, sans parler d’une balance considérable qui a été mise en réserve. Les directeurs élus MM G.B. Burland, Geo E, Desbarats, Geo Lfricain, Chs Garth, W.D. Mc Laren, G. Ross, M.D. et L. Bond. À une réunion subséquente de ces nouveaux directeurs. G.B. Burland fut réélu président et gérant-général ; M. Geo. Desbarats, vice-président et M. John Hugh Ross, secrétaire-trésorier, la compagnie espère transporter ses bureaux et ses ateliers à sa magnifique bâtisse sur la rue Bleury vers le milieu de décembre prochain

(L'Opinion public, 18 novembre 1875)

Le nouvel édifice sera inauguré le 18 mai 1876 aux 3 à 11 Bleury (coin Bleury et Saint-Antoine) et il y a tout lieu de croire que c'est à cet endroit que seront désormais imprimés les contrats de la BABN à Montréal.

Une petite annonce publiée dans L'Opinion Publique de 16 mars 1876 nous permet d'ailleurs de situer précisément le nouvel édifice aujourd'hui disparu (ou transformé) et occupé par le commerce Bureau au Gros.

«À louer. Deux bureaux au premier étage de la bâtisse faisant l’angle des rues Bleury et Craig. Aussi un étage entier de la même bâtisse, convenable pour des bureaux ou une manufacture. S’adresser à G.B. Burland, 115, rue St-François-Xavier»

Le 10 janvier 1880, à la page 31 du Canadian Illustrated News, paraît une publicité de la BABN, sans adresse (!!) tout juste à côté de la publicité de Burland lithoqraphic Co. 5 @ 7 Bleury, ce qui nous laisse présager que c'est encore la compagnie de Burland qui se chargeait des travaux d'impression pour la BABN. L’annonce se présente comme suit:

«La COMPAGNIE DE LITHOGRAPHIE
BURLAND-DESBARATS

Ayant réuni dans ses Nouveaux Ateliers toutes les Machines et les Matériaux des Établissements ci-devant appartenant à BURLAND, LAFRICAIN & CIE, et à G.E. DESBARATS, est prête à exécuter AVEC EXPEDITION, DANS LE MEILLEUR GOUT ET AUX PLUS BAS PRIX.

Toute espèce de commande de GRAVURE, soit en creux, soit en relief; IMPRESSIONS, soit unies, soit en couleurs et or; LITHOGRAPHIE, TYPOGRAPHIE, ELECTROTYPIE, STEREOTYPIE, etc. etc.

L'attention des INGENIEURS, ARCHITECTES etc., est surtout appelée à notre procédé de PHOTOLITHOGRAPHIE: par lequel nous reproduisons à n'importe quelle échelle, et très fidèlement, des CARTES GEOGRAPHIQUES, PLANS, DESSINS A LAPLUME, etc. etc., en peu de temps et à un prix minime. Les GRAVURES. LIVRES, etc., reproduits même grandeur ou réduit à volonté.

Ce procédé est très économique pour les CATALOGUES ILLUSTRES des Manufacturiers et Commerçants. Envoyez vos commandes pour toute sorte d'IMPRESSION, BLANCS DE COMPTE, CARTES D'AFFAIRES, CARTES DE VISITES, etc. à La Compagnie de Lithographie Burland-Desbarats 5 et 7 RUE BLEURY, MONTREAL

Les Ordres reçus des autres Villes, ou de la Campagne, recevront notre attention immédiate».

En 1882, on verra même dans L’Opinion Publique, un article relatant le pique-nique annuel et conjoint de la Burland Co. et de la BABN.

«UNE FÊTE DE FAMILLE - Samedi dernier; à Cushing Grove, près de Montréal, a eu lieu le deuxième pique-nique annuel des employés de la British American Bank Note et de la Cie Burland. Cette fête, favorisée par un temps magnifique, a été un véritable succès. Les organisateurs méritent beaucoup d'éloges. Les chefs des deux établissements, M. Burland en tête, ont pris une part active aux amusements de la journée. Des prix de grande valeur ont été remportés dans les jeux et courses qui ont eu lieu à Cushing Grove.

Le Dagmar; vapeur choisi pour transporter les excursionnistes, est revenu le soir avec tous les gens de la fête, qui se sont donné rendez-vous pour l'année prochaine.

Tous ceux qui ont pris part à cette fête du travail s’en rappelleront longtemps. Le comité de l'excursion désire remercier les dames et les messieurs dont les noms suivent, pour les magnifiques cadeaux qu’ils ont gracieusement offerts à cette occasion.

Madame G.B. Burland et madame Gillelan MM. J. H Burland
G. lafricain
C. Garth etc... etc...
»

(L’opinion publique 7 septembre 1882)

De 1872 à 1887, le Lovell mentionne que les bureaux de la BABN sont au Saving Bank Building (édifice de La Banque d'Épargne, coin St-Jacques et St-Jean) à deux pas des bureaux de la Cie Burland. En 1888-89 il situe la BABN au 204 St-Jacques (coin St-Pierre) dans le Mechanic Building aujourd'hui siège de la Banque Royale), puis au 204 St-Jacques l'année suivante. Il est aisé de croire que la BABN ne s'amusait certainement pas à déménager son atelier d'année en année et que seuls les bureaux changeaient de place.

En 1890, toute la production étant déménagée à Ottawa, on ne retrouve plus trace de la BABN au Lovell. Toutefois, le Huttemeyer's Business Directory donnera encore une adresse pour la BABN jusque dans son édition de 1894-95: celui de l'édifice de la Burland Co., coin Bleury et St-Antoine (à l'époque Craig). L’épopée de la British American Bank Note Company à Montréal est bien terminé.
 
Le Saving Bank Builing (Édifice de la Banque d'Épargne), coin St-Jacques et St-Jean. On a ajouté à la construction originale, deux parties, une sur la façade et l'autre à l'arrière. Photo Normand Caron (1996).

Billets de banque

Il y avait 37 banques privées au Canada lors de la Confédération. Lors des 62 années suivantes, 37 nouvelles banques furent créées, 29 firent faillite et 35 banques fermèrent ou furent absorbées par la concurrence. En 1935, il n'en restait que 10. Ces banques émettaient touts leurs propres billets de banque jusqu'à la constitution de la Banque du Canada qui désormais se chargerait de l'émission des billets de banques canadiens. La BABN au cours des années a conçu et réalisé des billets de banque pour pas moins de 67 différentes banques canadiennes et pour d'autre pays en plus d'imprimer des actions de bourse et différentes formes de valeurs fiduciaires.
La plupart des billets gravés étaient imprimés en deux couleurs (habituellement le vert «Matthew's Patent Green Tint» et le noir) mais certaines banques y ajoutèrent des couleurs qui font de ces billets de véritables oeuvres d'art. Les billets de La Banque d'Hochelaga (jaune, bleu, orange et rouge) en sont un exemple.   Billet de banque de la Banque d'Hochelaga imprimé par la BABN à Montréal.

C'est en 1873 que les ateliers, montréalais de la BABN produisirent leur premier billet de banque. Au cours de ses années d'opérations, la BABN a réalisé à Montréal des billets de banque pour plusieurs institutions financières indépendantes.
On peut assurer, de la même manière que pour les timbres, que les billets portant la signature «BRITISH AMERICAN NOTE OF CANADA, imprimés à Montréal. Pour ce qui est de ceux portant la mention «MONTREAL OTTAWA» ce n'est toutefois pas une certitude comme nous avons pu le constater au chapitre des timbres plus haut.
 
Certificat de valeurs imprimé à Montréal par la British American Bank Note. (Archives nationales).

Voici la liste des banques qui, à un moment ou l'autre, ont fait imprimer leurs billets par la BABN à Montréal:

- THE BANK OF ACADIA,
- THE BRITISH CANADIAN BANK (Montréal ou Ottawa),
- THE BANK OF BRITISH NORTH AMERICA,
- THE BANK OF OTTAWA,
- THE CANADIAN BANK OF COMMERCE,
- CENTRAL BANK OF CANADA,
- THE CITY BANK
- COMMERCIAL BANK OF NEW FOUNLAND
- THE COMMERCIAL BANK OF WINDSOR,
- THE CONSOLIDATED BANK OF, MONTREAL,
- THE DOMINION BANK
- THE EASTERN TOWNSHIPS BANK
- THE EXCHANGE BANK OF CANADA
- THE FARMER BANK OF RUSTICO
- THE FEDERAL BANK OF CANADA
- THE HALIFAX BANKING COMPAGNY
- THE BANK OF HAMILTON
- BANQUE D’HOCHELAGA
- THE IMPERIAL BANK OF CANADA
- LA BANQUE JACQUES CARTIER
- THE BANK OF LIVERPOOL
- THE BANK OF LONDON IN CANADA,
- THE MARITIME BANK OF THE DOMINION OF CANADA
- THE MECHANICS BANK,
- THE MERCHANTS BANK OF CANADA
- THE MERCHANTS BANK OF PRINCE
- EDWARD ISLAND
- THE METROPOLITAN BANK
- THE MOLSONS BANK,
- THE BANK OF MONTREAL
- LA BANQUE NATIONALE,
- THE NIAGARA DISTRICT BANK,
- THE NORTHERN BANK,
- THE BANK OF NOVA SCOTIA
- THE ONTARIO BANK,
- THE BANK OF OTTAWA
- LA BANQUE DU PEUPLE,
- THE PEOPLE'S BANK OF HALIFAX,
- THE PEOPLE'S BANK OF NEW BRUNSWICK,
- THE PICTOU BANK
- THE BANK OF PRINCE EDWARD ISLAND
- THE PROVINCIAL BANK (probable),
- LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA
- THE QUEBEC BANK,
- THE ROYAL CANADIAN BANK
- LA BANQUE DE ST. HYACINTHE,
- LA BANQUE DE ST. JEAN,
- BANQUE ST. JEAN BAPTISTE,
- THE ST. LAWRENCE BANK,
- THE ST.STEPHEN'S BANK (N.-B.),
- THE STADACONA RANK,
- THE STANDARD BANK OF CANADA,
- THE SUMMERSIDE BANK OF PRINCE EDWARD ISLAND,
- THE TRADERS BANK OF CANADA,
- THE UNION BANK OF CANADA,
- THE UNION BANK OF HALIFAX,
- THE UNION BANK OF LOWER CANADA,
- THE: UNION BANK OF PRINCE EDWARD ISLAND,
- LA BANQUE VILLE MARIE,
- THE WESTERN BANK OF CANADA,
- THE BANK OF YARMOUTH

Bibliographie:

Lovell Directory (éditions de 1862 à 1895) sur microfiches,

Winthrop S. Boggs, The postage Stamps and Postal History of Canada, Quaterman Publications inc, 1974 - réédition),

L’Opinion Publique (hebdomadaire),

Le Canadian Illustrated (hebdomadaire),

Ninety Years of security Printing (British American Bank Note Company Limited), British American Bank Note Company Limited, 1956, Papers in Reference to Bank Note Contract, Ottawa, 1897, printer to the Queen’s most Excelent Majesty,

Huttemeyer’s business Directory (de 1892 à 1895) sur microfiches,

Guy Pinard, Lontréal, son histoire, son architecture, tome 3, Éditions La Presse Ltée, 1989, The Charlton Standard Catalogue of Canadian Bank Note, 2nd edition, The Charlton Press, 1989.

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