| Louis-Joseph
Papineau
LETTRES À SES ENFANTS
Texte établi et annoté par Georges Aubin et
Renée Blanchet
Les Éditions Varia, 2004
 Laissons au professeur Yvan Lamonde le soin de
présenter ce précieux document: «La correspondance
de Louis-Joseph Papineau avec ses enfants jette une lumière
nouvelle sur la famille Papineau, son sens de la filiation et
l'importance sous-estimée d'Amédée; elle
révèle comment la famille, le jardin et la bibliothèque
ont constitué le coeur de la vie de Papineau à son
retour d'exil. Essentiellement postérieures à 1845,
les lettres du père aux enfants, et principalement à
Amédée, permettent de documenter dans le détail
la construction du manoir de Montebello et apportent du nouveau
sur les positions du seigneur Papineau à l'égard
de l'abolition du régime seigneurial».
C'est plus de 700 lettres que les auteurs-chercheurs
présentent dans ces deux tomes que nous offrent les Éditions
Varia. Au total: plus de 1 400 pages pour satisfaire notre curiosité
historique. Toutes ces lettres racontent la vie quotidienne du
grand politicien, dont on oublie parfois qu'il accordait beaucoup
d'importance à son rôle de père de famille
et de gestionnaire de sa seigneurie. À travers cette abondante
correspondance, on découvre aussi un Papineau aux allures
de botaniste et de philosophe.
Le premier volume nous mène de 1825 à
1854 et le second de 1855 à 1871. Presque un demi-siècle
de découvertes et de confidences, de la Chambre d'Assemblée
à son manoir de l'Outaouais, sans oublier les périodes
d'exil à Albany et à Paris. L'excellence de ces
deux ouvrages tient tout autant à l'intérêt
de leur contenu qu'à la grande conscience et à la
persévérance exemplaire des auteurs Aubin et Blanchet.
Souhaitons que cette nouvelle contribution à la connaissance
de Papineau, tant de son oeuvre que de sa pensée, nous
permette de mieux comprendre ce grand chef patriote qui, depuis
1837, porte toujours, en quelque sorte, les «stigmates de
Saint-Denis». Quoi qu'il en soit, c'est près de 50
ans de notre histoire que nous revivons avec Papineau. On remarquera
que la majorité des lettres de Papineau à ses enfants
sont écrites de Montebello. G.B.
CATHERINE DE BAILLON
Enquête sur une fille du roi
Raymond Ouimet - Nicole Mauger
Septentrion & Éditions Christian,
2001, 262 p.

Qui n'a jamais parlé des Filles du roi? Et avec plus ou
moins de délicatesse parfois? C'est justement parce qu'on
a beaucoup médit à leur sujet que nous jugeons utile
de souligner, même avec un certain retard, le dossier que
les auteurs Ouimet et Mauger ont consacré à l'une
d'entre elles en 2001. En introduction, les auteurs rappellent,
avec tristesse, que dès 1640 une rumeur avait couru dans
les rues de Paris voulant que des prostituées auraient
été envoyées au Canada. Même le baron
de la Hontan s'était abaissé à colporter
cette rumeur publique... Mais depuis quelques décennies,
le dossier a été assaini, en commençant par
Gustave Lanctôt qui, en 1952, s'attacha à rétablir
la vérité... et la réputation des Filles
du roi. Sylvio Dumas, en 1952, et Yves Landry, en 1972, s'y employèrent
également avec autant de rigueur que de vigueur.
C'est le P. Archange Godbout qui, l'un des premiers,
dès 1943, parla de Catherine de Baillon. Avec
conviction et persuasion il s'appliqua à démontrer
la «qualité» de cette «fille».
En vérité, c'est cette histoire et cette enquête
que reprennent les auteurs. Il le font à partir de cette
simple question: «Qui était donc cette émigrante
débarquant en Nouvelle-France en 1669?»
D'archives nationales en sentences de baillage,
d'actes de baptêmes en actes de sépulture, Raymond
Ouimet et Nicolas Mauger ont parcouru l'île-de-France, la
haute et la basse Normandie, de même que le coeur du Québec
et la Côte-du-Sud. Partis à la recherche de Catherine
de Baillon, ils ont aussi rencontré sa fille aînée,
Catherine Marie Miville, qui leur a servi de guide et avec qui
ils ont recherché les traces de sa mère. C'est d'autant
plus intéressant et passionnant que l'aventure débute
au XVIIe siècle.
Catherine de Baillon, fille du roi, appartient
à cette immense cohorte de femmes courageuses qui ont contribué
à faire de la Nouvelle-France le pays du Québec.
Nous avons envers elles un devoir de mémoire et un devoir
de justice. Cette «Enquête sur une fille du roi»
ne doit pas nous laisser indifférents. G.B.
RENÉ LÉVESQUE
Une vie, une nation
Par Marguerite Paulin
XYZ éditeur, 2003, 164 p.

Quelle heureuse initiative que cette «petite» collection
consacrée aux «grandes figures» par les Éditions
XYZ. Bien sûr, ce n'est pas à cette collection qu'il
faut faire appel pour tout savoir sur les hommes et les femmes
qu'on nous présente, mais c'est exactement ce qu'il faut
pour nous les faire aimer et nous donner le goût d'encore
les mieux connaître. L'exemple de ce modeste mais captivant
ouvrage dédié à ce grand Québécois
parmi les plus grands que fut René Lévesque est
manifeste. Après avoir découvert, sous la plume
bien vivante de Marguerite Paulin, quelques moments intenses de
la vie de cet homme, il ne reste plus qu'à tenter de l'apprivoiser
un peu plus et un peu mieux, à tenter même de se
l'approprier.
Quelques lignes en note liminaire donnent l'esprit
de cet ouvrage... «Une autre biographie de René
Lévesque? Cela va de soi! La collection "Les grandes
figures" ne pouvait passer à côté d'un
homme aussi exceptionnel. Il existe des dizaines de livres sur
De Gaulle, sur Kennedy. Pourquoi n'y aurait-il pas divers points
de vue littéraires sur René Lévesque? Plus
d'un cinéaste peut filmer un même personnage, plus
d'un peintre peut faire le portrait d'un même visage. Chacun
à sa façon et avec son style».
Ce récit biographique est un regard affectueux
mais réaliste sur un destin unique. Le résumé
d'une vie en une centaine de pages. Rien n'a été
inventé. L'auteur a simplement suivi ce conseil de La Bruyère;
«Tout écrivain, pour écrire nettement,
doit se mettre à la place de ses lecteurs».
Et Marguerite Paulin a très bien réussi. Cet ouvrage
est plus que le résumé d'un destin exceptionnel,
c'est une sorte d'invitation au dépassement mais surtout
une leçon d'amour envers son pays.
Citant en exergue le docteur Camille Laurin,
l'auteur nous dévoile l'homme dont elle nous trace les
grandes lignes de vie: «Il oscille lui-même entre
la nuit et la lumière, l'impatience et la confiance, la
tendresse et la sévérité, la mercuriale et
l'appel au dépassement...» G.B.
LA GASPÉSIE
Par Mario Mimeault
Les Éditions de l'IQRC,
Presses de l'Université Laval, 2004, 190 p.
 Ce petit livre se veut la synthèse de
l'Histoire de la Gaspésie écrite par Desjardins,
Frenette et Bélanger. Ne voulant toutefois pas faire oeuvre
de copie, l'auteur - historien, enseignant et chercheur spécialisé
dans l'histoire des pêches canadiennes - en a profité
pour offrir au lecteur sa propre vision du monde gaspésien.
Cet ouvrage s'inscrit dans une collection intitulée «Histoire
en bref» consacrée aux régions du Québec.
Cette collection a pour but de présenter
une version abrégée de chacun des ouvrages rédigés
et déjà parus dans le cadre du chantier des histoires
régionales du Québec de l'INRS - Culture et Société,
auparavant l'Institut québécois de recherche sur
la culture, et publiés depuis 1980. Dans La Gaspésie,
l'auteur expose les faits et les traits marquants de l'évolution
de la région, des origines à nos jours, en évitant
de faire montre d'une trop grande érudition, ce qui aurait
limité l'usage et la compréhension de ce document
qui pourra ainsi contribuer à une meilleure connaissance
de ce coin de pays.
Pour reprendre les paroles de l'auteur lui-même,
«ce livre invite lecteurs et lectrices à parcourir
plus de 500 ans d'une histoire fortement caractérisée,
non sans problèmes, mais toujours vivante».
Après cette lecture il se pourra que l'on comprenne mieux
comment les Gaspésiens et les Gaspésiennes mériteraient
davantage d'attention et de justice de la part des gouvernements
tant provincial que fédéral qui ne cessent d'exhiber
leur manque de volonté et parfois même leur couardise,
ne serait-ce que dans les deux malheureux dossiers de Murdochville
et de la Gaspésia. Sans parler des autres. Voilà
un ouvrage qui a le mérite d'être utile, d'être
lu facilement, en peu de temps et du même coup d'accroître
nos connaissances sur la Gaspésie.
Mais si les éditeurs veulent que cette
série obtienne le succès qu'elle mérite,
peut-être faudrait-il revoir le concept de la page frontispice
qui aurait intérêt à «faire plus simple».
Quand on veut trop en dire, on n'arrive pas toujours à
se faire comprendre. Même remarque pour le soin à
apporter à la rédaction du texte de 4e de couverture,
avec sa faute d'orthographe et sa coquille. G.B.
Saint-Viateur d’Outremont
: 1902-2002
Ludger Beauregard
Les Éditions Histoire Québec, 2004
80 pages illustrées

Une autre histoire de paroisse! D’une
paroisse urbaine qui a mobilisé des milliers de fidèles
au cours des cent dernières années. De fidèles
qui ont financé la construction d’une grosse église
et de deux grands presbytères. D’une fabrique qui
a géré une institution reli¬gieuse qui a répondu
aux besoins spirituels d’une communauté chrétienne.
D’une commu¬nauté nombreuse autrefois, mais en
voie d’effritement. D’une Église en manque
de pasteurs et de pratiquants. D’une église belle
comme un musée d’art, mais de plus en plus désertée.
D’un patrimoine en quête d’avenir. Une histoire
paroissiale comme beaucoup d’autres, mais cependant assez
particulière.
Saint-Viateur d’Outremont est né en 1902 et s’est
développé sous la houlette des Clercs de Saint-Viateur
qui y ont fourni douze curés et les services de nombreux
vicaires et enseignants. Ces religieux ont marqué l’évolution
de la paroisse tant au niveau spirituel que temporel. Sous la
présidence des curés, la fabrique a réussi
à doter les paroissiens d’un superbe temple néogothique
magnifiquement meublé et décoré par des maîtres
artisans tels que les frères Soucy, Olindo Gratton, Médard
Bourgault, Henri Perdriau et Guido Nincheri. Au cours des âges,
les célébrations demeurent bien soignées
et embellies de chant et de musique de qualité. Avec à
peine une centaine de familles en 1903, la paroisse en compte
1 500 dans les années 60. De 1902 à 2002, les prêtres
administrent 4 200 baptêmes et célè¬brent
3 275 mariages.
Depuis Vatican II et la Révolution tranquille, la communauté
chrétienne de Saint-Viateur a décliné et
fait maintenant partie de l’Unité pastorale d’Outremont
tout en conser¬vant – temporairement? – sa fabrique
et sa belle église.
LE PARC JARRY DE MONTRÉAL
Par François Hudon
Les Éditions Logiques, 2001

Cette étude aurait méritée d'être signalée
plus tôt. En fait, c'est l'ensemble des arrondissements
9 et 10 du Montréal contemporain dont on retrouve ici,
en partie, les principaux repères historiques, de l'arrivée
des premiers colons au vaste éventail ethnique et culturel
de l'actuelle population de ces quartiers.
La démarche avance autour de deux pôles.
D'abord la famille Jarry, pionnière des lieux, qui,comme
tout Montréalais le sait, fut active dans l'immobilier,
la politique municipale, le commerce automobile. Puis aussi, dans
le développement local, dont le déploiement du Parc
Jarry, prétexte du titre et du sous-titre («75 ans
d'histoire») du livre. Au Parc Jarry donc, on suit au départ
l'aménagement paysager, ensuite le développement
des activités qui en ont fait un site de ralliements, tant
civiques (des Témoins de Jéhovah à Jean-Paul
II!) que sportifs (les Expos, l'Omnium international de tennis...)
Pour faire bonne mesure, l'auteur en a profité
pour évoquer le contexte plus vaste de la politique métropolitaine
quant aux grands parcs et aux espaces verts. Ainsi s'est ajoutée,
au-delà d'une étude de cas, toute une série
de pistes d'investigation. (André Girard)
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