Le témoignage
d'un relocalisé de
Saint-Nil
(Propos
recueillis par Gilles Boileau)
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Avant
la regrettable et triste aventure des expropriés de Mirabel,
en 1969, il y avait eu, quelques années auparavant, en
1963, la non moins célèbre tentative d'aménagement
du territoire entreprise dans l'Est du Québec, par le Bureau
d'Aménagement de l'Est du Québec (B.A.E.Q.).
Dans l'Histoire de la Gaspésie (1981), Jules
Bélanger a déjà dressé le bilan de
cette vaste opération. Nous n'y reviendrons pas.
Cependant,
nous avons jugé utile de faire connaître dans ces
pages l'émouvant témoignage d'un habitant de
l'ancienne paroisse de Saint-Nil, aujourd'hui disparue de
par la volonté des autorités gouvernementales. Les
propos de Monsieur B.R. ont été recueillis par Gilles
Boileau, en 1976, dans le cadre d'un travail de recherche mené
dans ce territoire pilote alors appelé l'Est du Québec.
Ces propos sont rapportés avec la plus grande fidélité
comme on pourra le constater.
Près
de 20 ans plus tard, ces révélations étonnantes
nous permettent de nous souvenir et jettent un nouvel éclairage
sur cette époque ainsi que sur «la manière
de faire» des fonctionnaires. Les officiers et émissaires
du gouvernement qui tentaient alors de convaincre les habitants
de l'arrière pays de quitter leurs «terres de roches»
étaient parfois les mêmes qui, 30 ou 40 ans plus
tôt, avaient incité ces mêmes personnes à
venir s'établir et à «faire de la terre»
dans les colonies de l'intérieur.
De
colons ou pionniers qu'ils étaient, l'État allait
bêtement faire de ces hommes courageux des relocalisés
anonymes.
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«J'ai
65 ans. Ça pas été drôle de sortir
de Saint-Nil. J'y étais arrivé en 1940. À
l'époque de la colonisation, il n'y avait pas de chemin.
Pas d'église. On est monté en wagon. Quand je me
suis décidé, c'était dans le temps de la
guerre. En montant sur la colonie, on pouvait s'exempter de la
guerre. On a demandé un lot à l'inspecteur de colonisation..
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Scène
rurale de Saint-Nil.
PHOTO :
Gilles Boileau
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Des années difficiles
et un pays de misère
«J'ai
commencé à tasser puis à brûler des abatis.
Avec le cheval, j'ai fait de l'éclaircissage pour grainer. Y
avait de la roche mais pas une folie. C'étaient surtout des passées
de crans, des chaînes de pierres qui traversent les lots. Chaque
côté de ça, il y avait de la terre en masse et c'était
de la bonne terre. On ramassait un peu de roches mais pas trop...
«Durant
l'été, j'ai réparé ma petite étable
et je me suis occupé pour avoir une vache. J'ai mis le cheval
dans l'étable. J'ai travaillé pour avoir des poules, pour
avoir un peu de nourriture. C'était l'essentiel. Au printemps
j'avais semé un peu de patates à travers les souches.
Ça rendait bien sans engrais. Puis à l'automne j'ai tout
sarpé les petites repousses...
«On
s'occupait de se trouver à manger plutôt que de courir
le bois. Durant l'été, je me suis acheté un cochon.
Je l'ai mangé durant l'hiver. On allait chercher l'eau au ruisseau,
on charriait ça à la chaudiérée. L'hiver,
on prenait une hache pour travailler le trou puis on mettait une poche
dessus pour pas que ça gèle trop. Au bout de deux ou trois
ans, on a semé un peu d'avoine. Fallait agrandir pour grainer
afin d'avoir du foin. J'ai bâti ma grange en 1951, dix ans après
mon arrivée. L'avoine n'avait pas le temps de mûrir. Les
gelées arrivaient quand l'avoine était encore en lait.
Ça séchait puis ça faisait rien que de la balle.
Ç'est pour ça qu'on la coupait verte...
«On
coupait l'avoine et le foin à la petite faux, à travers
les souches. Quand le terrain n'était pas trop racineux on râclait
avec des râteaux de bois. Quand les souches étaient trop
fortes, on faisait des tas puis on ramassait ça à la fourche.
On rentrait ça dans la grange avec un vieux cheval puis une bobsleigh.
J'avais pas d'argent pour m'acheter une wagine, j'en avais juste assez
pour vivre avec le petit peu de revenus que j'avais là...
«J'ai
fait ma charpente de grange avec une sciotte puis un marteau. J'avais
même pas assez d'argent pour m'acheter une égoïne.
J'ai monté ma grange avec du bois rond. Au moulin, j'ai été
me chercher des croutes, ils les donnaient. Ma grange avait 20 pieds
par 20 pieds. Le grain qu'on récoltait on le coupait vert, c'était
pour la vache; le foin on le donnait au cheval...
«Plus
tard, quand on a eu un tracteur puis quand on a eu fini d'essoucher,
on s'est acheté une charrue, on a acheté des vieux gréements,
un vieux moulin à battre. Je ne peux pas dire que sur ma terre
c'était pas bon. Ma terre était bonne. Un coup que le
bois était parti, que tout était brûlé, après
que c'était essouché, on labourait, on semait, puis le
grain venait. J'ai semé du grain, je marchais là-dedans,
je fermais les épis par-dessus ma tête, sans engrais. C'était
assez de la bonne terre ça. Le plus gros problème c'était
la chaux qui manquait...
«On
n'avait pas trop de problèmes avec les gelées. Pas trop
de problèmes en semant assez de bonne heure. Le terrain était
plutôt valonneux. Dans certains coins il y avait des montagnes.
Des montagnes pas cultivables. Sur ma terre je ne pouvais pas aller
partout. Les bouts pas cultivables, on les laissait en bois. On faisait
les parties assez planches...
«J'ai
construit ma grange en 50 ou 51. J'avais deux vaches à lait.
Après ça j'ai commencé à profiter, à
grossir mon troupeau parce que j'avais pas mal de terrain fait dans
ce temps-là. Pour construire, fallait être accepté
par le gouvernement et avoir assez de terre pour pouvoir garder quelques
vaches. Malgré que les octrois étaient pas forts, ça
aidait. Au plus fort, j'étais patenté. J'avais trente
acres patentées.
«Les
dernières années, on se servait d'un tracteur que le gouvernement
payait en partie. Le tracteur venait puis essouchait. Ce qu'on avait
fait en abatis on le faisait essoucher puis on mettait ça en
labour pour s'agrandir en terre cultivable pour pouvoir travailler avec
des gréements...»
Cinq enfants
et quatre vaches
«J'ai
vécu là avec ma famille. J'ai élevé cinq
enfants sur cette terre-là tout en la défrichant. Au début
j'allais en dehors pour gagner mais après les premières
années, quand j'ai pu avoir une couple de vaches, je suis pas
mal toujours resté chez nous parce que l'été je
faisais de l'abatis et que l'hiver je bûchais sur mon lot. Je
faisais quatre acres en plein bois. J'avais assez de bois pour vivre
l'été avec. Avec les primes de défrichement que
le gouvernement donnait puis les subventions. J'ai tout fait instruire
mes enfants: deux garçons et deux filles à moi, et une
autre fille que j'ai élevée...
«Le
bois qu'on bûchait on le vendait, parce qu'il y avait des moulins.
Saint-Nil a été ouvert, un mille plus haut que sur le
rang 10 et 11 où j'étais. Ils ont fait une route. L'église
a été construite à deux milles, sur le rang 12
et 13. Là on avait notre village. Le village s'est mis à
profiter. Les gens sont venus prendre des lots. Ça venu que ça
progressé. Plusieurs colons se sont greillés de vaches.
On a eu un transport de crème. Dans le meilleur temps j'ai eu
sept vaches à lait...
«J'ai
aussi travaillé pour les Price qui ont fait quatre hivers de
chantier à deux milles de chez nous. On restait là mais
on venait le mercredi et le samedi soir à la maison. Après
avoir construit ma grange, j'ai racheté la terre du père
Georges Tremblay. Il y avait cinq ou six vaches à lait, un tracteur,
un peu de gréements. J'ai racheté cette terre-là
pour mon garçon. J'ai tout ramassé ça puis c'est
avec ça que j'ai continué de cultiver. Mon garçon
s'est pas installé tout de suite sur une terre, il est allé
dans le bois un peu...
«Quand
il est venu prêt à s'installer, il a demandé un
prêt au gouvernement puis on n'a pas été accepté.
Parce qu'on ne voulait pas prêter dans des colonies. C'était
à peu près en 57 ou 58. On a demandé le prêt
agricole. Lui voulait s'installer. Il ne pouvait pas partir sa terre
de même avec rien. Moi j'avais juste assez d'argent pour financer
ma famille. Il n'a pas été accepté pour le prêt.
Ils ne voulaient pas prêter dans les colonies de même. Aurait
fallu qu'on ait été le long d'une route centrale, comme
le long de la mer...»
Pourquoi
avoir ouvert des colonies?
«Fallait
être mieux placé, là où il n'y avait pas
de misère... Faites-moi pas parler, parce que les gouvernements
ont toujours été croches. Ils voulaient prêter,
comme ici, le long de la mer, sur les routes nationales. C'était
avantageux. Ils ne voulaient pas aider les colonies. Mais pourquoi ils
les avaient ouvert les colonies? Pour mettre le monde dans la misère?
Pour les caler? C'est ça qu'on se demande nous autres. Ils nous
répondent qu'on n'était pas assez central. On n'avait
pas de grosses garanties parce qu'on avait juste notre terre, pas plus...
«On
avait rien que trois ou quatre vaches à lait dans le temps. C'était
pas assez vendable. Dans les colonies, c'était pas assez vendable.
Le gouvernement c'était pas mal leurs idées. Ils nous
ont jamais dit le fond de leur pensée. Dans ce temps-là
ils savaient peut-être qu'ils allaient fermer les colonies. Ça
pousse pourtant pas mieux sur le bord de la mer que ça poussait
dans ces terres-là. Hervé Richard, à Saint-Nil,
avait 65 vaches à lait... et y avait du foin sur les hauteurs
bien plus que je peux en avoir ici. Puis moi sur les morceaux de terre
que j'ai cultivés c'est pas le foin qui manquait puis le grain
quand on le mettait en terre...
«C'était
de la terre dure à faire un peu, c'était des terres neuves.
Des terres neuves c'est toujours dur à faire, qu'ils aillent
où ils voudront. La terre neuve, il faut la faire. Ça
prend du monde qui ont du coeur dans le corps pour faire ça.
J'ai été 32 ans là. Puis après 32 ans, eh
bien... dehors avec tes guénilles!!!
«Le
grabuge a commencé quand Lesage a rentré au pouvoir en
60 et que Gérin-Lajoie a commencé avec ses affaires d'instruction
puis à vouloir fermer les écoles. C'est parce que là
ils sont venus à bout de tout centrer les enfants dans les villes
puis à faire des transports d'écoliers. Ça fait
que ceux-là qui partaient des colonies, à 25 milles, qui
avaient trois ou quatre enfants qui venaient à Matane, qui fallait
qu'ils payent leur pension, ils ont suivi les enfants. C'est là
que les colonies ont commencé à se vider. Ils ont suivi
les enfants et sont allés dans les villes...»
Des paroisses
qui se vident
«En
1964, ils ont commencé à parler des paroisses parce que
ça se vidait un peu partout: Saint-Thomas, Saint-Jean, Saint-Paulin-Dalibaire
mais à Saint-Nil on avait jamais voulu fermer. En général,
les gens des rangs voulaient pas s'en aller non plus, mais par la force
des choses beaucoup ont suivi les enfants. Parce que ceux-là
qui ont des grosses familles puis que les enfants s'en allaient à
Matane. À saint-Nil, il y avait une école mais elle allait
seulement jusqu'à la neuvième année. Après
ça, fallait aller à Matane. C'est là que ça
commencé à se vider, puis ça c'est vidé
vite...
«On
a essayé de résister jusqu'en dernier. En 70, personne
voulait s'en aller encore. Mais seulement ça s'en allait pareil.
Ca s'est vidé tranquillement. Y en a qui partaient, qui faisaient
déménager leur maison...
«En
63-64, ils ont formé le bureau du B.A.E.Q. Ils ont commencé
à envoyer des gars dans les colonies pour commencer à
prêcher. Ils savaient ce qu'ils faisaient dans ce temps-là
eux autres. Ils savaient tous que c'étaient des colonies qui
allaient fermer. Ils nous l'ont jamais dit mais on est venus assez fins
pour comprendre. Ils ont voulu qu'on fasse un recensement de toutes
les paroisses, des valeurs, de la terre, du bois. Ils venaient au village,
faisaient une assemblée. Le monde venait là le soir, chacun
discutait mais eux autres disaient rien. C'est les gens qui devaient
parler. Le monde disait que c'était bon et ne voulait pas s'en
aller. Les gens sont partis quand même, parce qu'il n'y avait
plus rien pour vivre là. Plus ça diminuait, moins il y
avait de services. Il n'y avait plus d'essouchage au tracteur, plus
de primes, plus rien. Le gouvernement slaquait tout...
«Après
avoir fermé Saint-Thomas, Saint-Paulin-Dalibaire, ils ont eu
assez de trouble là puis ça coûté assez cher...
C'est pas les petits maudits crasseux qui étaient ici qui nous
aidaient. Ils cherchaient à nous caler. Il y en a que j'aurai
la barbe grise que je vais les reconnaître encore...
On ne demandait
pas de cadeaux
«Ils
faisaient des assemblées à tous les ans, en dernier c'est
venu qu'on savait que ça allait fermer. On a formé des
groupes, on a fait faire une enquête pour avoir la majorité
pour fermer la paroisse comme ils avaient fait ailleurs, à Saint-Thomas.
Mais après Saint-Thomas puis Saint-Paulin ils ont arrêté
ça de fermer en groupe parce qu'ils se sont faits poigner. Ça
coûtait trop cher. Là, fallait qu'ils fassent une autre
loi. Nous autres on voulait fermer parce qu'il n'y avait plus rien à
Saint-Nil, ça se vidait et tout le monde s'en allait parce qu'il
n'y avait plus de services.
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«On
avait demandé de la sylviculture il y a plusieurs années
de ça pour faire ce qu'ils font là actuellement;
on l'aurait fait sur nos terres et on aurait été
payés comme ils sont payés là. On aurait
voulu faire ça pour compléter notre revenu. L'été
on aurait fait de la sylviculture, on ne demandait pas un cadeau.
Là ils prennent des gens d'en dehors puis ils les montent
pour prendre la place de ceux qui sont partis...
«Quelques-uns voulaient partir, d'autres ne voulaient pas
fermer. Là il n'y avait plus de loi,on sortait individuellement.
On sortait un par un. Mais seulement on voulait avoir quelque
chose pour sortir. On ne voulait pas sortir avec rien. On a fait
une demande pour vendre nos propriétés mais on nous
offrait rien, presque rien.
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«Ça
venu que ça progressé. Plusieurs colons se sont
greillés de vaches.»
PHOTO
: Gilles Boileau
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«On
demandait un rajustement des évaluations. Les terres avaient
été évaluées trop basses. On nous donnait
rien pour sortir. Puis on voulait nous amener sur le bien-être
social, dans les H.L.M. Eux autres, le côté humanitaire,
le gouvernement puis les fonctionnaires, se sont pas occupés
de ça. C'est ça qui a été le malheur. Parce
qu'une personne qui a fait 32 ans sur une colonie ou 40 ans puis qui
a élevé sa famille là, qui a défriché,
qui vit là, il n'aime pas ça s'en aller dans une maison,
poigné entre quatre murs, pas pouvoir sortir sans se retrouver
tout de suite dans la rue. Moi, je ne suis pas capable de faire ça,
Je l'aurais pas fait...»
ABOITEAUX
Pour
empêcher que les hautes mers ne viennent inonder leurs prairies
littorales ou les quelques parcelles de terre qu'ils avaient tant
bien que mal récupérées et aménagées
dans les parties les plus basses, les habitants du bord de l'eau
ont érigé des digues de terre pour se protéger
et protéger leurs terres. Tout un système de canaux
et de portes permettait quand même de drainer la partie
sise en-deça de ces aboiteaux qui sont d'origine acadienne.
Un de plus anciens de ces aboiteaux est encore bien visible (de
la route) dans la grande anse de la Pocatière où
le premier de ces aboiteaux avait été érigé
sur la ferme du collège de Sainte-Anne en 1860. On les
rehaussait parfois par des rangées de pieux enfoncés
à la verticale dans le but de retenir les débris
des très grosses mers poussés par les vents. Au
cours des dernières années, on a remis en bon état
l'aboiteau de la seigneurie de Kamouraska (près de huit
kilomètres) entre le Cap-aux-Diables de Saint-Denis et
le Cap Blanc, à Kamouraska.
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J'étais
tout seul sur le rang
«Ça
fait qu'en voulant pas le faire, j'ai été obligé
de m'endetter. J'ai quitté en 1972. J'étais tout seul
sur le rang 10 et 11. J'avais plus de voisins, les voisins étaient
à trois milles. Ils étaient tous partis. Puis il fallait
que j'aille au village pour avoir le premier voisin. J'avais une auto.
On n'a pas été chanceux. On aurait sorti seulement avec
le dernier groupe qui a eu 5 000 piastres de cadeau qu'on n'a pas eu
nous autres. On va peut-être avoir 2 500 piastres rétroactifs
mais on mérite bien plus que ça. Ceux qui ont travaillé
contre la paroisse puis qui ont travaillé pour sortir tout le
monde ont eu 5 000 piastres de cadeau...»
Vendre
ma terre, vendre mes animaux...
«En
68, ma femme est tombée malade. Elle a paralysé. On a
été à l'hôpital à Québec. J'ai
vendu ma terre, ma femme était malade et moi aussi. J'avais plus
de bois à bûcher. Ma femme pouvait pas rester toute seule.
J'ai vendu mes animaux, j'ai vendu mes gréements. Là ça
parlait que ça voulait fermer. Si j'attends trop tard, je vais
crever avec ça que je me suis dit. J'allais dans le bois l'hiver,
là j'avais réussi à me placer pour le gouvernement
comme gardien de barrière dans la réserve de Matane. En
69, je travaillais encore un peu l'été mais j'ai été
opéré dans une hanche. Ils m'ont soudé la hanche.
En 70, j'étais encore à Saint-Nil mais je ne cultivais
plus...»
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