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NOUVELLES PARUTIONS

PAR GILLES BOILEAU


 

 

À propos d'un mouvement migratoire méconnu
LES FRANÇAIS AU QUÉBEC
(1765-1865)

L'immigration française ne s'est pas arrêtée au lendemain de la conquête, loin de là. En effet, la présence de Français au Québec pendant le siècle suivant est beaucoup plus importante qu'on a pu pendant longtemps le croire. Dans cet ouvrage de grand intérêt récemment publié par les Éditions Christian et par les Éditions du Septentrion conjointement, Marcel Fournier - qui fut au cours des dernières années vice-président de la Fédération des sociétés d'histoire du Québec - fait oeuvre de pionnier et nous livre une étude que plusieurs souhaitaient depuis de nombreuses années.

C'est en effet la première fois qu'un chercheur aguerri et perspicace consacre une étude approfondie à ce groupe particulier de personnes, les identifie, raconte leur histoire, définit leur rôle et présente une courte mais très utile bibliographie de chacune d'elles. Dans les 1487 notices biographiques qu'il a rédigées, l'auteur a trouvé autant de gens ordinaires que de gens connus. Et les informations qu'il nous livre sur chacune sont souvent fort significatives et très utiles pour une meilleure connaissance de cette époque marquée comme le rappelle si justement l'auteur par un mouvement migratoire méconnu.

L'auteur suit l'évolution de ces immigrants et montre comment ils ont contribué à protéger les contacts entre le Québec et la France. Des Français possédant une solide instruction et une bonne éducation comme les prêtres, les instituteurs, les journalistes et les gens de professions libérales ont transmis à plusieurs générations de Québécois non seulement leurs connaissances et leur savoir mais aussi les traditions françaises qui ont permis de maintenir l'attachement du Québec à la mère patrie. Voilà leur histoire, leur contribution à la société québécoise.

L'auteur, Marcel Fournier, s'intéresse à l'histoire depuis plus de vingt ans. Il a d'abord signé des monographies régionales avant de concentrer son attention sur les origines des Québécois. Il a notamment publié des ouvrages remarquables sur les immigrants bretons en Nouvelle-France et sur les captifs ramenés de Nouvelle-Angleterre.

Il faut savoir gré à Marcel Fournier de nous avoir donné, avec Les Français au Québec 1765-1865, un document qui, tout en augmentant nos connaissances en histoire, s'avère en même temps une bonne leçon de recherche et de méthodologie.


 

Brève réflexion en marge de l'histoire de nos régions
HISTOIRE DE LA CÔTE-DU-SUD

L'histoire du Québec est en constante évolution. Elle se “fait” un peu plus chaque jour. Pour cette raison, les grandes synthèses réalisées par l'Institut québécois de recherche sur la culture deviennent des points de repère essentiels à notre propre connaissance. Inestimable instrument de connaissance, cette collection constituera tout autant une source de fierté qu'une invitation au dépassement.

L'Histoire de la Côte-du-Sud (1993) ajoute à nos connaissances. On y voit comment une région est née, a grandi et s'est développée. L'analyse des réussites et des échecs permet de tirer les enseignements susceptibles de permettre un meilleur aménagement de l'avenir. Même si, comme le soulignent les auteurs, la Côte-du-Sud correspond beaucoup plus à une réalité historique qu'à une entité naturelle, elle est quand même l'une des plus anciennes régions de la vallée du Saint-Laurent.

Dans ses ouvrages de 1815 et de 1832, déjà Joseph Bouchette en faisait connaître les principales caractéristiques. Philippe Aubert de Gaspé y a fait vivre ses Anciens Canadiens en 1863. En 1935, l'éminent géographe français Raoul Blanchard présentait un tableau fort complet de l'histoire et de la géographie de cette région dont il parlait comme du “rebord sud de l'estuaire du Saint-Laurent”. Puis vint l'Histoire de la Côte-du-Sud, sous la direction d'Alain Laberge et de ses collaborateurs.

De Beaumont à Saint-André, de Saint-Jean-Port-Joli à Saint-Pamphile, quelque 100 000 habitants seulement vivent sur ce territoire partagé entre les basses terres du Saint-Laurent et les Appalaches, partagés aussi entre l'influence de Québec et celle de Rivière-du-Loup. Cette région où ne vit qu'un Québécois sur 100 a même tendance à se dépeupler nettement. Il y a moins d'habitants aujourd'hui dans cette région qu'il n'y en avait en 1951. Même si la Côte-du-Sud demeure l'une des régions les plus attachantes tant par son histoire que par son visage, elle est aussi la preuve que la plupart des régions du Québec arrivent difficilement à survivre, montrant de ce fait l'absence d'une véritable politique d'aménagement du territoire.

Il ne faut pas se demander si certains coins du Québec auraient dû être ouverts au peuplement ou non. Il faut plutôt se demander si nos gouvernements ont la volonté de leur fournir les moyens de s'épanouir, voire même de survivre. À moins qu'ils n'en voient pas l'importance, à l'image de ce président de l'une de nos «grandes» institutions bancaires du Québec pour qui les régions sont avant tout un poids mort ...


 

Comme la mémoire du paysage
LE DICTIONNAIRE ILLUSTRÉ DES NOMS ET LIEUX DU QUÉBEC

C'est à la Commission de toponymie du Québec que l'on doit cet ouvrage magistral : plus de 6 000 rubriques, 20 000 toponymes, 500 photos en couleurs, 35 cartes en couleurs. Seul un organisme gouvernemental avait les ressources pour réaliser un instrument de travail aussi utile que passionnant. Connaître une région et un pays, c'est le posséder de l'intérieur. Pour y arriver, pourquoi ne pas commencer par découvrir la signification profonde des mots qui le nomment ?

«Piopolis» ... en s'aidant du latin et du grec on découvre que c'est la ville de Pie ! Quoi de plus normal puisqu'au nombre de ses fondateurs on trouve quelques-uns des zouaves qui, en 1867, s'étaient rendus à Rome pour y défendre le pape contre Garibaldi. Et le rang Vide-Poche, vous connaissez ? Dans l'actuelle municipalité de Yamachiche, les défricheurs rentraient chez eux, en fin de journée, après avoir épuisé toutes leurs victuailles. Leur sac était bel et bien vide quand ils retrouvaient le foyer. Et Lachute ... c'est justement d'une modeste “chute” sur la rivière du Nord que les pionniers venus du Vermont ont tiré l'énergie nécessaire pour faire tourner les meules de leur premier moulin à farine. Et tous ces toponymes qui émaillent les cartes du Québec ... on en trouve l'explication dans ce grand dictionnaire illustré.

Ce dictionnaire, tel que l'affirme l'éditeur, est un outil de référence précis et un ouvrage de prestige. Plus de 6 000 noms de lieux font l'objet d'une rubrique permettant de découvrir la richesse toponymique du Québec. On y trouve des données historiques, géographiques, économiques, folkloriques et linguistiques qui éveillent la curiosité et qui informent.

Comme le souligne à juste titre le président de la Commission de toponymie du Québec ... «Nommer un pays, individuellement et collectivement, c'est le reconnaître, c'est exprimer progressivement son identité, c'est emmagasiner dans le trésor toponymique national une mémoire qui se prolongera au-delà même de l'existence physique des lieux dont elle aura enregistré les noms. La consignation des faits de la nature et de l'homme qui entourent la dénomination des lieux constitue une tâche essentielle dans l'agenda des peuples conscients de leur identité».

Oui, notre langue ... «a les mots qu'il faut pour nommer le pays». C'est le meilleur instrument dont nous disposions pour garder vivante la mémoire du paysage.

PETIT LEXIQUE

ILES du Saint-Laurent

Elles sont nombreuses, surtout dans l'estuaire maritime, c'est-à-dire dans les deux régions de la Côte-du-Sud et du Bas-Saint-Laurent. Peu ou pas habitées, elles ont porté ou portent encore phares et balises pour guider les navigateurs. Plusieurs sont devenues des sanctuaires d'oiseaux migrateurs. Elles ont nom: île aux Oies, îles ou archipel de Kamouraska, les Pèlerins (au large de Saint-André et de Notre-Dame-du-Portage), île au Lièvre (qui oblige le bateau-passeur entre Rivière-du-Loup et le pays de Charlevoix à effectuer un crochet), les îles du Pot à l'Eau-de-Vie, l'île Verte, une des rares à avoir été longtemps habitée et cultivée, île aux Pommes, île aux Basques vis-à-vis Trois-Pistoles - là où les pêcheurs partis de Saint-Jean-de-Luz s'arrêtaient pour dépecer les baleines et en tirer l'huile précieuse, île du Bic et enfin l'île Saint-Barnabé au droit de Rimouski.

MALÉCITES, Les

On ne résume pas l'histoire de cette famille plutôt méconnue des Premières Nations en quelques lignes. À leur sujet, le secrétariat aux Affaires autochtones écrit... «Environ 270 Malécites habitent au Québec. Ils ne sont pas regroupés dans une communauté mais vivent plutôt dispersés sur le territoire québécois. Les Malécites disposent d'un territoire de 169 hectares dans le canton de Whitworth, près de Rivière-du-Loup, et d'un petit lot de terre à Cacouna. Les Malécites ont longtemps été appelés les Etchemins. La réserve de Viger, créée en 1827, était l'une des premières concessions accordées à des Amérindiens du Québec. Elle était située sur les bords de la rivière Verte, à proximité de la paroisse de l'Isle-Verte. Suite à des pressions exercées par les Blancs du voisinage et sur l'insistance du gouvernement fédéral, les Malécites acceptèrent, en 1869, de rétrocéder leurs droits et les lots furent mis aux enchères. Ce n'est qu'en 1989 que les Malécites vivant encore au Québec furent reconnus comme la onzième nation autochtone du Québec par l'Assemblée nationale.

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