L'industrie
laitière au Témiscamingue 1908-1960
Par MARC RIOPEL
L’agriculture constitue une des principales activités
économiques du Témiscamingue. Le touriste de passage dans
la région le remarquera aisément par le nombre de fermes
et, surtout, par la place qu’elles occupent dans le paysage régional.
L’agriculture s’implante dès les débuts de
la colonisation du Témiscamingue, au milieu des années
1880. Elle se développe considérablement à la suite
de l’implantation de l’industrie laitière, à compter de 1908.
1. Les fermes du Témiscamingue à
l’époque des chantiers forestiers, 1880-1908
À la fin du XIXe siècle, alors que les vieilles régions
québécoises amorcent la transition vers l’industrie
laitière, le Témiscamingue est en pleine période
de colonisation. Les colons témiscamiens orientent leurs productions
en fonction des chantiers forestiers, en particulier la culture du foin,
de l’avoine et des pommes de terre. Ils remplacent alors les marchands
de bois qui exploitaient des fermes pour l’approvisionnement des
chantiers. Les nouveaux centres de colonisation, qui s’étendent
vers le nord et vers l’est de la région, se situent à
proximité des zones de coupes forestières. Ces agriculteurs
deviennent les fournisseurs des chantiers forestiers. Ceux des vieilles
paroisses agricoles doivent miser sur de nouveaux marchés, créés
au début du XXe siècle, à la suite de la mise en
valeur des gisements miniers en Ontario. Toutefois, cela ne s’avère
pas suffisant pour sortir l’agriculture du cycle de l’autoconsommation.
Cela viendra partiellement au début des années 1910, alors
que les agriculteurs témiscamiens, établis depuis quelques
années, adoptent à l’instar de ceux des autres régions
québécoises, l’industrie laitière. Cela leur
permettra de s’assurer un revenu stable, en plus des autres sources
d’emploi à l’extérieur de la ferme.

Une grosse ferme appartenant à Jérémie Gaudet, à Duhamel-Ouest (Ville-Marie) sur le chemin de Guigues, en 1914. Source : Société d'histoire du Témiscamingue, PH 23-1-2, fournie par Liliane Gaudet.
2. L’agriculture à l’ère
de l’industrie laitière et des coopératives, 1908-1960
Le développement de l’agriculture témiscamienne
suit les mêmes tendances générales que celles remarquées
à l’échelle du Québec et des autres régions.
Ainsi, pour bien comprendre les enjeux de cette période, il convient
tout d’abord de présenter les principales tendances de
l’agriculture québécoise de la première moitié
du XXe siècle.
Survol de l’agriculture au Québec
Au cours de cette période, des changements surviennent en agriculture
dans les régions québécoises, sans toutefois en
modifier le caractère essentiel, en l’occurrence la production
familiale axée principalement sur l’autoconsommation. Les
grandes orientations de l’agriculture, mises en place au début
du XXe siècle, se poursuivent : domination de l’industrie
laitière, essor de l’élevage du porc, stagnation
de l’élevage du mouton, production d’avoine dominante
et progression de la culture des pommes de terre.
Le développement de nouveaux secteurs industriels, dans les années
1910, entraîne la création de petites et de moyennes villes,
créant ainsi un nouveau marché local pour les agriculteurs.
La faible productivité des petites fermes familiales demeure
encore le problème principal, même si des efforts sont
faits pour stimuler les petits producteurs. Toutefois, dans chacune
des régions, certains paysans se démarquent des autres
et passent au stade de la commercialisation de leur production, mais
ils restent minoritaires. À cette époque, l’industrialisation
de l’agriculture souffre d’un retard par rapport aux autres
secteurs de l’économie.

La ferme de Louis Bibeau. Source : Société d'histoire du Témiscamingue, fournie par Canadian Pacific Ry Co., Photograph Dept. pcb #11.
Les marchés des produits agricoles au Témiscamingue
Au Témiscamingue, la vague de prospérité de l'après-guerre
(1914-1918) entraîne la construction d’un moulin de pâtes
à papier à Témiscaming, en 1917, l’érection
d’une série de barrages hydroélectriques sur la
rivière Des-Quinze, dans les années 1920, et le développement
minier de Noranda, à compter de 1925. Ces nouvelles villes constituent
un marché naturel pour l’écoulement des produits
des agriculteurs témiscamiens, en particulier des légumes,
du lait et de la viande bovine. D’autres activités s’ajoutent
également, comme la vente des petits fruits et des bleuets. Ce
marché a été profitable pour certains agriculteurs.
Ces nouveaux revenus familiaux permettent à certains agriculteurs
progressifs d'investir dans leur exploitation agricole et de sortir
graduellement du cycle de l'autosuffisance.
En général, les agriculteurs ne vendent pas directement
leurs produits et leurs animaux. Ils passent plutôt par des intermédiaires
qui leur achètent et les revendent sur les places du marché.
Ces gens ont des espaces réservés au marché où
ils peuvent étaler leurs marchandises.
«Faire» le marché
Certains agriculteurs se rendent aussi au marché pour y vendre
leur produit. Avec la quantité de viande nécessaire, c'est-à-dire
quatre porcs, deux bœufs, deux ou trois agneaux, toutes les poules
et tous les œufs disponibles, l'agriculteur va faire marché à Haileybury. Il place sa marchandise dans des boîtes de
bois, attelle ses chevaux et prend la direction du quai de Ville-Marie,
de Guigues ou de Notre-Dame-du-Nord. La famille s'embarque sur le Météor ou le Témiscaming et se dirige vers la ville d'Haileybury
en traversant le lac Témiscamingue. Les rassemblements sur le
perron de l'église après la messe du dimanche constituent
également un autre moment pour les agriculteurs pour vendre leurs
surplus de la ferme. Les gens du village achètent des animaux,
des œufs ou des légumes. Les produits sont ensuite livrés
à leur acheteur. Les agriculteurs peuvent aussi vendre du bois
de chauffage aux citadins à cette occasion.
Mais, malgré tout, les marchés locaux restent relativement
restreints. Sur le plan des marchés extérieurs, l’arrivée
du chemin de fer sur l’ensemble du territoire, en 1923, et l’introduction
de wagons réfrigérés faciliteront l’exportation
des produits vers North Bay, Renfrew, Ottawa, Montréal et Toronto.
Toutefois, les agriculteurs témiscamiens subissent la compétition
des agriculteurs ontariens sur ces différents marchés.
En fait, ce qui améliorera leur situation de façon significative,
ce sera l’adoption de l’industrie laitière par les
agriculteurs.
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Azarias Rocheleau se met en route pour la beurrerie de Lorrainville. Source : Société d'histoire du Témiscamingue, PH 23-7-24. |
L’industrie laitière et les beurreries locales
au Témiscamingue
Dès le début du XXe siècle, les spécialistes
du ministère de l'Agriculture conseillent aux agriculteurs de
se convertir à l'industrie laitière. Le Témiscamingue
possède les éléments indispensables à cette
production, notamment l'abondance du trèfle et du fourrage vert.
Il ne manque plus, aux agriculteurs, qu'un bon troupeau pour favoriser
la transition. À ce sujet, on leur conseille de miser davantage
sur la qualité du bétail plutôt que sur la quantité.
L’industrie laitière apportera une certaine stabilité économique aux agriculteurs du Témiscamingue, puisqu’elle
constitue un débouché régulier et ne nécessite
pas un outillage compliqué. L’écrémage du
lait se fait sur la ferme à l’aide d’un équipement
simple, une centrifugeuse. Le lait écrémé sert
à nourrir les veaux et les porcs sur la ferme.
Graduellement, l’idée se répand chez les agriculteurs
de la région et, en 1908, une première beurrerie entre
en activité, à Saint-Bruno-de-Guigues, puis une deuxième,
à Lorrainville, deux ans plus tard. Elles seront suivies par
d’autres localités au cours de la décennie. Ainsi,
dans les années 1920, le Témiscamingue compte 11 beurreries
et trois fromageries. Étant donné les mauvaises infrastructures
routières de la région et les difficultés de transport,
il est nécessaire de construire une beurrerie dans chaque paroisse.
L’arrivée des agronomes dans la région, en 1919,
favorise le développement de l’industrie laitière.
Ils auraient reçu comme mandat d’améliorer la qualité
du beurre produit dans les fabriques locales. En effet, au début
des années 1910, les agriculteurs ne prenaient pas assez de précaution
en ce qui a trait à la conservation de la crème. Il en
résultait un beurre de mauvaise qualité qui était
refusé lorsqu’il parvenait à Montréal. Le
beurre était alors expédié par bateau et par chemin
de fer jusqu’à Montréal.
Les agriculteurs du Témiscamingue se convertissent rapidement
à l’industrie laitière, si l’on en juge par
le fait que, en 1930, chaque village du Témiscamingue possède
une beurrerie ou une fromagerie. La municipalité de Nédelec
compte même une beurrerie et une fromagerie et il y a deux beurreries
à Lorrainville, l’une située dans le village, l’autre
à la campagne. Cela fait en sorte qu’en 1931, la région
du Témiscamingue trône en tête de lice des régions
productrices de lait au Québec.
Dans les décennies suivantes, les agriculteurs consolident leur
ferme laitière. Le nombre moyen de vaches laitières oscille
autour de sept, dans les années 1930, 1940 et 1950. Par contre,
il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une moyenne.
En effet, il y a, dans ces années-là, quelques agriculteurs
de la région qui possèdent une vingtaine de vaches laitières.
Cet écart fait ressortir le fait qu’il existe deux types
d’agriculteurs au Témiscamingue, ceux pour qui il s’agit
d’un métier à temps plein et ceux pour qui il s’agit
d’un gagne-pain parmi d’autres.
Les beurreries locales fonctionnent comme entreprises privées
jusqu’au début des années 1940, alors qu’elles
passent aux mains de sociétés coopératives locales.
L’époque des beurreries coopératives locales
Comme les promoteurs du coopératisme visent la reprise en main
par les agriculteurs des institutions locales, les beurreries privées
seront rapidement dans leur ligne de tir. Les agriculteurs intéressés
se réunissent et préparent une offre d’achat qu’ils
présentent au propriétaire de la beurrerie privée.
Dans la majorité des cas, les promoteurs de la coopérative
assortissent leur offre de la menace de construire leur propre beurrerie
dans le village, advenant le refus du propriétaire de vendre
sa beurrerie. Il va sans dire que cela facilite la prise de décision
et aide à amorcer les discussions entre les deux parties. Souvent,
ce n’est pas de gaieté de cœur que l’entrepreneur
privé se départit de son entreprise.
Le mouvement de rachat des beurreries privées débute au
milieu des années 1930 et se propage rapidement. Ainsi, en 1940,
il y a huit beurreries coopératives sur les 11 beurreries locales
de la région. En 1944, les deux dernières beurreries coopératives
voient le jour, celles de Lorrainville et de Fabre. Seule la beurrerie
de Laverlochère demeurera propriété d’un
entrepreneur privé, Armand Lafrenière.

L'intérieur de la beurrerie de Guigues. Albert Paquin était alors le beurrier. Source : Société d'histoire du Témiscamingue, PH 23-4-13.
À la fin des années 1940, les beurreries coopératives
locales font face à certaines difficultés financières
et d’organisation. Les dirigeants des coopératives, de
concert avec les dirigeants de l’Union catholique des cultivateurs,
organisent des soirées d’études pour trouver des
solutions à ces problèmes financiers et organisationnels.
L’Association des producteurs laitiers du Témiscamingue
voit ainsi le jour en 1949, dans le but de concerter les efforts et
le travail des petites beurreries locales. Cela leur permet de diminuer
les coûts de production en regroupant les achats de fournitures
et le service de mise en marché des produits finis.
Après l’âge d’or des beurreries coopératives,
vient ensuite une période difficile qui débute dans les
années 1950. La compétition entre les coopératives
et la beurrerie Lafrenière s’avive lorsque cette dernière
se dote de nouveaux équipements, lui permettant de diversifier
sa production. En plus du beurre, la beurrerie Lafrenière produit
du lait en poudre, de la caséine et de la crème glacée.
Elle utilise tous les éléments nutritifs du lait et non
seulement le gras comme les beurreries coopératives pour la production
de beurre. Lafrenière achète ainsi le lait entier, ce
qui s’avère plus rentable pour les agriculteurs, tant au
niveau des revenus qu’au niveau de la somme de travail, puisqu’ils
n’ont plus besoin d'écrémer le lait. Cela entraîne
également des changements dans la composition du cheptel. Auparavant,
les solides non-gras du lait servaient pour l’alimentation des
porcs et des veaux. Maintenant que les agriculteurs vendent ces solides,
ils peuvent se départir de leurs porcs. Certains agriculteurs
commencent à vendre leur lait entier à la beurrerie Lafrenière
au début des années 1960, au lieu d'écrémer
et d’apporter leur crème à la beurrerie coopérative
de leur village, dont le chiffre d’affaires diminue en conséquence,
mettant en péril sa survie. La production de lait est aussi plus
rentable financièrement pour les agriculteurs. Les revenus supplémentaires
ainsi générés sont réinvestis dans l’achat
d’autres vaches laitières, et ainsi se poursuit le mouvement
de spécialisation des agriculteurs dans la production laitière.
Ils font maintenant un seul produit, le lait, et en plus grande quantité.
Les beurreries coopératives produisent uniquement du beurre,
au moins jusqu’en 1963, alors que celle de Notre-Dame-du-Nord
est la première coopérative de la région à
extraire de la caséine, un sous-produit du lait utilisé
pour la fabrication de produits industriels. Elle se place ainsi en
meilleure position pour concurrencer la Beurrerie Lafrenière.
La fondation de la Coopérative régionale
À la même époque, les dirigeants de l’Association
des producteurs laitiers et les différents acteurs de l’industrie
laitière concluent que la structure des beurreries locales ne
convient plus aux besoins des agriculteurs. La fusion des coopératives
locales commence alors. Puis, en 1965, la Coopérative agricole
du Témiscamingue voit le jour. Le siège social est situé à Notre-Dame-du-Nord, qui est alors la plus grosse coopérative
de la région. Le processus de centralisation ne se fait pas sans
heurts et donne lieu à de solides et franches discussions entre
les membres des coopératives locales. Les dirigeants des coopératives
locales recommandent à leurs membres la fusion des beurreries
locales. Les membres sont divisés sur cette question. Certains
critiquent le regroupement et préfèrent se tourner du
côté de l’entreprise privée en laquelle ils
voient plus d’avenir. D’autres croient encore à la
formule coopérative et suivent les recommandations de leurs dirigeants.

La beurrerie coopérative de Guigues, fondée en 1940, et comptant alors 145 membres. Source : Société d'histoire du Témiscamingue, PH23-4-12.
À compter de 1965, l’industrie laitière connaît
une période de changements majeurs, passant de la transformation
de la crème à la transformation du lait. Les nouvelles
politiques agricoles du ministère de l’Agriculture favorisent
cette conversion en faveur du lait de transformation. Cela amène
les dirigeants de la Coopérative à planifier la construction
d’une usine pour la fabrication du beurre, du lait en poudre par
un procédé de pulvérisation, du fromage et de la
caséine. Les démarches en ce sens vont bon train et reçoivent
l’appui des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture.
Par contre, la Société coopérative agricole éprouve
alors des sérieux problèmes de liquidité pour mettre
en œuvre son projet de construction d’une usine puisque le
regroupement des coopératives locales n’a apporté
que très peu d’argent dans les coffres.
La bataille entre la Coopérative et la Beurrerie Lafrenière
En août 1967, le gouvernement annonce son programme d’aide
à l’industrie laitière qui se traduit notamment
par la modernisation des usines laitières. Une seule usine par
région sera subventionnée, en particulier les usines qui
produisent efficacement et économiquement. Au Témiscamingue,
les deux beurreries soumettent leur candidature à ce programme
d’aide. Mais, pendant l’année 1967, un grand nombre
de producteurs laitiers ont délaissé la coopérative
au profit de la Beurrerie Lafrenière, doutant des capacités
des administrateurs de la coopérative à gérer aussi
efficacement que l’entreprise privée, compromettant ainsi
la survie de la Société coopérative. Les membres
du Comité de modernisation concluent alors qu’il vaut mieux
investir dans la Beurrerie privée que dans la Coopérative.
Les dirigeants de la Coopérative négocient alors la vente
de leurs actifs à la Beurrerie Lafrenière. Dans d’autres
régions québécoises, les beurreries coopératives
remportent ce combat contre les entreprises privées.
La valeur des fermes
Tous les changements vécus dans l’agriculture régionale,
dans cette première moitié du XXe siècle, se reflètent
inévitablement sur la valeur des fermes, notamment par l’augmentation
de la qualité du troupeau, l’amélioration des terrains
et des bâtiments de la ferme, ainsi que par l’achat de machineries
agricoles. Ainsi, entre 1941 et 1951, la valeur moyenne des fermes fait
plus que doubler, passant de 2 957 $ à 7 147 $. L’utilisation
généralisée de la machinerie agricole sur la ferme,
contribue pour une large part, à l’augmentation de la valeur
des fermes. Outre les automobiles, les camions et les tracteurs, les
agriculteurs se dotent de moissonneuses-batteuses, de presses à
foin et de trayeuses mécaniques. Les instruments et les machineries
employés sont de plus en plus sophistiqués. Cela marque
le début de la transition vers l’agriculture de marché
qui s’implantera dans la décennie suivante.
3. Conclusion : prélude à l’agro-industrie
De 1910 à 1960, c’est la phase d’implantation et
du développement de l’industrie laitière. D’abord
le fait des agriculteurs progressifs, la majorité des agriculteurs
de la région se convertissent graduellement à la production
laitière. Chaque municipalité possède une beurrerie
et quelques-unes une fromagerie, dirigée par un entrepreneur
privé. Dans les années 1940, sous l’impulsion du
clergé et de l’UCC, le coopératisme se développe
rapidement. Toutes les beurreries locales, sauf une, passent aux mains
des coopérateurs. C’est aussi l’époque où
tous les changements, qui se dérouleront principalement à
partir de 1960, se mettent en place. Lentement, le métier d’agriculteur
se spécialise : de producteur à temps partiel, intégré à d’autres occupations, il devient producteur à
temps plein, avec tout ce que cela comporte de changements aux niveaux
des techniques et des rendements. Sur le plan de la production laitière,
les beurreries locales ne peuvent survivre sans un regroupement régional.
La lutte s’amorce entre le producteur privé et le producteur
coopératif pour l’obtention des subventions nécessaires
à la modernisation de l’unité de transformation.
Le secteur privé l’emportera. Après 1960, l’agriculture
devient un métier spécialisé, nécessitant
des investissements financiers majeurs. C’est alors l’ère
de l’agro-industrie et des bouleversements du milieu rural.
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