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Les impacts de la brasserie du ruisseau sur la destinée de Hull

 

Par PIERRE GOSSELIN

Autrefois appelée Bytown, la ville d’Ottawa doit son apparition à la construction du canal Rideau. Depuis son ouverture, ce cours d’eau artificiel est toujours considéré comme le principal attrait de ce qui deviendra par la suite le cœur de la capitale canadienne. De l’autre côté de la rivière des Outaouais, la partie la plus ancienne de la ville de Gatineau, appelée le « vieux-Hull », est aussi traversée par un cours d’eau tout à fait charmant. Il porte le nom de « ruisseau de la Brasserie ». En fouillant un peu dans son passé, nous apprenons que ce nom vient de la traduction littérale de « Brewery Creek ». Nous découvrons en même temps que la rue Montcalm se prénommait « Brewery Road ». Là où le ruisseau et la rue se rejoignaient, il y avait le pont-barrage « Brewery Bridge ». Il faut supposer que cette brasserie disparue depuis longtemps a joué un rôle très marquant pour avoir laissé une empreinte aussi tenace dans la toponymie de ce site.

Philémon Wright



Au cours des XIXe et XXe siècles, faut-il le souligner, à peu près toutes les industries majeures de cette ville québécoise ont vu le jour le long du ruisseau de la Brasserie. Ils en étaient tellement fiers que, pour s’en convaincre, les historiens de la région se sont donnés la peine de faire la chronologie de chacune d’elles. Les plus illustres étaient E.B. Eddy, Canada Packers, Hanson Mills, Walters Axe et bien d’autres. Apparemment, une seule n’a pas su vraiment attirer leur attention. Il s’agit de cette brasserie à laquelle nous faisions allusion dans le paragraphe précédent. Ce silence ne manque pas de nous intriguer. Une fatalité semble avoir effacé une à une les traces laissées derrière son passage dans le but de la faire oublier. Pourquoi avoir tant parlé des autres industries et si peu de cette brasserie? Ensemble, essayons de dissiper ce qui, pour l’instant, apparaît comme une légende forgée de toutes pièces par « je ne sais qui » pour des raisons bien obscures.

Contrairement à ce qui a déjà été rapporté, il est peu probable que Philemon Wright, le fondateur de la région, se soit mis à produire de la bière peu de temps après son arrivée dans la région au début du XIXe siècle. Elle était destinée à ses quelques compagnons d’aventure, suppose-t-on. Ceux-ci représentaient une quarantaine d’individus : femmes et enfants compris. Tous des agriculteurs ou à peu près, ils pouvaient facilement en fabriquer chez eux pour leur consommation personnelle. Ils n’avaient donc pas intérêt à acheter celle de Wright. D’un autre côté, cette bière ne pouvait pas être prévue pour l’exportation. À l’époque, elle coûtait cher à transporter et les bénéfices à en retirer auraient été à peu près nuls. À qui l’aurait-il vendue ? Un homme d’affaires avisé comme Wright ne se serait jamais lancé dans un projet aussi peu prometteur.

Emplacement de la brasserie

Site du ruissseau de la Brasserie, 1824+


Il est vrai par contre que Philemon Wright s’est mis à fabriquer du whisky sur une très grande échelle à partir de 1806. Largement consommée en tant qu’euphorisant chez les Amérindiens depuis les premiers temps de la colonisation, l’eau-de-vie permettait à Wright de réaliser des gains substantiels en approvisionnant ceux qui faisaient la traite des fourrures. Situé dans l’axe de ce florissant commerce, cet ancien pasteur évangéliste qu’était Philemon Wright a tellement bien exploité sa proximité avec les pays d’en haut qu’il s’est vite mérité le titre de « roi de l’alcool ». En 1813, il construisait une deuxième distillerie tellement ce trafic fonctionnait bien.

Avant l'incendie des archives de la Ville de Hull survenu en 1970, l’historien Ernest E. Cinq-Mars avait consulté des documents aujourd'hui disparus. À l’aide des renseignements recueillis, il a préparé des tableaux comparatifs sur les performances économiques de Philemon Wright. Dans son livre Hull : son origine, ses progrès, son avenir, l’auteur recense deux distilleries en 1820. Huit ans après cette date, il signale toujours l’existence de ces deux mêmes distilleries et note en plus l’apparition entre-temps d’une brasserie.À la lumière de ces maigres données, force nous est de constater que la première brasserie dans la région a obligatoirement vu le jour avant 1828, mais pas avant 1820.

Aucun autre document ne nous permet de connaître une date plus exacte des débuts de l'industrie de la bière dans la région. L'historien Léo Rossignol signale qu'une brasserie est apparue au moment du boom économique provoqué par l’arrivée du colonel-ingénieur John By. Suite à l’invasion du Canada par les troupes américaines en 1812, faut-il le rappeler, la Grande-Bretagne avait décidé de développer davantage les voies de communication loin de la frontière des États-Unis. À cette fin, dès le début des années 1820, un corps de l’armée britannique s’installait en face de l’agglomération appelée à l’époque Wrightstown. Il prenait place de l’autre côté de la rivière des Outaouais pour entreprendre la canalisation de la rivière Rideau. Les travaux commencèrent le 18 octobre 1826 et se terminèrent cinq ans plus tard.

Il serait logique de penser que la bière brassée par Philemon Wright était destinée aux militaires cantonnés sur le site actuel du Parlement canadien. Des milliers de travailleurs les suivront peu après, recrutés essentiellement en Irlande pour venir creuser le canal dont il est question ici. Ces Irlandais étaient reconnus pour être de fervents adeptes de cette boisson bon marché qui était réservée aux classes laborieuses. Il serait plus juste de dire à leur sujet qu’ils en abusaient facilement. À cause d’eux et de leurs excès, la région va sombrer dans la violence au cours des années suivantes. Cette violence n’aura pas lieu sur les chantiers de construction, car ceux-ci étaient sous l’autorité directe de l’armée. Cette dernière les soumettait à une discipline de fer.

Par contre, sur la rive Nord de la rivière des Outaouais, à Wrightstown, la situation était tout autre. À titre de chef de milice et juge de paix, Philemon Wright était responsable du maintien de l’ordre. Pour ne pas nuire à la vente de sa boisson, il se montrait plutôt indulgent vis-à-vis ceux qui manquaient de modération. Pour cette raison, les travailleurs se rendaient par bandes à Wrightstown pour venir se défouler chez nous. Ils semaient le désordre partout où ils passaient. Ils avaient le sentiment qu’ils pouvaient commettre n’importe quelles bêtises sans avoir à subir les conséquences de leurs actes. Les exploits légendaires de Jos. Montferrand s’inscrivent dans ce contexte d’anarchie générale.

En établissant une brasserie chez eux, les membres de la famille Wright se donnaient l'occasion de diversifier leur production agricole en y introduisant la culture du houblon tout en accroissant d'une façon appréciable celles de l'orge et du maïs. Avec l'apparition d'un nombre respectable de consommateurs de l'autre côté de la rivière des Outaouais, du moins le temps des travaux, les Wright voyaient s'ouvrir un marché plus que lucratif. Il s’agissait de réussir à les attirer chez eux en leur offrant cette liberté qui leur manquait tant de l’autre côté de la rivière.

En reliant les unes aux autres les îles situées en bas de la chute des Chaudières par sept ponts, l’armée facilitait considérablement les déplacements entre Bytown et Wrightstown malgré la force redoutable du courant sur la rivière des Outaouais. Ces ponts avaient été construits pour rendre possible le transport de la pierre nécessaire à la canalisation de la rivière Rideau. Vous le devinez bien, cette pierre provenait d’une carrière appartenant à Philemon Wright.

Comme les Wright avaient déjà deux distilleries en service, l’une d’elles a sans doute été convertie en brasserie durant cette période qui s’annonçait exceptionnellement prospère. N’oublions pas que la traite des fourrures commençait à péricliter à ce moment et que le commerce du whisky devenait moins payant. D’abord et avant tout, les Wright savaient que cette manne serait de courte durée. Il s’agissait d’en profiter le temps qu’elle passait tout en évitant de s’engager dans des investissements trop lourds. Toutefois, ils n’entrevirent aucunement les conséquences déplorables qui en résulteront à plus long terme.

Fraîchement arrivé de son Écosse natale, un sexagénaire aux mille talents, James Ferguson reconnaît avoir fait l'achat d'une brasserie à Wrightstown en juillet 1828 pour un montant de 300 livres. Il parle même de son intention de s'y installer avec sa famille. Comme nous le verrons un peu plus tard à la mort de Philemon Wright, il avait fait, non pas l’achat d’un bâtiment, mais celui d’équipements, d’une clientèle et d’un droit de brassage. Il est peu probable qu’il ait été à l’emploi de Wright auparavant. Cependant, la brasserie était déjà en opération depuis un bon bout de temps, car il est précisé que Wright avait implanté un réseau de tavernes à la grandeur du territoire sous sa juridiction afin d’y écouler sa bière. Une illustration de l’aquarelliste DuVernet indique que ses tavernes étaient déjà opérationnelles en 1823. Par le fait même, il faut conclure que la brasserie existait déjà à cette date.

Le moulin et la taverne de Philémon Wright à la chute des Chaudières en 1823.

Moins d'un an plus tard, James Ferguson démantelait sa brasserie à Wrightstown et la transportait sur l'île Green qu'il venait d'acquérir de l’autre côté de la rivière des Outaouais à Bytown. Cette île se trouvait au milieu de la rivière Rideau, juste au-dessus de la chute du même nom. A peine son projet mis à exécution, Ferguson mourait subitement d’une crise cardiaque.

Les espaces vides de l’ancienne brasserie à Wrightstown étaient demeurés la propriété de Philemon Wright. En 1832, celui-ci décidait de les louer au maître brasseur Ralph Smith qui les occupait depuis quelques mois à peine. Son bail était de cinq ans et trois mois à raison de 80 livres par année. Il y est stipulé que le locataire ne doit prendre que l’eau nécessaire au brassage. Il dispose de deux acres de terrain au sud-ouest du ruisseau pour son usage personnel. Son bail sera repris par Thomas Brigman, le gendre de Wright, au coût de 50 livres par année pour une période de deux ans. Comme le taux du loyer ne cesse de diminuer, il faut croire que les affaires allaient de mal en pis. Évidemment, le canal Rideau était terminé depuis 1832 et la plupart des ouvriers étaient déjà partis ailleurs pour y gagner leur vie.

À sa mort survenue en 1840, Philemon Wright léguait la brasserie à ses fils Tiberius et Ruggles. Aussitôt, les deux frères la louaient à Isaac Smith, un brasseur de profession, pour un montant annuel de 40 livres. Cette entente, valide jusqu'au premier août 1841, nous apprend que la brasserie comprenait plusieurs autres dépendances ainsi qu'une maison pour loger le brasseur et sa famille. Elle se situait à l'emplacement actuel du vieux château d'eau, à l’angle des rues Montcalm et Papineau. Elle était sur la rive droite du ruisseau, vis-à-vis de la chute, sur les hauteurs d'une dénivellation. Dans l’entente, il y est clairement spécifié que cette brasserie avait interrompu ses opérations et qu'il fallait les reprendre.

Pont de bois au-dessus des chutes Chaudière, 1828. Aquarelle de John Burrows, ANC, C-16331.



Le fait que l’édifice soit désigné sous le nom de Hull Brewery and Distillery dans le bail confirme notre hypothèse de départ que la brasserie avait été installée dans une ancienne distillerie puisqu’on ne fait aucune allusion aux activités reliées à la distillation. De toute façon, la tentative de faire redémarrer la brasserie ne connaîtra aucun succès. La mort de Tiberius en 1841 et les difficultés financières de Ruggles ne sont sûrement pas étrangères à la cessation définitive des activités brassicoles dans la région.

De 1844 à 1851, Ruggles Wright loua une partie des installations au docteur Descelles, pour un montant de 180 livres par année. Si les gens l’appelaient le « petit docteur des pauvres », le coût de son loyer dépassait largement celui qui était réclamé aux derniers brasseurs. En plus, une deuxième partie de la brasserie servait à loger des pensionnaires et une troisième avait été transformée en écurie pour abriter les chevaux des fermiers. En venant au village de temps en temps pour régler leurs affaires ou assister aux offices religieux, les fermiers les plus aisés se prévalaient de ce nouveau service qui leur était offert. Le bâtiment connaissait donc une nouvelle vocation qui n’avait plus rien à voir avec la boisson.

Au début de la décennie suivante, un marchand de Bytown, un nommé J. Footner, convainquit Ruggles Wright d’utiliser le pouvoir hydraulique du ruisseau en construisant une digue au haut de la chute. Un canal d'amenée dirigeait l'eau vers une roue pour mettre en marche des machines. Rien n'indique à quelle fin ces machines étaient destinées, mais nous avons toutes les raisons de croire qu'elles servaient à fabriquer des haches : d'abord avec Sexton Washburn et ensuite avec Henry Walters. De cette manière, R. Wright découvrait une nouvelle façon de rentabiliser le site de la brasserie grâce aux débits d’eau. D’ailleurs, il apprendra vite à faire de bonnes affaires à partir de cette source d’énergie partout où elle était disponible sur ses propriétés.

Au cours des années 1860 et ce, jusque en 1886, l'ancienne brasserie devint la propriété d’Ezra Butler Eddy au moment où ses entreprises prenaient une réelle expansion. Il en louait une partie à Henry Walters déjà connu pour la production de ses haches de qualité. À cause des difficultés temporaires rencontrées par E. B. Eddy sur le plan financier, les bâtiments et le terrain furent vendus au docteur Charles Everett Graham qui continua à les louer à Henry Walters. Dans les contrats, on identifiait toujours la construction sous le nom de Old Brewery House. Malgré les nombreux travaux effectués après sa fermeture, un plan de W. A. Austin montre que le bâtiment principal de la brasserie était resté intact à l’extérieur.

Wrightstown devenait la Ville de Hull suite à son incorporation en 1875. Cette nouvelle municipalité décidait en 1888 de s’approprier le site de l’ancienne brasserie, car elle espérait ainsi régler un conflit entre le nouveau propriétaire et son locataire, d’une part le docteur Charles Everett Graham, et, d’autre part, Henry Walters. Ce conflit était relié à l’utilisation du pouvoir d’eau. Le fait que le docteur était échevin au conseil municipal explique en partie une telle sollicitude de la part de la Ville en sa faveur. Toutefois, les élus municipaux avaient derrière la tête l’intention de réaliser un projet plus important que celui de simplement accommoder un des leurs.

Le site de l'ancienne brasserie en 1864.

Avec une population s’élevant maintenant à 10 000 habitants, la Ville se trouvait face à l’obligation d’améliorer au plus tôt son service d’alimentation en eau potable. Elle rencontrait de graves problèmes en ce qui concernait la qualité et la quantité d’eau à traiter. L’eau tirée des puits situés à l’arrière des maisons était de plus en plus souvent contaminée et ne suffisait pas à la demande lorsqu’il y avait des incendies. Suite à l’installation de deux pompes en amont du ruisseau deux ans plus tôt, sur une île cédée par E. B. Eddy, il y avait eu une diminution du courant à la hauteur de la chute au grand mécontentement de la Axe Factory Henry Walters and Sons. La diminution du courant d’eau affectait directement la force motrice de ses machines. Ainsi, en réglant les problèmes du docteur Graham, la Ville prévoyait régler les siens.

Les installations de l’ancienne brasserie

En plus de prévoir la mise en place d’une station de filtration sur le site, le conseil municipal élabora d’autres projets comme l’implantation d’une turbine capable de produire l’électricité nécessaire au bon fonctionnement de sa future station de filtration, à l’éclairage des rues de la ville et à l’approvisionnement de la Axe Factory Henry Walters and Sons. Les équipements étaient déjà achetés et les montants, votés pour le financement des travaux. Le décès de Henry Walters mettait subitement un frein à tous ces projets. Des complications avec la succession obligèrent la municipalité à prendre du temps à essayer de négocier une entente à l’amiable. Il fallut l’épouvantable conflagration de 1900 pour que la fille héritière de Henry Walters se montre plus flexible et accepte finalement de s’installer sur l’autre rive du ruisseau, là où son père avait déjà commencé à ériger un nouveau bâtiment.

Une fois la manufacture Axe Factory Henry Walters and Sons déménagée, la Ville de Hull procéda à la démolition de l’ancienne brasserie pour mettre à la place à ce qui deviendra le « Château d’eau ». En quatre-vingt-dix ans d’existence, ces installations auront été successivement une distillerie de 1813 à 1821 ou presque, une brasserie de 1821 à 1841, des espaces de location de 1841 à 1851, puis une importante fabrique de haches jusqu’au début des années 1900. Il est surprenant de constater que, dans l’esprit des gens, cet équipement soit toujours resté la « brasserie » puisque sa vie active à ce titre s’avéra bien éphémère.

La brasserie a un envers caché qui mérite d’être connu. Dans ses bonnes années, l’industrie de la bière avait attiré à Wrightstown tout ce qu’il y avait de plus vil dans la population de Bytown, qui deviendra plus tard Ottawa. En dépit du départ effectif de la brasserie en 1829 vers cette ville du Haut-Canada, Wrightstown continuera à subir les fâcheuses retombées qu’eut l’apparition de cette industrie chez elle au Bas-Canada.

Le ruisseau de la Brasserie et ses rives étaient pour les gens d’Ottawa l’endroit où trouver débits de boisson illégaux, tripots mal famés, bordels minables et autres endroits douteux du même acabit. Pour cette raison, plusieurs traversaient volontiers la rivière des Outaouais pour se plonger temporairement dans ce qui n’était pas toléré à Ottawa. Dans un tel contexte, nous devinons que le « Brewery Creek » avait acquis une bien mauvaise réputation. Lorsque Wrightstown devint Hull en 1875, son nouveau nom ne changea rien à la situation. La ville continua à souffrir de sa fâcheuse renommée. Pire, elle vit se multiplier sur son territoire d’autres recoins qui ressemblaient étrangement à ce que les gens appelaient le « Crique ». Trop d’intérêts étaient en jeu pour que les correctifs nécessaires soient apportés.

Au cours des dernières décades, des efforts incroyables ont été fournis pour essayer de faire disparaître cette tare léguée aux Hullois par les Wright. Le nom du site a été francisé à la fin des « années 1960 » pour devenir le « ruisseau de la Brasserie », les zones marécageuses ont été asséchées, les berges boueuses ont été consolidées par des murs en béton, des règlements ont interdit les dépotoirs clandestins et tous les bâtiments insalubres qui enlaidissaient ses rives ont été rasés. Les quelques-uns à avoir échappé au pic du démolisseur ont été restaurés de fond en comble au point d’en être méconnaissables aujourd’hui. Des mesures policières exceptionnelles ont été entreprises et poursuivies avec acharnement.

La récente fusion municipale survenue en Outaouais rassemble en une seule ville les anciennes municipalités d’Aylmer, Hull, Gatineau, Masson-Angers et Buckingham. Elle a toujours du mal à se défaire de ce réflexe conditionné qui consiste à toujours vouloir faire disparaître ce qui pourrait témoigner de son passé, un passé dont elle a honte en secret sans trop savoir pourquoi. Par bonheur, elle arrive à se ressaisir. Elle s’est même dotée d’une politique qui vise à faire de Gatineau une « ville d’art et de culture ». Mieux encore, le ruisseau de la Brasserie et la rue Montcalm sont en voie de devenir un axe de prestige au sein de la nouvelle ville. Gatineau semble enfin libérée de ses démons du passé.


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