Brouage, une ville morte qui vit de ses souvenirsPar GILLES
BOILEAU, géographe
Vue aérienne de Brouage. Photo : collection Gilles Boileau
«Brouage, Ville d'histoire et Place forte», d'Éliane et Jimmy Vigé, deux habitants de Brouage, débute par ces lignes: «Lorsqu'on se rend à Brouage pour
la première fois, venant de Rochefort ou de Marennes, par la
départementale numéro 3, on est d'abord surpris par cette
route en lacets dans un paysage aussi plat. Puis Brouage apparaît,
avec ses murailles couronnées de verdure, dressées comme
un relief au milieu des marais asséchés. Alors, on s'étonne
encore, car on cherche la mer - Brouage n'était-il pas un grand
port? - et on ne la trouve pas. On s'interroge à nouveau: pourquoi
avoir construit une place forte dans ce lieu dépouillé,
où apparemment il n'y a rien à défendre ni à
protéger?» «Battus par le vent salé de l'océan, les remparts de Brouage, empanachés d'ormeaux vénérables, apparaissent gisant à la surface du marais monotone. Souvenirs de guerre et d'amour planent sur Brouage la Morte, livrée au silence, mais qui semble appelée à devenir la ville-mémorial de l'amitié franco-québécoise comme en témoignent les nombreux drapeaux qui flottent au vent (...) Entre 1567 et 1570, naît à Brouage, d'une famille protestante, Samuel de Champlain. Navigateur avisé, aux ordres du roi Henri IV, il colonisa une partie du Canada et, parti d'Honfleur (Normandie) en 1608, fonda Québec...»
On entre dans le "pays" de Champlain. Photo : Gilles Boileau. Le marais de Brouage Brouage ne se distingue pas uniquement par son histoire. Son site remarquable et exceptionnel dans les anciens marais salants saintongeais lui confère une partie de sa renommée. Mais c'est aussi cette situation qui lui a valu des destinées diverses. Les basses terres de Brouage sont devenues depuis fort longtemps des «marais gâts» (i.e. gâtés). Comme l'écrit le professeur Henri Enjalbert, «Brouage, port du sel, né auprès d'un chenal sur des amas de pierres de délestage, place âprement disputée pendant les guerres de religion, est l'Aiguemortes de la Saintonge; ses remparts de pierre et de briques, que décorent de gracieuses échauguettes et une végétation folle, sont perdus au milieu des pâturages. Au début du XIXe siècle, les marais de Brouage furent, grâce à l'action des syndicats de propriétaires, drainés par un réseau d'écours et de fossés; d'anciennes salines furent aplanies ou comblées. » Au coeur d'un vaste pays humide, Brouage n'a ni canal
de ceinture, ni marais vraiment asséché. Envasé
depuis le XVIIe siècle, le chenal ou havre de Brouage continue
de se colmater, ce qui le rend incapable d'assurer le drainage de tout
le marais. Aujourd'hui, Brouage règne donc sur un marais mixte,
à l'exception de quelques polders avec digues en bordure de la
mer. Une ville née du sel Dans un document intitulé «Le Saint-Laurent, ressource nationale prioritaire», publié en 1985 par le gouvernement du Québec, les auteurs consacrent un large chapitre à l'aspect maritime de l'histoire du Québec. Ainsi on peut y apprendre que... «dès 1602, des armateurs de Rouen
se penchent sur la valorisation des transports à l'aller et au
retour. Leur capitaine, Pierre Chauvin, fait preuve d'ingéniosité
et suggère de prendre du sel à Brouage afin de le porter
à Gaspé, puis d'y acheter une cargaison de morue pour
l'Espagne, Marseille et le Havre. Par cinq opérations commerciales,
il cherchait cinq profits.» Quelques siècles plus tard, les nombreuses abbayes répandues à travers la France misèrent largement sur le développement des salines. Tout le sel récolté dans les marais salants du golfe de Saintonge ne pouvait être consommé sur place. Il fallut donc songer à en organiser le commerce. Ce commerce se faisait souvent par l'intermédiaire des marchands de la Rochelle. Ces grands courtiers passaient leur commandes à de petits commerçants locaux établis dans une dizaine de paroisses disséminées sur le pourtour du golfe, c'est-à-dire dans le marais de Saintonge: Moëze, Beaugay, Saint-Agnant, Saint-Jean-d'Angle, La Gripperie, Saint-Sornin, Saint-Just, Marennes, Bourcefranc et Hiers, entre autres, qui se mirent à aménager des aires productrices en creusant chenaux et canaux. Brouage s'imposa alors comme grand port exportateur de sel aux dépens de son rival Tonnay-Charente. Il devint même l'un des grands ports de l'Atlantique. Parce qu'il apparaissait comme une source facile d'enrichissement, le commerce du sel fit des envieux et sombra dans la fraude et les taxes et impôts de toutes sortes. Parmi ces droits gênants, il y avait en particulier «le droit de Brouage» qui frappait tout propriétaire dès qu'il transportait son sel à plus d'une lieue de l'endroit où il avait été déposé après la récolte. La «traite de Charente» frappait le sel qui remontait le fleuve. Seul le sel destiné aux greniers royaux semblait exempté de tout. Qui achetait tout ce sel? Plusieurs provinces de France comme l'Auvergne,l'Angoumois,le Limousin. Des étrangers en achetaient aussi d'importantes quantités: du beau sel blanc pour les Anglais, du sel gris et terreux pour les Hollandais, du sel gris perle pas trop foncé pour les Prussiens.
Les dernières traces d'un grand port. Photo : Gilles Boileau.
Le sel des marais de Saintonge et de Brouage passant
pour le meilleur pour conserver le poisson, les pêcheurs de Bretagne,
de Normandie et du Pays Basque en utilisaient aussi de fortes quantités.
En définitive, comme le rappellent Éliane et Jimmy Vigé,
on est en droit d'affirmer que le golfe de Brouage est devenu en 1550
le premier centre d'exportation du sel en Europe. Et pourtant, malgré
la proximité de la Rochelle, les conditions pour jouer un tel
rôle ne sont pas entièrement favorables puisqu'il n'existe
sur les bords du havre aucune ville assez grande où puissent
se traiter les affaires, les marchands et les courtiers étant
dispersés dans les petites agglomérations voisines dont
nous avons déjà parlé. Il fallait donc créer
une ville qui deviendrait la capitale du commerce du sel. C'est ainsi
que Brouage fut véritablement créée vers 1555 par
Jacques II de Pons, baron de Mirambeau. Les guerres de Religion Les guerres de Religion survenant, il fut sagement décidé de fortifier Brouage et d'en faire une cité catholique forte, capable de résister à sa voisine et rivale, la huguenote la Rochelle. Séparées par une cinquantaine de kilomètres seulement, les deux villes portuaires affichaient des positions nettement opposées et irréconciliables: c'était Brouage la catholique contre la Rochelle la protestante. Sur un petit espace, il n'y avait, selon les Rochelais, pas de place pour deux villes commerçantes. Les deux ne pourraient subsister. L'une devait disparaître. C'est la Rochelle qui allait frapper la première et tout faire pour éliminer sa rivale et la réduire au silence. Elle allait y arriver assez rapidement et sans trop de difficultés. Fortifiée donc au milieu du XVIe siècle pour devenir le grand arsenal de Richelieu, cela n'empêcha pas Brouage, malheureusement, de connaître un déclin rapide en raison de l'envasement du chenal y donnant accès, après que les gens de la Rochelle, en 1586, durant le siège de la ville, y eurent coulé des vaisseaux chargés de pierres. C'est le commandant rochelais Saint-Gelais qui avait coulé vingt gabarres pleines de pierres dans le passage le plus étroit du havre de Brouage. Rapidement, les embarcations, immobiles et engluées sur les fonds, disparurent sous la vase et le sable. Le havre de Brouage, que l'on décrivait à l'époque comme «le plus beau de France» devint un chenal comme les autres. Coulés dans le principal chenal alors appelé «Grand Garçon», qui faisait communiquer le golfe de Brouage avec l'Océan Atlantique, ces vieux bateaux mirent fin au règne de Brouage. François d'Espinay de Saint-Luc, le commandant de la garnison, combattit avec fureur les Rochelais. Même avec son imposante flotte de gros vaisseaux, commandés par des volontaires, il n'y put rien et dut se résigner à assister au commencement de la fin. Les nombreux travaux de dragage entrepris par la suite n'aboutirent à rien et Brouage fut en quelque sorte étouffé, asphyxié. La mort fut lente mais certaine. Le commerce du sel devait faire la fortune de Brouage et assurer son destin. Il a plutôt causé sa perte.
Cette vieille porte d'entrée à Brouage rappelle Louisbourg. Photo : Gilles Boileau Louis XIV et Marie Mancini Sur les murs de la Forge Royale, à deux pas de l'escalier qui mène à la promenade des remparts, les visiteurs peuvent lire cette courte et sobre inscription: C'est par cet escalier de pierre que Marie La belle Marie Mancini était la nièce du cardinal Mazarin, d'origine sicilienne. Cette «sombre italienne» avait fait la conquête du froid Louis XIV qu'elle avait enveloppé d'une brûlante passion. Mais la diplomatique sagesse et la stratégique prudence de Mazarin devaient contrer les plus beaux espoirs de sa nièce. En effet, Mazarin, désigné successeur de Richelieu par le grand cardinal lui-même, voulant demeurer fidèle à la politique de son prédécesseur, endossa ses idées de grandeur. Comme le rappelle le Père Maxime Le Grelle dans «Brouage Québec - Foi de Pionniers»... «Mazarin travaille à donner à la France ses frontières naturelles de l'Escaut aux Pyrénées et, pour cela, à parvenir à une entente durable avec l'Espagne». La meilleure façon d'y arriver était assurément d'établir et de sceller des liens de solidarité et d'amitié, au nom des deux pays, entre les familles qui présidaient alors aux destinées de ces deux grands États. Dans l'esprit de Mazarin, le mariage du jeune roi Louis XIV avec l'Infante Marie-Thérèse devait assurer au cardinal la réalisation de son objectif ultime. Mais pour assurer ce grand succès, il devrait décevoir sa propre nièce et lui causer un grand chagrin d'amour. Louis XIV avait fait la connaissance de la belle Marie alors qu'il avait rendu visite à sa mère, Madame Hiéronyme Mancini, la soeur du cardinal Mazarin. La jeune Marie étudiait alors les belles lettres. À chaque visite du jeune roi auprès de sa mère, elle trouvait le moyen de se trouver sur son passage. Il en résulta bien vite une grande flamme et le roi n'hésita pas à se montrer fréquemment en présence de la douce Marie. La conduite et les amours du roi et de sa nièce vinrent contrecarrer les vues du cardinal qui jugea alors nécessaire d'éloigner les deux jeunes amants. Il ordonne alors à sa nièce Marie et à ses deux soeurs de quitter Paris pour la Rochelle. Puis, un beau jour de 1659, les trois soeurs partent donc pour la Rochelle alors que le roi doit lui aussi quitter Paris en direction de Bayonne où il rencontrera l'Infante d'Espagne Marie-Thérèse. Mazarin croit avoir tout prévu. Marie est triste à la Rochelle et désire plutôt se réfugier à Brouage. Son carrosse y entre le 14 septembre 1659. Les cloches sonnent à toute volée et la belle Marie descend au palais du Gouverneur. Mais en dépit des distractions qu'on lui impose et de la visite des demoiselles de Marennes, «quatre jeunes filles bien faites et de qualité», Marie s'ennuie et n'oublie pas son roi. Le Père Le Grelle ajoute... «Face à la résidence du Gouverneur, elle observait du haut des remparts le mouvement lent des bateaux qui entraient dans le port ou en sortaient. Le soir venu elle contemplait les éblouissants couchers de soleil.» Mise au courant des épousailles du roi qui a
accepté le mariage espagnol, Marie quittera Brouage pour Paris
le 30 décembre. Le mariage eut lieu le 9 juin 1660 à Saint-Jean-de-Luz,
en pays basque. Sur son trajet de retour vers Paris, le roi s'écarta
volontairement de l'itinéraire prévu et passa par Brouage
en compagnie de trois compagnons. Il n'avait pas oublié Marie.
La preuve en est qu'il demanda à habiter dans la même chambre
qu'elle avait occupée. Et lui aussi, au soleil tombant, allait
se promener sur les remparts. Samuel de Champlain Le souvenir du père de la Nouvelle-France est présent partout à l'intérieur des remparts: rue Champlain, école Samuel de Champlain, café Champlain, mémorial à Champlain, et depuis peu maison Champlain, etc., sans compter les très nombreuses plaques commémoratives, tous les documents et souvenirs traditionnels à l'intention des milliers de visiteurs. La plaque la plus prestigieuse a été installée à l'entrée nord de la ville, près de la porte Royale. Elle a été érigée par la Fondation Héritage-Ontario et par le ministère de la Culture et des Loisirs Canada (sic!). En lettres d'or sur fond d'azur, elle est ainsi libellée: «Né à Brouage vers 1570, cartographe et colonisateur de renommée mondiale, Champlain leva l'ancre de Honfleur en mars 1603, lors de la première d'une vingtaine de traversées entre la France et le Canada. Cinq ans après avoir levé l'ancre, il fondait Québec jetant ainsi les fondements de l'empire français en Amérique du nord. Explorateur intrépide, il parcourut l'intérieur du continent et pénétra jusqu'au coeur du territoire devenu maintenant l'Ontario. Les récits de ses voyages fournissent la première description d'une région qui fut, deux siècles durant, la principale route commerciale vers l'ouest canadien. Bâtisseur, administrateur et défenseur de la colonie, son énergie indomptable lui mérita le titre de «Père de la nouvelle France». Il décéda le 25 décembre 1635 à Québec où il fut inhumé.»
Un bien modeste monument pour un grand homme. Photo : Gilles Boileau. Le 29 août 1970, le gouvernement du Québec rendit hommage à Champlain en dévoilant un sobre mémorial en son honneur. Ce monument porte l'inscription suivante: «Ici s'élevait la maison où naquit et vécut toute son enfance Samuel de Champlain, père de la Nouvelle France et fondateur de Québec». Curé de la commune de Hiers-Brouage, le jésuite Maxime Le Grelle fut de longues années le promoteur des amitiés Brouage-Québec. Dans sa modeste église, où il est inhumé, il avait organisé une exposition permanente sur les origines et l'évolution de la Nouvelle France. L'un de ces rappels historiques se lit ainsi: «Passant, visiteur, habitant du pays, un homme est parti d'ici qui s'était mis en tête de fonder une autre France au-delà de l'océan, Samuel Champlain. Des pionniers, décidés comme lui, des femmes de dévouement, des missionnaires au coeur de feu, l'ont suivi. Souvent les vents leur furent contraires. Cher visiteur, réfléchis, prête l'oreille à ces voix du passé qui montent d'outre-atlantique et qu'enfle le souffle de l'océan. Souviens-toi! Sois fidèle!» Le curé propagandiste et ardent zélateur de la cause de Champlain, de la Nouvelle France et des amitiés Brouage-Québec, avait une profonde vénération pour la mémoire de Champlain, comme le montre clairement cette autre plaque fixée aux murs de la petite église de Brouage: «Chassé de Québec en 1629, par les Anglais, Champlain a prié dans cette église, promettant de faire construire un sanctuaire en l'honneur de Notre-Dame de Recouvrance à Québec si le Canada lui était rendu. Il a été exaucé et s'est acquitté de son voeu.» En vérité on sait bien peu de choses sur les années passées à Brouage par Samuel de Champlain. Champlain lui-même dit bien dans ses écrits qu'il est né à Brouage mais donne fort peu de détails sur sa famille et sa vie. Personne n'est certain ni de sa date de naissance ni du moment exact de sa mort. À propos des origines de Champlain et de son séjour dans la petite ville, les historiens du lieu écrivent: «Les générations successives
de Brouage se sont transmis, depuis le XVIIe siècle, le souvenir
d'un petit «gardien de brebis», fils d'un maçon,
pêcheur à ses heures, habitant rue des trois Vierges, une
maison à porte cintrée aujourd'hui en ruine.» Brouage aujourd'hui En réalité, Brouage n'est plus aujourd'hui qu'un petit village d'ostréiculteurs qui ont aménagé leurs claires (i.e. parc d'élevage d'huîtres) là où s'étendaient jadis les marais salants. Ces «claires», c'est du haut des remparts qu'on les admire le mieux. Tout comme c'est de cette promenade exceptionnelle que l'on revit le plus intensément l'histoire de cette ancienne place forte. Brouage, ville fortifiée du XVIIe siècle, conserve de l'époque de Richelieu et de Mazarin une magnifique ceinture de remparts, dont l'idée revient à l'ingénieur d'Argencourt. Outre ces deux kilomètres de fortifications dotées de vingt-deux échauguettes, la halle aux vivres, deux ports souterrains, deux poudrières, deux forges royales, d'impressionnants bastions et courtines, une modeste église ainsi que les vestiges de l'hôpital replongent les visiteurs dans les grandes heures de l'histoire de Brouage. Sans parler du souvenir de l'énigmatique Samuel de Champlain ou de la nostalgique et amoureuse figure de Marie Mancini. Du haut des remparts, aujourd'hui, on distingue à peine la mer. Ce n'est plus qu'une mince ligne à l'horizon. Le havre de Brouage n'est plus qu'un souvenir. Réduit à un filet d'eau, il est à sec à marée basse alors que les barques, aux couleurs vives, semblent échouées à jamais. Des deux côtés de ce canal s'éparpillent quelques dizaines de cabanes et d'appontements utilisés pour le travail des moules et des huîtres, seule activité encore pratiquée au village, mis à part le tourisme. Il y a belle lurette qu'on ne récolte plus de sel à Brouage. Pour ne pas mourir totalement, la commune a fusionné avec sa voisine, la commune de Hiers. Ensemble, la nouvelle entité compte environ 475 habitants, auxquels il faut ajouter la horde des 150 000 touristes annuels, où les Québécois tiennent une place fort impressionnante. Les marais ont été assainis et sont toujours entretenus. Si certains canaux ont été colmatés depuis fort longtemps, quelques siècles parfois, d'autres sont sans cesse ravivés afin de garder le caractère originel du milieu. Ces marais ont été transformés en bonne partie en riches pâturages et sont devenus une richesse écologique incontestable. Sur les remparts, d'échauguette en échauguette, de la halle aux vivres aux écuries, de courtine en bastion, de la poudrière Saint-Luc à la poudrière de la Brèche, on revit chaque instant, comme sur un écran multicolore, des siècles d'histoire, de vie, d'amour, souvent d'angoisses. Tout revient en mémoire: des amours décues de Marie Mancini aux projets de voyages du jeune Samuel de Champlain. On vient à Brouage pour y revivre un précieux
moment de l'histoire de la Nouvelle France. Entre Brouage et Québec,
des liens intimes existent. Champlain, cet enfant de Brouage qui quitta
son village par un beau matin laissant derrière lui des remparts
perdus dans le marais, selon l'expression du journaliste bordelais Thomas
Brosset, mérite qu'on s'arrête à son histoire et
à celle de son pays. On ne peut dissocier les deux histoires
de Brouage: celle de ses remparts et celle du plus illustre de ses enfants.
Brouage a deux pays: la Saintonge et le Québec. |