L'église Sainte-Marguerite-Marie-Alacoque, une uvre d'Ernest CormierPAR PAUL RACINE, HISTORIEN DE L'ART Avec son portail majestueux qui domine le paysage de l’entrée nord du pont Jacques-Cartier, l’église Sainte-Marguerite-Marie-Alacoque (aujourd’hui désignée sous le vocable de Notre-Dame-de-Guadeloupe1), sise sur la rue Ontario Est, prétend au titre de centième clocher de Montréal. Cette prérogative lui est redevable car elle se trouve à être le centième lieu de culte catholique ouvert au public (en incluent les chapelles et les églises conventuelles) sur le territoire de cette ville. Donc il ne s’agit pas de la centième paroisse de Montréal mais plutôt du centième temple catholique romain de cette cité. La fondation de la paroisse et son histoireLa fondation de la paroisse remonte à 1922. À cette époque, la paroisse Sacré-Cœur-de-Jésus (la paroisse-mère) vient de perdre son église suite à un incendie. Depuis quelques temps, les autorités religieuses songeaient à démembrer la paroisse Sacré-Cœur surtout dans le secteur nord-est (près de l’avenue De Lorimier) car la population avait plus que doublé depuis une vingtaine d’années. Ayant vent des rumeurs de création d’une nouvelle paroisse dans leur quartier, les habitants de ce secteur n’étaient pas intéressés à contribuer au financement de la reconstruction de l’église Sacré-Cœur. Ils préféraient plutôt investir dans leur propre église, celle qui desservira la nouvelle paroisse, la leur. Après les requêtes d’usage et leurs enquêtes et ce, malgré l’opposition e certaines personnes qui ne voyaient pas la nécessité de créer une seconde église et d’en assumer les coûts pendant une longue période (répartition légale et emprunts), la paroisse Sainte-Marguerite-Marie-Alacocque sera érigée canoniquement le 22 février 1923. Détachée entièrement de la paroisse Sacré-Cœur-de-Jésus, son territoire est circonscrit vers la nord-est par le centre de l’avenue de Lorimier; vers le sud-est par le centre de la rue Logan, vers le Sud-Ouest par le centre de la rue Papineau et vers le nord-ouest par le centre de la rue Sherbrooke. La nouvelle paroisse est placée sous le patronnage de Sainte Marguerite-Marie-Alacoque non seulement à cause de sa récente canonisation comme l’évoque Hormisdas Magnan dans son dictionnaire des paroisses du Québec, mais parce que cette dernière est un détachement de la paroisse Sacré-Cœur-de-Jésus dont l’église est toute proche. N’oublions pas que c’est grâce à sainte Marguerite-Marie que fut popularisée la dévotion au divin cœur de Jésus. C’est effectivement à elle que le Christ dévoila, lors d’apparition, «ce cœur qui a tant aimé les hommes (…) ». La construction de l’église et ses préliminaires
des ententes avec deux compagnie immobilières2
pour l’acquisition
de terrains à l’angle des rues Bordeaux et Ontario ainsi qu’un
autre sur la rue Dorion 3.
Parallèlement, on procède au choix d’un architecte. Déjà
la firme de Joseph Dalbé Viau et de Alphonse Venne intervient
auprès de la Fabrique en la conseillant dans l’achat des terrains.
Elle est un candidat de choix dont la réputation n’est plus à
faire car elle a à son actif plusieurs réalisations dans
l’archidiocèse telles que l’église Saint-Stanilas-de-Koska
sur le boulevard Saint-Joseph ou encore l’église des Saints-Anges
de Lachine.
Ou
bien que les architectes Viau et Venne sont trop occupés par
d’autres projets tels que la construction de la nouvelle maison-mère
des sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie à Outremont,
ne pouvant prendre d’autres engagements? Ou encore comme nous le retrouvons
dans l’étude d’Isabelle Gournay sur l’architecte Cormier et l’Université
de Montréal, il est possible que la réputation d’Ernest
Cormier comme architecte-ingénieur spécialisé dans
les infrastructures de béton soit un élément déterminant
pour la Fabrique qui souhaite bâtir un édifice durable
et ignifuge tel que suggéré par l’archidiocèse?
Voilà autant de question qui nous amènent à réfléchir
sur le sujet. Quoi qu’il en soit, la paroisse signe une convention sous
seing privé avec les architectes Cormier et Doucet leur accordant
la tâche de dresser les plans et devis du presbytère4
et de l’église
Sainte-Marguerite-Marie et d’assumer la gérance des travaux et
l’attribution des contrats.
À cause de quelques délais dûs à l’achat des terrains, le financement du projet et la construction du presbytère, les travaux de l’église ne débutèrent qu’en avril 1924. L’entreprise fut confiée à al firme Aimé et Damien Boileau qui ont la charge de tout faire ou presque5. Au mois d’août 1924, les fondations du nouveau temple sont terminées. Le 24 août, on procède à la bénédiction de la première pierre en présence de plusieurs membres du clergé et de dignitaires. Les travaux vont rondement tant et si bien que le gros œuvre (la charpente de béton, le murs et le toit) est presque terminé à al fin de l’année mise à part la façade.6 (Figure 1) Toutefois, on apporte quelques changements au projet initial. Par crainte de ne pas avoir assez d’argent pour compléter le projet et ne voulant pas augmenter le poids de la dette de la paroisse, le conseil de Fabrique reporte à plus tard l’édification du campanile qui doit donner façade sur la rue Bordeaux et l’achat du Carillon.7 En lieu et place, on complète la construction de la tour par une couverture en gravois avec ouverture et abat-son faits selon les plans des architectes.8 Malheureusement, il est difficile pour nous de décrire avec exactitude l’aspect de ce campanile.9 Toutefois, nous pouvonsimaginer son apparence en observant celui de l’église Saint-Ambroise à Montréal dont les plans furent conçus par Cormier en même temps que ceux de l’église Sainte-Marguerite-Marie. (Figure 2) il en sera de même pour les portes de la façade et celles de la tour du campanile qui doivent être fabriquées en cuivre. À cause de leur coût prohibitif, on décide de les faire en bois de chêne selon les plans prévus pour les portes en cuivre.10 Les travaux de finition de l’intérieur de l’église se poursuivent au cours de l’année 1925-1926. Initialement, le projet des architectures ne prévoit pas l’implantation d’un décor fastueux. Hormis la colonnade qui ponctue les murs de la nef et du chœur, son entablement paré d’inscription11 et un plafond composé de larges caissons et d’un puit de lumière qui éclaire le cul-de-four du sanctuaire, les architectes se limitent à finir l’intérieur au strict minimum avec des enduits de ciment clair roulé pour les murs et les lambris tandis que la colonnade et le plafond seront faits en plâtre. Toutefois, le conseil de Fabrique et le curé trouvent ce décor quelque peu austère. Comme on a abandonné la construction du campanile et que l'on a apporté certaines modifications, ces derniers ordonnent aux architectes et aux entrepreneurs de faire des enduits en plâtre peint au lieu du ciment pour les murs, de parer les fûts des colonnes et les lambris des murs de la nef en scagliola (faux-marbre)12 , de dorer les chapiteaux des colonnes et les moulures des caissons du plafond, de recouvrir les parquets de la nef et du choeur de terrazzo et de faire confectionner les tombeaux des autels latéraux et du maître-autel ainsi que deux ambons en marbre.13 Pour leur part, les bancs et les confessionnaux faits de bois teinté et verni sont sobres et épurés. Commandés à l'insu de Cormier à un entrepreneur qu'il n'a pas approuvé, ces meubles ne respectent pas les devis et plans des architectes. D'ailleurs, Cormier fait savoir son mécontentement au conseil de Fabrique dans une lettre datée du 23 janvier 1925.14 Depuis 1958, de nouveaux bancs et de nouveaux confessionnaux prennent place dans l'église. Ce mobilier ainsi que la table de communion ont été commandés à la Maison Casavant Frères de Saint-Hyacinthe, célèbre pour sa facture d’orgue. Pour complétre l'intérieur de cette église, la Fabrique va acquérir, à la fin de l'année 1925, un orgue à traction électro-pneumatique de deux claviers comprennant une dizaine de jeux, fabriqué par la compagnie maskoutaine «Les Orgues canadiennes». En 1926, on érige le chemin de la Croix et des garnitures d'autels (chandeliers et crucifix) de bronze doré, achetées à la maison Leroux de Paris15 , viendront parer les trois tombeaux. Léglise fut inaugurée le dimanche 13 décembre 1925. En 1948, à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de fondation de la paroisse, la Fabrique va doter le maître-autel d'un tableau patronymique, oeuvre de l'artiste montréalais Charles Chabauty.16
Son architecte et son styleComme plusieurs temples conçus à cette époque sur le territoire montréalais, l’église Sainte-Marguerite-Marie est empreinte des préceptes stylistiques prônés par l’École des Beaux-Arts de Paris, une institution où Ernest Cormier ira parfaire sa formation en architecture dont il sortira diplômé en 1914. Le style dit des «Beaux-Arts» est avant tout une façon de faire qui traite l’architecture du bâtiment dans son ensemble, en rapport avec la fonction de celui-ci, de son rôle dans la société et dan l’environnement où il s’installe. Pour illustrer ce concept, l’architecte utilise des formes qui comportent des éléments illustrant la grandeur, la puissance, la noblesse et la majesté comme nous pouvons le retrouver dans les styles anciens tels que le roman, le gothique, et tous les styles découlant du classicisme (la renaissance, le baroque, etc.). Dans le cadre de l’église Saintre-Marie-Marguerite, les architectes Cormier et Doucet utilisent des éléments du style néo-classique dans son traitement architectural. Ces derniers, et en particulier Cormier, rejettent l’exubérance du néo-baroque ou du romano-bysantin adopté par ses confrères dansla construction d’édifices religieux, et préfèrent de beaucoup la simplicité des formes. Selon Isabelle Gournay, ce goût pour la sobriété que Cormier veut apporter dans l’art de construire une église (il va appliquer les mêmes règles dans la conception des plans et devis de l’église Saint-Ambroise de Montréal) il le puise dans l’admiration qu’il a eue lors d’un voyage en Italie du Nord pour les églises pré-romanes.17 Nous pouvons constater cet état dans le traitement des longs plans du pans du temple. Ces derniers consistent en un jeu d’arcade en plein cintre dans lequel on retrouve la fenestration et dont la toile de fond (le mur lui-même) repose sur l'ordonnance de la maçonnerie de brique, interrompu aux points forts (soit la base du mur et le début de l'arcade) par des bandeaux de pierre de taille lisse. De plus, Cormier va conférer à la façade de Sainte-Marguerite-Marie une allure monumentale qui est visible de loin et ce, même si ce temple n'a pas de recul c'est-à-dire ni de parterre, ni de parvis pour la mettre à son avantage. Cette façon de faire, nous la retrouvons dans ses grandes réalisations telles que l'annexe du palais de justice de Montréal. Dans le cas de Sainte-Marguerite-Marie, il marie à la fois la sobriété du style roman que nous retrouvons sur les côtés du bâtiment et au sommet de cette devanture, avec la richesse que dégagent les six colonnes aux chapitaux corinthiens et les arcs en plein cintre qui les surmontent, symbolisant l'importance du portail dans une église. Il traite l'ensemble comme si il agissait d'un arc de triomphe voulant par là montrer la gloire de l'Église. D'ailleurs, comme nous l'indique Isabelle Gournay, nous pouvons attribuer cette manière de faire à Cormier car il possède un bon nombre d'études de façades de ce genre (de style néo-classique ou italianisant) en plus des dessins d'exécution dans les archives personnelles de l'architecte.18 (Figure 3)
majesté et la gloire que les architectes, en particulier Ernest
Cormier, voulaient conférer à l'intérieur de ce
bâtiment en rapport à sa fonction. Cette façon de
faire sera reprise dans ses grandes lignes par Emmanuel-Arthur Doucet
lorsqu'il concevra les plans de l'intérieur de l'église
Notre-Dame-des-Victoires de Montréal en 1926.20
(Figures 4 & 5)
Si nous poursuivons notre analyse du décor intérieur de l'église Sainte-Marguerite-Marie, nous pouvons constater que Cormier va encore plus loin en appliquant des règles prônées par l'École des Beaux-Arts. L'utilisation de matériaux nobles tels que le marbre, le bronze, les bois précieux, s'inscrit dans les concepts de cette façon de traiter l'architecture. Son but est de servir à illustrer le rôle que le bâtiment a joué dans son environnement en le traduisant par la richesse de la matière utilisée. À l'église Sainte-Marguerite-Marie, la paroisse n'a pas les ressources financières pour se permettre un pareil luxe et utilise alors des subterfuges pour satisfaire aux exigences. Ainsi l'emploi du scagliola dans la fabrication des colonnes et des lambris donnera le même effet que l'on attend du marbre, soit d'illustrer la puissance et la grandeur de l'Église. En dépit des formes d'architecture que nous retrouvons dans ce décor, telles que ces chapiteaux corinthiens et ce plafond plat cloisonné par une forte mouluration qui en délimite les caissons, nous sommes à même de constater que Cormier conserve la même ligne de conduite quant à l'aspect stylistique de cet intérieur et qui prévaut tout autant pour l'extérieur, celui de la sobriété. Cette simplicité se traduit par l'emploi de ces éléments architectoniques qui, malgré leur apparence quelque peu exubérante, voire même baroque, démontrent une rigueur et une sagesse que leur apportent leur ordonnance et leur symétrie. C'est en jouant sur cette perception que Cormier confère à ce décor toute l'intensité nécessaire pour souligner sa fonction. L'église Sainte-Marguerite-Marie est un témoin de cette époque où l'Église québécoise se voulait triomphante qui, s'appuyant sur le fait que la population est en pleine croissance, amenait les gens à se doter de temple pouvant contenir tout le monde sous un même toit. Comme plusieurs églises construites à cette période, elle illustre à la fois la puissance et la grandeur du clergé mais aussi la fierté de ses habitants qui, avec leur salaire de misère, ont édifié une cathédrale dont la magnjficence de l'architecture démontre à la fois son utilisation et son rôle dans la société.
Le
cas de l'église Sainte-Marguerite-Marie est beaucoup moins pathétique
car elle n'a pas perdu sa fonction culturelle. Mais combien de temps
cela va-t-il durer? De nos jours les paroisses n'ont plus assez de ressources
financières pour maintenir en vie et en bon ordre ces fiertés
de tout un quartier. Que va-t-il arriver? Allons-nous relever le défi
de continuer à maintenir en place ces «cathédrales»
qui ont fait et qui font encore de nos jours l'orgueil de beaucoup de
gens?
LES ARCHITECTES
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![]() Figure 6 - Ernest CORMIER, architecte-ingénieur (1885-1980). Photographe inconnu, vers 1930, Montréal, archives du C.C.A. - AR01 : P-5909. |
Né Montréal en 1885, il décède dans cette même ville au début de l'année 1980. Il débute ses études en génie civil à l'École Polytechnique de Montréal en 1902 et reçoit son diplôme d'ingénieur en 1906. À partir de 1909, il va étudier à Paris à l'École des Beaux-Arts pour parfaire ses connaissances en architecture. Il va obtenir son diplôme de cette institution en 1917. En 1942, l'Université de Montréal va lui décerner un doctorat honoris causa pour l'ensemble de sa carrière. Membre de l'Association des Architectes de la Province de Québec21 depuis 1918, il deviendra président de cette association en 1929. En 1920, il devient membre de la Corporation des ingénieurs du Québec. Entre 1929 et 1930, il est reçu Fellow de la Royal Institut of British Architects et de l'Institut Royal des Architects du Canada. Au cours de sa vie, Ernest Cormier sera gratifié de bon nombre de médailles, de pris et d’honneurs tels que l’Ordre du Canada. |
De 1906 à 1901, il débute sa carrière en tant qu'ingénieur en travaillant pour la compagnie de la Dominion Bridge de Montréal. Pendant son séjour en Europe, il met à profit son expérience en ingénierie en rouvrant dans un bureau d'étude parisien au cours de l'année 1916-1917. À son retour en 1918, il ouvre son étude d'architecte. De 1919 à 1920, il en signe l'architecture à l'Université Mc Gill. Au même moment, il s'associe avec l'architecte montréalais J. Omer Marchand. Cette alliance va durer jusqu'au début des années 1922. À la suite de cette association, Cormier n'aura plus de collaborateurs permanents, préférant oeuvrer seul. Parfois, dans le cadre de certains projets, il va se joindre à d'autres architectes tels que Emmanuel-Arthur Doucet, Anastase Gravel, Séraphin A, Cyr, Joseph- Égide-Césaire Daoust pour ne nommer que ceux là.22 De 1925 à 1954, il enseigne à l'École polytechnique de Montréal ainsi qu'à l'École des Beaux-Arts de Montréal.
Ses principales réalisations sont l'annexe du Palais de justice de Montréal en 1920- 192623 , son studio sur la rue Saint-Urbain entre 1921 et 1929, l'École d'Architecture de Montréal en 1922- 1923, le pavillon principal de l'Université de Montréal de 1924 à 1943, sa résidence sur l'avenue des Pins Ouest en 1930- 193124 , la Cour Suprême du Canada à Ottawa de 1938 à 1950, sans oublier ses travaux pour l'immeuble de l'Assemblée des Nations Unies à New York en 1947 et l'imprimerie nationale du Canada à Hull en 1950- 1958.
En ce qui a trait au monde religieux, Cormier va concevoir en même temps les plans de l'église et du presbytère de la paroisse Sainte-Marguerite-Marie de Montréal et ceux de l'église Saint-Ambroise de Montréal en 1923- 1924.25 Entre 1922 et 1931, il réalise des plans de diverses écoles pour la Commission scolaire catholique de Montréal. Entre 1924 et 1928, il prépare les projets pour la construction de deux églises dans l'état du Rhode Island.26 À la même période, les Pères du Saint-Sacrement de Montréal le charge de dresser les plans de leur nouveau monastère sur la rue Saint-Hubert en collaboration avec S.A. Cyr. Malheureusement un différent entre Cormier, les Pères du Saint-Sacrement et son associé, fait en sorte qu'il se retire du dossier. En 1945-1948, Cormier est chargé de construire l'hôpital Hôtel-Dieu de Sorel tandis qu'en 1957 -1960, les autorités du Séminaire de Québec le mandaient pour dresser les plans de leur Grand Séminaire à Sainte-Foy.27
Autant la carrière d'Ernest Cormier peut être très bien documentée (ses archives et son fonds sont conservés au Centre Canadien d'Architecture de Montréal), autant celle de l'architecte Emmanuel-Arthur Doucet ne l'est point. Nous avons pu retracer l'année de sa naissance et de son décès soient 1888-1960 et pensons qu'il est originaire de Montréal. Nous ne connaissons rien au sujet de sa formation académique, ni sur le fait qu'il ait fait une cléricature chez un architecte ou qu'il fut associé dans un bureau, exception faite de sa collaboration avec Cormier lors de la construction des édifices de la paroisse Sainte-Marguerite-Marie. Outre ces constructions, nous savons qu'il réalise Ies plans de l'église Notre-Dame-des-Victoires de Montréal en 1926 et qu'il conçoit deux postes d'incendie pour la ville de Montréal en 1931. Peut être oeuvrait-il davantage dans le secteur résidentiel comme en témoignent les construction de la maison de Osias Lamoureux (1912) sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine à Outremont et l'immeuble les «Appartements Chapleau» (1931) sis à l'angle des rues Sherbrooke Est et Chapleau dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Il s'agit là d'un dossier à suivre afin de faire la lumière sur cet architecte et sa production ainsi que sur tous ceux qui ont oeuvré à la même époque, dont le nom et les réalisations sont restés dans l'oubli et qui ont gravité à travers les grands noms de l'architecture montréalaise, faisant les projets de monsieur et de madame tout le monde.
BIBLlOGRAPHIE
I Sources
Manuscrites :
Archives de la Chancellerie de l'archidiocèse de Montral
Il Études
Générales et particulières :
CHARBONNIER, Félix, Notice historique sur la fondation de la paroisse Sainte-Marguerite-Marie Montréal 1923-1925, Montréal, Imp. Eugène Doucet, 1925,47 pages,
En collaboration, 1923-1948 Album-Souvenir du vingt-cinquième anniversaire de la paroisse Sainte-Marguerite-Marie, Montréal, lmp, Eugène Doucet, 1948, 54 pages.
En collaboration, les clochers de Montréal et d'ailleurs 1953, Montréal, La Société d'histoire Montréalaise, 1953 400 pages,
GAUTHIER, Raymonde, Construire une église au Québec. L'architecture religieuse avant 1939, Montréal, Ed. Libre Expression, 1994,244 pages.
GOURNAY, Isabelle, sous la direction de Ernest Cormier et l'Université de Montréal, Montréal, Centre Canadien d'Architecture / Ed, du Méridien, 1990, 179 pages,
MAGNAN, Hormisdas, Dictionnaire historique et géographique des paroisses, missions et municipalités de la province de Québec, Arthabaska, Imp, Arthabaska, 1925, 738 pages,
REMERCIEMENTS
La réalisation de cette étude fut rendue possible grâce à la collaboration du personnel du comité de construction et d'art sacré de l'archidiocèse de Montréal et de la paroisse Sacré-Coeur-de-Jésus de Montréal, dépositaire des archives de la paroisse Sainte-Marguerite-Marie. L'auteur tient également à souligner l'excellente coopération de monsieur André LAFRANCE, gérant de la paroisse Sacré-Coeur-de-Jésus de Montréal, de madame Monique MONTBRIAND, archiviste à la Chancellerie de l' archidiocèse de Montréal, de monsieur Claude TURMEL, directeur du comité de construction et d'art sacré de l'archidiocèse de Montréal et de madame Lucie PIQUETTE. Pour leur aide et leur patience, je les remercie de façon particulière.
Notes