La fabrication des timbres-poste canadiens et des billets de banque à Montréal de 1871 à 1889NORMAND CARON, SOCIÉTÉ D'HISTOIRE POSTALE DU QUÉBEC À l'automne 1866, soit un an avant la promulgation de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique qui devait réunir les provinces canadiennes en un seul pays, les graveurs et imprimeurs montréalais George Bull Burland et George Lafricain de Burland-Lafricain and Co. décidaient de solliciter le nouveau gouvernement dans le but de s'approprier les contrats d'impression des timbres-poste, timbres fiscaux et billets de banque de la nouvelle confédération. Au même moment, à Ottawa, une autre compagnie se formait avec les mêmes intentions. Le leader de ce groupe était William Cumming Smillie, un Écossais qui avait passé sa jeunesse à Québec avant de s'établir aux États-Unis. La famille Smillie était une grande famille de graveurs et certaines de leurs oeuvres sont encore conservées dans les musées du Québec. Dans le groupe de Smillie, on retrouvait aussi Alfred Jones et Henry Earle : deux prestigieux graveurs. Ils établirent leur compagnie a Ottawa, sur la rue Wellington et installèrent là la machinerie qui leur permettrait de réaliser les contrats qu'ils semblaient certains d'obtenir du nouveau gouvernement canadien. De plus, les banques indépendantes représentaient une clientèle intéressante pour une nouvelle compagnie canadienne. Avant la Confédération ce sont en effet des compagnies étrangères (américaines habituellement) qui fournissaient leurs servires aux gouvernements des provinces du Canada et aux banques privées pour la réalisation du matériel à valeur fïduciaire. Ainsi le premier timbre des provinces canadiennes, le «Petit Castor» avait été imprimé à New York en 1851 par la compagnie Rawdon, Wright, Hatch & Edson. William Cumming Smillie (1813-1908)William Smillie est né à Édimbourg, en Écosse, le 23 septembre 1813 et est mort à Poughkeepsie N. Y. le 2 juillet 1908 En 1836 il débute, aux États-Unis, à la Draper; Toppan, Longacre & Co. Il y restera 12 ans avant de devenir à son tour, en 1848, associé à la compagnie à qui s'était joint depuis, Samuel Carpenter. Il restera donc à l'emploi ou en association avec Toppan de 1836 à 1857. En 1856, il laisse la Toppan, Carpenter & Co. pour s'associer à Edmunds & Jones qui devient alors la Edmunds, Jones & Smillie. Il y travaillera 5 ans avant que la compagnie soit absorbée par l'American Bank Note Co. en 1863. Il forme alors l'idée de fonder une nouvelle compagnie, la British American Bank Note. On retrouve la mention de la résidence de William SmiIlie (Bank Note printer), dans le Lovell, à différentes adresses de Montréal entre les années 1862-63 et 1868-1869. En 1882, on le retrouve à la vice-précidence de la Canada Bank Note Engraving and Printing Co., compagnie rivale de la BABN, située au 526 Craig, à Montréal, Georges E. Desbarats est le président et G.H. Dreshel, le secrétaire-Trésorier. En 1889, Smillie retournera à la BABN. Alfred Jones (1819-1900)Alfred Jones est né à Liverpool, Angleterre, le 7 avril 1819 et est mort accidentellement, renversé par un taxi, à New York le 18 avri11900. Jones arriva très jeune aux États-Unis. En 1834 il était apprenti à la Rawdon, Wright, Hatch & Edson, d'abord à Albany, puis, plus tard, à New York. À partir de 1841, Jones commença à graver pour son propre compte. En 1846 et en 1847, il se rend en Angleterre pour se perfectionner dans son art. Fort du contact avec les plus grands maîtres anglais, il revient à New York où il est reconnu en 1850 comme un des plus brillants graveurs. Il excelle particulièrement dans la gravure des billets de banque. En 1842 il travaille chez Sherman & Smith. De 1843 à 1858, il grave pour son propre compte à son atelier du 34 Liberty Street, à New York. En 1857, avec Charles Edmonds et W. C. Smillie, il fonde l'éphémère Edmonds, Jones & Smillie. En 1866, il devient président de l'United States Bank Note Co. de New York avant de devenir de 1868 à 1870, vice-président de la British American Bank Note Co. Plus tard, il travaillera de nouveau à son compte principalement pour l'American Bank Note Co. Henry Earle (1827-1914)Henry Earle est né à Philadelphie le 1er mars 1827 et est mort le 12 octobre 1914. Il commence à graver chez Toppan, Carpenter & Co. à Philadelphie en 1840 et y restera jusqu'en 1861. On retrouve son nom dans l'annuaire de la Toppan, Carpenter; Casilear & Co.,76 Walnut Street de 1853 à 1858 et ensuite à l'American Bank Note Co. au Trinity Bldg, New York. Après le mariage de sa sur avec William C. Smillie, graveur lui-aussi à la Toppan, Carpenter & Co., il fonde avec celui-ci la British American Bank Note Co., lorsque le gouvernement canadien exige que les contrats qu'elle offre soient réalisés au Canada. Il devient secrétaire et trésorier de la BABN en 1867. Son cahier d'épreuves contient pas moins de 81 vignettes réalisées pour des billets de banque de la BABN, 41 pour la Banque du Canada (1870 à 1879) et plusieurs autres billets allemands et grecs, 49 vignettes fiscales canadiennes, 38 timbres-poste des émissions entre 1868 et 1872, 2 cartes postales au même dessin, un sceau officiel et un essai de 4 1/2p pour l'Île-du-Prince-Edward rouge foncé et 3 cartes de visite de la BABN. Le contratLes offres de Burland-Lafricain and Co. s'appuyaient surtout sur le fait qu'ils était les seuls dépositaires patentés de l'encre Matthew's Patent Green Tint, une encre qui l'époque s'annonçait comme une arme des plus efficaces contre tout faussaire qui voudrait s'attaquer à la falsification des valeurs fiduciaires du nouveau pays. Burland-Lafricain and Co. de Montréal offrait aussi de réaliser le travail pour 18 3/4¢ par 1000 timbres. La compagnie garantissait 25 000 impressions avant retouches, et 15000 après retouches tel qu'exigé par le gouvernement. Le groupe de Smillie doutait de l'efficacité de l'encre Matthew's Patent Green Tint et faisait plutôt miroiter à ses clients éventuels la longue expérience de son personnel. Ils offraient de réaliser le travail pour 20¢ par 1000 timbres, garantissait eux aussi 25000 impressions avant retouches, et 15 000 après retouches. Cette situation s'avérait bien embarrassante pour les Pères de la Confédération, notamment pour Étienne Taché et Alexander T. Galt qui avaient encouragé dans ses aspirations le groupe de Smillie. Pour trancher la question, Georges Étienne Cartier, qui allait devenir l'année suivante le premier ministre de la Milice et de la Défense du Canada, proposa aux deux groupes de se fondre en un seul, pour ainsi ne présenter qu'une seule proposition au nouveau gouvernement garantissant ainsi hors de tout doute le succès de leur demande. Le 7 août 1866, les deux groupes se résignèrent donc à devenir une seule et même compagnie, la British American Bank Note et récoltait ainsi un contrat de gravure et d'impression de timbres et de papier-monnaie du gouvernement canadien pour 10 ans. Parmi les clauses de ce premier contrat, il était stipulé que les travaux commandés par le gouvernement canadien devaient être exécutés au Canada, à Montréal ou à Ottawa, à la discrétion du gouvernement. C'est ainsi que lors du renouvellement du contrat, le 22 octobre 1886, on renouvela à la condition que la compagnie déménage sa production à Ottawa, diminuant ainsi les coûts (15¢ le 1000 timbres) liés à l'acheminement du travail de Montréal à Ottawa. Pour leur part, la BABN garantissait pouvoir répondre à toutes les attentes et aspirations du gouvernement. Il assurait celui-ci de lutilisation des couleurs sous brevets de Burland, Lafricain & Co.
Toutefois, suite aux compromis consentis par les deux groupes, la charte originale de la British American Bank Note stipulait que la compagnie établissait ses lieux d'opération à Montréal (Bas-Canada) et son siège social à Ottawa (Haut-Canada). Le travail de production fut donc progressivement transféré à Montréal à partir de 1871 et en 1874 toute la production émanait de la Métropole, et ceci jusqu'en 1889. La période faste de la compagnie fut donc la période 1866-1897, années où sa production fut réalisée d'abord en partie, puis totalement, à partir de Montréal. Toutefois, ce mariage plus ou moins «forcé» allait engendrer des difficultés pour l'avenir... En 1881, après bien des confrontations avec; Burland, Smillie démissionnait pour fonder quelques années plus tard avec George Desbarats (lui aussi «écarté» par Burland), une nouvelle compagnie concurrente, la Canada Bank Note qui, en 1891 décrochait les précieux contrats du gouvernement. Burland, devenu président depuis la démission de Smillie, réagit aussitôt et acheta la Canada Bank Note pour ainsi continuer à imprimer les timbres canadiens et les billets do banque jusqu'au 22 avril 1897. À partir du 1er mai 1897, c'est l'American Bank Note Company qui lui succède. En 1897 1a compagnie perd donc les contrats du gouvernement canadien qu'elle ne récupérera que quelques années durant les années 30. D'autre part, les banques privées ferment ou sont absorbées les unes après les autres. Comme nous l'avons mentionné plus haut, lors du renouvellement du contrat avec Ottawa, fin 86, une des closes obligeait la compagnie à retourner à Ottawa, rue Wellington, pour y réaliser à moindre coût, le travail commandé par Ottawa. Ce qui fut fait en 1889. George Bull Burland demeura à la tête de l'entreprise jusqu'à sa mort en 1907, date à laquelle lui succéda son fils Jeffrey H. Burland. Son règne fut cependant do courte durée puisqu'il mourut en Angleterre dès les débuts du Premier Conflit mondial alors qu'il occupait le poste de Commissaire canadien pour la Croix-Rouge. Lui succéda le neveu de George Bull Burland, George H. Burland puis son fils G. Harold Burland qui occupait encore les fonctions de vice-président et contrôleur de la BABN en 1956. Les timbres monétaires de la BABNCest vers la fin de lannée 1867 que la British American Bank Note Co. commença à produire des timbres pour le compte du tout nouveau Dominion of Canada. Les premières émissions quelle réalisa furent les figures de la reine Victoria que lon connaît aujourdhui sous les noms de «Grandes Reine» et «Petite Reine» et qui vinrent respectivement le jour le 1er avril 1868 (1/2 cent à 15 cent) et en 1870. Le design original des «Grosses Reines» (1868) fut transformé en un format plus petit pour l série des Petites Reines». Plusieurs auteurs, dont notamment W. Boggs dans son Postage Stamps and Postal History of Canada, affirment douter que J'émission des «Grandes Reines» ait pu être imprimée à Montréal. Nous partageons ce doute puisque le bureau de la BABN ne sera listé au Lovell qu'en 1870 tandis que le premier billet de banque portant la mention «British American Bank Note - Montréal» ne sera émis qu'en 1873. Boggs va même jusqu'à douter qu'aucun timbre nait été produit à Montréal avant 1875 ! D'autre part le gouvernement ainsi que la BABN assurent qu'aucun timbre n'a été imprimé à Ottawa avant 1888! Qui croire? Y aurait-il eu des petites cachotteries faites au gouvernement suite à lobligation de la BABN d'imprimer ses timbres à Montréal jusqu'en 1887. Et que penser de la mention Montréal & Ottawa ornant les marges des feuilles de timbres? Une grande feuille d'épreuves présentant plusieurs timbres canadiens a été réalisée en 1869. On pouvait voir sur cette feuille les 1/2¢, 1¢, 2¢, 3¢, 5¢, 6¢, 12/2¢, 15¢ («Grande Reine»), le 1¢ (petite Reine) ; les timbres fiscaux de 1¢, 2¢, 3¢, 4¢, 5¢, 6¢, 7¢, 8¢, 9¢, 10¢, 20¢, 30¢, 50¢, $1, $2,et $3, ainsi que les inscription «speciments engraved by British American Bank Note Comp., OTTAWA, CANADA» et «Montreal & Ottawa», en signature au bas. On peut donc supposer que cette feuille a été imprimée à Ottawa. Une feuille publicitaire a été imprimée en 1878 et elle comporte cette fois la mention «British Americain Bank Note, Montréal», signifiant bien cette fois que la compagnie a bel et bien établi ses opérations dans cette ville.
Les «Petite Reines»La série des «Petites Reines» est imprimée sur papier vélin et comporte différentes dentelures. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec les termes philatéliques, la dentelure 12 par exemple, signifie quil y a 12 dents pour chaque deux centimètres sur la bordure du timbre. La série comporte les valeurs, couleurs et dentelures suivantes :
timbres de livraison spéciale ; timbres pour lettres recommandées (ces timbres ne comportent pas le même motif que la série courante mais ont été imprimés à la même époque; entiers postaux (lettres avec timbres imprimés; cartes postales: (1876), avec timbre imprimés. Lorsqu'on veut tenter d'identifier les «Petites Reines» quant à leur origine (Montréal ou Ottawa) on se heurte à deux problèmes majeurs. D'abord, aucune des planches n'a reçu de numéro de commande, ni de date, ce qui complique particulièrement la tâche. D'autre part, -mais est-ce là un défaut?- on retrouve tout de même très peu de variétés de planche concernant cette émission, ce qui contribue encore plus à compliquer la classification des nombreuses impressions. On peut tenter d'expliquer ceci en partie par le fait que les plaques avaient une durée de vie très courte. En effet, comme il est mentionné dans le contrat passé entre le Gouvernement canadien et la British American Bank Note Co., le 8 février 1868, 25 000 impressions doivent être réalisées avec une plaque avant retouches et 15000 impressions supplémentaires doivent être fournies après retouches. Ce qui est tout de même assez peu pour l'époque. On doit souligner que la qualité des artisans qui ont travaillé sur la production des plaques est assez exceptionnelle. Tous étaient des graveurs éminemment connus et représentaient la crème des graveurs de l'époque. Lors du renouvellement du contrat le 27 juin 1887, on porta même les nombres à 30000 avant retouches et 25 000 impressions supplémentaires après retouches. La première émission portant la mention «British American Bank Note Co. Montreal» dans la marge de la feuille sera donc le 10¢, en 1874. Nous endossons l'opinion émise par Boggs qui soutient l'inutilité de la mention «Ottawa et Montreal» si les timbres n'étaient imprimés qu'à Montréal auparavant alors que ceux qui furent effectivement imprimés qu'à Montréal ne sont accompagnés que de la mention «Montréal». C'est pourtant le même auteur qui laisser sous-entendre dans un autre chapitre de son encyclopédie de l'histoire postale canadienne, qu'aucun timbre n'avaient été imprimé à Montréal avant 1875!
D'après l'étude de quelques archives de la BABN comptabilisant les vignettes émises jusqu'en 1886, Boggs donne un nombre probable de plaques utilisées.
Le
chiffre demandé par le contrat (25000 avant retouches et 15 000
après retouches) représente une quantité très
conservatrice et donne toute latitude à limprimeur pour
compenser les bris et augmenter les profits. On allait même jusquà
retoucher une plaque plus quune fois.
Par comparaison, aux États-Unis il était fréquent de tirer jusquà 400 000 impressions dune plaque. En Angleterre, Perkins & Bacon réussirent à tirer jusquà 1 000 000 dimpressions dune plaque. Il ne semble pas quil y ait eu des retouches avant 1875. Boggs avance, daprès ses observations sur des milliers de timbres, les dates de 1875, 1887 et 1895. Il semblerait même que de plaques «Montréal» aient été utilisées à Ottawa après le déménagement de la production dans cette ville et après lintroduction des nouvelles plaques Ottawa de 1¢, 2¢, 3¢, et 5¢. Cest dire comment il est difficile didentifier positivement un timbre comme appartenant à telle ou telle émission. De plus, comme plusieurs plaques ont été utilisées en même temps, les spécialistes qui croyaient résoudre la question selon les types de papier utilisés rencontrent depuis toujours de sérieux problèmes pour lidentification formelle de la provenance de ces timbres. Si on est porté à sétonner des quantités de timbres nécessaires à lépoque, on doit savoir quen 1887, on traitait à Montréal par jour en moyenne 45 790 lettres locales ; 2 618 items recommandés et 52 625 autres lettres pour un total de 101 041 items. À cela sajoutent 32 636 journaux. 65 facteurs faisaient la livraison. On manipulait donc chaque semaine environ 500 sacs de courrier vers ou de Montréal. De plus deux caisses de colis arrivaient d'Europe par les lignes Canadian, Inman, Cunard & General Transatlanlic Mail Service. La BABN à MontréalNous n'avons trouvé aucune trace officielle du lieu où ont été imprimés les timbres et billets de banque produits par la BABN à Montréal. Toutefois nombre d'indices nous portent à croire que les travaux ont été effectués par la (ou les) compagnies dirigées par George Burland. En effet l'information fournie par le Lovell Directory n'indique que des adresses de bureaux pour la BABN et ne comporte aucune mention de l'emplacement de l'imprimerie qui n'y est jamais mentionnée. La première adresse mentionnée dans le Lovell est un bureau au 117 St-François -Xavier en 1869. Étrangement ce bureau était voisin des bureaux de la Burland, Lafricain & Co., située au 115 St-François-Xavier de 1864-(1865) à (1874)-1875, En 1875-1876, c'est la compagnie Burland-Desbarats qui occupe les locaux du 115 St- François-Xavier. En 1870 et 1871 on donne même la même adresse que la Burland, Lafricain & Co, pour la BABN. Cet édifice est aujourd'hui démoli (St-François-Xavier, entre St-Jacques et Notre-Dame, site actuel de la Banque Nationale du Canada) mais des photos d'époque nous la présentent comme un édifice d'une superficie suffisante pour y opérer une imprimerie d'importance. En 1872, le Lovell situe la BABN dans le Saving Bank Building (Banque d'Épargne), 46 St- Jacques (coin St-Jean), La BABN occupera des bureaux à cet endroit jusqu'en 1887-1888. En 1874, alors que toutes les opérations de la BABN sont concentrées à Montréal, Burland fait débuter la construction d'un nouvel édifice sur Bleury. Cet édifice abritera les journaux qu'il a rachetés de Georges Desbarats lors de sa faillite en février 1875, ainsi que des bureaux, locaux, etc... pour ses compagnies ou pour location. On annonce dans L'Opinion Publique du 27 mai 1875 que ce journal «sera désormais imprimé et publié par la Compagnie de Lithographie Burland-Desbarats (à responsabilité limitée), à ses bureaux, nos 311 à 319, St-Antoine, Montréal». On peut lire à cet effet dans L'Opinion Publique, le 1er juillet 1875
«Lédifice dont notre gravure donne de la façade, comprendra cinq étages, d'une hauteur de71 pieds, mesurés du sol à la corniche principale. Le premier étage sera divisé en quatre parties; trois d'entre elles déjà louées pour des magasins de détail, la quatrième, restant destinée aux bureaux d la compagnie. «Les quatre autres étages seront réservés aux ateliers de la compagnie. «Sur le toit sélèvera un atelier de photographie, construit exclusivement de fer et de verre, et dans lequel la lumière arrivera directement du ciel, sans réverbération ou lombre que projettent dordinaires les murs des maisons voisines. «La nature vaseuse du sol a nécessité des précautions spéciales. Ainsi plus de 300 poteaux de cèdre ont été enfoncés à sept pieds de profondeur ; lon a placé sur ces pilotis un plancher solide en cèdre, dont les interstices ont été comblés avec la pierre concassée et du ciment. Cest sur ce lit solide et étanche que reposent les fondations faites de blocs de ciment de cinq à six pieds de long et de quinze à dix-huit pouces d'épaisseur la machine à vapeur fonctionnera dans un local séparé. «Les différents entrepreneurs des travaux sont : pour la maçonnerie, M.M. D. Dufort ; pour les ouvrages en brique, A. Wand; pour les travaux de charpente, J Lockwell ; pour la plâtrage, WJ. Cook; pour la peinture et le vitrage. (NDLR : laissé en blanc dans le texte), pour les toitures, James et fils; pour les ouvrages en fer, W Clendinneng. «Le coût de l'édifice est estimé à $30,000. Les architectes sont M.M. Hutchison et Steelie, et le conducteur des travaux, M. Kennedy. «Si les divers travaux marchent d'un pas égal à ceux de la maçonnerie, nul doute qu'au commencement de l'automne, le public ne puisse être admis à visiter l'établissement.» «La première assemblée annuelle de la compagnie de Lithographie Burland-Desbarats a eu lieu dans ses bureaux, no. 319, rue St-Antoine (NDLR bureau occupé une année seulement et autre fois bureau de lOpinion publique), mercredi, le 3 courant, à trois heures de laprès-midi. Le président, G.B. Burland ecr., présenta un rapport des affaires de cette institution pour lannée finissant au 1er octobre passé. Les profits permettent daccorder aux actionnaires un dividende de 10 par cent, sans parler dune balance considérable qui a été mise en réserve. Les directeurs élus MM G.B. Burland, Geo E, Desbarats, Geo Lfricain, Chs Garth, W.D. Mc Laren, G. Ross, M.D. et L. Bond. À une réunion subséquente de ces nouveaux directeurs. G.B. Burland fut réélu président et gérant-général ; M. Geo. Desbarats, vice-président et M. John Hugh Ross, secrétaire-trésorier, la compagnie espère transporter ses bureaux et ses ateliers à sa magnifique bâtisse sur la rue Bleury vers le milieu de décembre prochain.» (L'Opinion public, 18 novembre 1875) Le nouvel édifice sera inauguré le 18 mai 1876 aux 3 à 11 Bleury (coin Bleury et Saint-Antoine) et il y a tout lieu de croire que c'est à cet endroit que seront désormais imprimés les contrats de la BABN à Montréal. Une petite annonce publiée dans L'Opinion Publique de 16 mars 1876 nous permet d'ailleurs de situer précisément le nouvel édifice aujourd'hui disparu (ou transformé) et occupé par le commerce Bureau au Gros. «À louer. Deux bureaux au premier étage de la bâtisse faisant langle des rues Bleury et Craig. Aussi un étage entier de la même bâtisse, convenable pour des bureaux ou une manufacture. Sadresser à G.B. Burland, 115, rue St-François-Xavier» Le 10 janvier 1880, à la page 31 du Canadian Illustrated News, paraît une publicité de la BABN, sans adresse (!!) tout juste à côté de la publicité de Burland lithoqraphic Co. 5 @ 7 Bleury, ce qui nous laisse présager que c'est encore la compagnie de Burland qui se chargeait des travaux d'impression pour la BABN. Lannonce se présente comme suit: «La
COMPAGNIE DE LITHOGRAPHIE Ayant réuni dans ses Nouveaux Ateliers toutes les Machines et les Matériaux des Établissements ci-devant appartenant à BURLAND, LAFRICAIN & CIE, et à G.E. DESBARATS, est prête à exécuter AVEC EXPEDITION, DANS LE MEILLEUR GOUT ET AUX PLUS BAS PRIX. Toute espèce de commande de GRAVURE, soit en creux, soit en relief; IMPRESSIONS, soit unies, soit en couleurs et or; LITHOGRAPHIE, TYPOGRAPHIE, ELECTROTYPIE, STEREOTYPIE, etc. etc. L'attention des INGENIEURS, ARCHITECTES etc., est surtout appelée à notre procédé de PHOTOLITHOGRAPHIE: par lequel nous reproduisons à n'importe quelle échelle, et très fidèlement, des CARTES GEOGRAPHIQUES, PLANS, DESSINS A LAPLUME, etc. etc., en peu de temps et à un prix minime. Les GRAVURES. LIVRES, etc., reproduits même grandeur ou réduit à volonté. Ce procédé est très économique pour les CATALOGUES ILLUSTRES des Manufacturiers et Commerçants. Envoyez vos commandes pour toute sorte d'IMPRESSION, BLANCS DE COMPTE, CARTES D'AFFAIRES, CARTES DE VISITES, etc. à La Compagnie de Lithographie Burland-Desbarats 5 et 7 RUE BLEURY, MONTREAL Les Ordres reçus des autres Villes, ou de la Campagne, recevront notre attention immédiate». En 1882, on verra même dans LOpinion Publique, un article relatant le pique-nique annuel et conjoint de la Burland Co. et de la BABN. «UNE FÊTE DE FAMILLE - Samedi dernier; à Cushing Grove, près de Montréal, a eu lieu le deuxième pique-nique annuel des employés de la British American Bank Note et de la Cie Burland. Cette fête, favorisée par un temps magnifique, a été un véritable succès. Les organisateurs méritent beaucoup d'éloges. Les chefs des deux établissements, M. Burland en tête, ont pris une part active aux amusements de la journée. Des prix de grande valeur ont été remportés dans les jeux et courses qui ont eu lieu à Cushing Grove. Le Dagmar; vapeur choisi pour transporter les excursionnistes, est revenu le soir avec tous les gens de la fête, qui se sont donné rendez-vous pour l'année prochaine. Tous ceux qui ont pris part à cette fête du travail sen rappelleront longtemps. Le comité de l'excursion désire remercier les dames et les messieurs dont les noms suivent, pour les magnifiques cadeaux quils ont gracieusement offerts à cette occasion. Madame G.B.
Burland et madame Gillelan MM. J. H Burland (Lopinion publique 7 septembre 1882)
Billets de banqueIl
y avait 37 banques privées au Canada lors de la Confédération.
Lors des 62 années suivantes, 37 nouvelles banques furent créées,
29 firent faillite et 35 banques fermèrent ou furent absorbées
par la concurrence. En 1935, il n'en restait que 10. Ces banques émettaient
touts leurs propres billets de banque jusqu'à la constitution
de la Banque du Canada qui désormais se chargerait de l'émission
des billets de banques canadiens. La BABN au cours des années
a conçu et réalisé des billets de banque pour pas
moins de 67 différentes banques canadiennes et pour d'autre pays
en plus d'imprimer des actions de bourse et différentes formes
de valeurs fiduciaires.
C'est
en 1873 que les ateliers, montréalais de la BABN produisirent
leur premier billet de banque. Au cours de ses années d'opérations,
la BABN a réalisé à Montréal des billets
de banque pour plusieurs institutions financières indépendantes.
Voici la liste des banques qui, à un moment ou l'autre, ont fait imprimer leurs billets par la BABN à Montréal: - THE BANK OF
ACADIA, Bibliographie: Lovell Directory (éditions de 1862 à 1895) sur microfiches, Winthrop S. Boggs, The postage Stamps and Postal History of Canada, Quaterman Publications inc, 1974 - réédition), LOpinion Publique (hebdomadaire), Le Canadian Illustrated (hebdomadaire), Ninety Years of security Printing (British American Bank Note Company Limited), British American Bank Note Company Limited, 1956, Papers in Reference to Bank Note Contract, Ottawa, 1897, printer to the Queens most Excelent Majesty, Huttemeyers business Directory (de 1892 à 1895) sur microfiches, Guy Pinard, Lontréal, son histoire, son architecture, tome 3, Éditions La Presse Ltée, 1989, The Charlton Standard Catalogue of Canadian Bank Note, 2nd edition, The Charlton Press, 1989. |
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