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Fédération Histoire Québec

Congrès 2019

Vie sociale, loisirs et patrimoine immatériel au coeur du Québec.

Programme préliminaire

Vendredi le 14 juin : volet excursion (promenade à pied et/ou visite guidée).

10h à midi : Visite guidée dans le vieux centre-ville, avec Daniel Robert
13h : Visite en autobus de la maison Rocheleau et de la basilique Notre-Dame.

En soirée, conférence inaugurale : par François Roy sur l’histoire de Trois-Rivières

Au fil des siècles, le site de Trois-Rivières a inspiré des centaines de commentaires à des dizaines de gens qui l’ont exploré, fréquenté ou habité, depuis Jacques Cartier jusqu’à Pierre Foglia, en passant par Maurice Duplessis et Pauline Julien... Une trentaine de ces textes ont été réunis et seront présentés en ouverture de congrès pour bien situer Trois-Rivières à partir des perceptions de différents observateurs. Chacun de ces témoignages permettra de découvrir Trois-Rivières à travers ses vocations historiques successives : comptoir colonial, siège de gouvernement, ville épiscopale, industrielle et portuaire, capitale du papier, ville d’éducation et de patrimoine, de sport et de culture, capitale de la poésie…

Samedi 15 juin :

9h : Formation sur le patrimoine bâti
10h30 : Formation sur les Éditions Histoire Québec
12h : Dîner des délégués
14h30- 16h30 : Assemblée Générale Annuelle de la FHQ
19h : Cocktail et banquet avec animation
Dimanche 16 juin : 4 blocs de trois conférences
AM (9h à midi)

BLOC 1 : Le patrimoine trifluvien, un héritage en constante mutation

La Violette n’a pas fondé Trois-Rivières | Rétablir les faits 384 ans plus tard

Par Yannick Gendron

Nous le répétons depuis 2009 : La Violette n’a pas fondé Trois-Rivières. Après une enquête de dix ans, notre regard s’est arrêté sur Théodore Bochart, un huguenot, général de la flotte de la Compagnie de la Nouvelle-France, parent du cardinal de Richelieu et second de Champlain. Ce dernier, vieillissant et affaibli, mais stratégique, a confié le développement de Trois-Rivières à son compagnon, Bochart, qui côtoie les peuples et les habitants de la vallée du Saint-Laurent depuis 1632. Pourquoi devrait-il éclipser La Violette ? Quels sont les gestes fondateurs qu’il pose ? Comment le mythe fondateur de Trois-Rivières est-il né et s’est-il perpétué ? Voilà des questions auxquelles nous tentons de répondre dans cette présentation.

La mise en patrimoine du moulin à vent de Trois-Rivières

Par René Beaudoin, historien

De tous les moulins à vent construits au Québec jusqu’au XIXe siècle, il ne reste que celui de Trois-Rivières qui puisse témoigner de l’amélioration de la filière technique. Construit en 1781, le moulin à vent de la commune de Trois-Rivières a été détruit par un incendie en 1864 ne laissant qu’une tour de pierre. Sa mise en patrimoine comme sa mise en tourisme est attestée dès 1880. En 1899, un journaliste écrivait que démolir le moulin serait du « vandalisme stupide »! En 155 ans, les projets ont été nombreux. En 1974, la tour de pierres de 660 tonnes a été déménagée sur son site actuel, sur les terrains de l’UQTR, où elle attend toujours, après 45 ans, ce qu’il adviendra de son sort.

Les armoiries municipales, un vecteur de fierté et de pérennité

Par Marc Beaudoin, aih

D’abord créées pour répondre aux besoins d’identification des combattants au Moyen-âge, les armoiries furent rapidement adoptées par les villes comme symbole d’indépendance, de leur personnalité juridique et de prestige. Au Québec, l’héraldique municipale s’est principalement développée au tournant du XXe siècle avec les réalisations des héraldistes de l’Institut généalogique Drouin, du Collège canadien des Armoiries, d’autres héraldistes indépendants et, depuis 1988, de l’Autorité héraldique du Canada.

Après, un rapide survol de l’histoire des armoiries municipales au Québec, nous présenterons comment les concepteurs de ces emblèmes héraldiques ont puisé dans l’histoire et le patrimoine des municipalités pour créer une œuvre d’art originale, capable de susciter un sentiment d’appartenance et de fierté pour les citoyens. Nous aborderons aussi la manière de lire et de saisir la signification de ces symboles qui rattachent nos villes et nos villages à la grande tradition des pays d’où proviennent nos ancêtres.

BLOC 2 : Histoire du travail et développement économique de Trois-Rivières

L'industrie du textile à Trois-Rivières : The Wabasso Cotton Co. Ltd

Par Mathieu Grandmaison

Conférence donnée en anglais

L’essor industriel de la ville de Trois-Rivières au début du XXe siècle est intimement lié au développement du potentiel hydroélectrique du bassin de la Mauricie. Aussi, la construction, en 1907, d’une usine à filer et à tisser le coton par l’entrepreneur Charles Ross Whitehead constitue un épisode important de cet essor, qui reflète le rôle des nouvelles technologies et de la grande industrie dans la mise en valeur de la région. L’agglomération trifluvienne présente à ces égards un cas de figure intéressant puisque, selon les estimations du géographe Raoul Blanchard (1947), environ 80% de la population dépendait de revenus liés au secteur industriel en 1931. Il va sans dire que l’empreinte de ces grands employeurs sur la vie sociale et culturelle de la communauté fut considérable. C’est pourquoi je vous propose un bref parcours de la présence de l’industrie textile à Trois-Rivières, par l’étude de The Wabasso Cotton Company Limited et de ses interactions avec la population locale.

Agir pour la mémoire

Par Catherine Lampron-Desaulniers

D’abord mis en place par l’équipe de Boréalis, l’utilisation des témoignages anime l’esprit de nombreux projets au sein de l’équipe du patrimoine de Culture Trois-Rivières. Le patrimoine mémoriel est au cœur de nos actions. Gardien de mémoire, Boréalis est un espace de préservation, de recherche et de mise en valeur de sa collection, qui est orientée vers le patrimoine mémoriel. Boréalis cherche à s’insérer dans un courant qui tend à transformer les pratiques muséologiques actuelles en donnant une large place à la mémoire. Nous souhaitons, par cette nouvelle approche, explorer de nouveaux schèmes de mise en valeur qui contrastent avec les pratiques actuelles plus traditionnelles. Fort d’une expertise en collecte de témoignages, une délégation de Boréalis s’est rendue en France en 2017 afin d’échanger notamment sur les défis de la collecte de témoignage. Nous avons co-écrit avec nos collègues français un guide de collecte de témoignages adapté aux réalités des institutions muséales de petite et moyenne envergure. Nous pourrons donc aborder toute l’importance mais aussi la nécessité de collecter la mémoire pour que le passé ait un avenir.

La vie de Pierre-Fortunat Pinsonneault (1864-1938), artiste-photographe-éditeur

Par Gilles Roux

Conférence et présentation d’un documentaire

Pierre-Fortunat Pinsonneault appartient à une célèbre famille de photographes. Cette présentation sera l’occasion de présenter en exclusivité des extraits d’un nouveau documentaire sur ce trifluvien. Photographe et cinéaste de métier, Gilles Roux a découvert les images de monsieur Pinsonneault au milieu des années 1980. Il a vite constaté que son œuvre ainsi que celles des autres photographes de sa génération étaient plongées dans l’anonymat. Dans les livres d’histoire, ces photographes n’étaient pas considérés comme des artistes bien qu’ils se définissaient comme tels. La vidéo tente de corriger cette perception et permet de mieux situer l’œuvre du photographe-éditeur dans son contexte historique, de son arrivée à Trois-Rivières en 1886 jusqu’à son décès en 1938. Il a fallu presque trente ans à monsieur Roux pour rassembler suffisamment d’images et retracer la vie de ce photographe. On pourra ainsi lier son œuvre avec les courants de la photographie de son époque.


PM (14h à 17h30)

BLOC 3 : Mœurs sociales et patrimoine immatériel au service de la culture

Histoire et fin du charivari au Québec – Vers la civilisation des mœurs.

Par René Hardy

Le charivari se présente généralement comme une manifestation bruyante de gens masqués devant une demeure pour dénoncer une conduite jugée inacceptable. Il sanctionne souvent le remariage d’un veuf à une jeune fille ou d’une veuve à un jeune homme. Une recherche dans les archives judiciaires nous en livre une toute autre image. J’y ai retracé plus d’une centaine de charivaris qui dénoncent violemment des comportements réprouvés de tous ordres, dont la violence conjugale et les déviances sexuelles. Il se présente alors comme la morale du peuple.

Comment se déroule-t-il ? Quelles sont ses cibles ? Quand et pourquoi a-t-il disparu? Ce sont les questions qui structureront mon exposé. En réponse à cette dernière question, je prends en compte la montée d’une nouvelle mentalité qui rend inacceptable cette brutalité et cette intrusion dans la vie privée.

Patrimoine culturel immatériel et engagement citoyen au sein des municipalités du Québec

Par Maryse Paquin

Depuis près d’un siècle, l’action publique en culture se manifeste de diverses manières au Québec, soit depuis la création du premier organisme en patrimoine, la Commission des monuments historiques, en 1922. En adoptant des politiques culturelles nationales, en 1992 et en 2018, le gouvernement démontre une vision dans laquelle la culture se conçoit comme une dimension essentielle à la vie en société, de même qu’un bien public à protéger. Dans ce contexte, le patrimoine culturel immatériel représente une voie de développement essentielle pour une municipalité et sa vitalité, et ce, tant du point de vue culturel que touristique. Pour appuyer le milieu municipal dans son développement, le MCCQ identifie le citoyen comme porteur de culture et de patrimoine. La prise en charge du patrimoine culturel immatériel par le citoyen apparaît aussi comme une voie cruciale du développement durable. Dans ce portrait se dessine toutefois de nombreux défis et enjeux à relever en vue de favoriser l’engagement citoyen dans ce secteur, au sein des municipalités du Québec. La communication explorera quelques projets citoyens de collaboration, d’innovation ou de co-construction qui tendent à s’imposer de plus en plus comme modèle à suivre au cours de la prochaine décennie.

Conférence à confirmer

BLOC 4 – Patrimoine mauricien dans l’histoire politique et nationale du Québec

Les Acadiens de la Mauricie et du Centre-du-Québec

Par André-Carl Vachon

Quand les Acadiens sont-ils arrivés dans la région ? Certains sont venus en tant que réfugiés, alors que d’autres sont venus comme immigrants après la guerre de Sept Ans. Comment sont-ils venus dans la région ? Ont-ils marché en provenance de New York, du Connecticut ou du Massachusetts, tel que certains auteurs l’ont rapporté ? Sont-ils également venus par canots via la rivière Hudson ou bien par bateaux via l’océan Atlantique et par le fleuve Saint-Laurent ? Comment se sont-ils implantés dans la région ? Bon nombre d’Acadiens se sont intégrés dans plusieurs communautés déjà existantes alors que d’autres ont créé une petite Cadie : Saint-Grégoire (secteur de Bécancour).

Les rébellions des patriotes au Bas-Canada en 1837-1838 : le cas de la Mauricie.

Par Jean-François Veilleux

À partir de ses travaux publiés aux Éditions du Québécois (2015), cette présentation sera l’occasion d’en apprendre sur la vie, les désirs, les déboires et les actions de patriotes locaux : le poète Joseph-Guillaume Barthe, les députés trifluviens René-Joseph Kimber et Edward Barnard, le juge Joseph-Rémi Vallières de Saint-Réal, le lieutenant Alexis Bareil dit Lajoie, les députés Proulx et Hébert de Nicolet, les frères Badeau, les Pacaud, le cultivateur François Caron qui a présidé la grande assemblée patriotique d’Yamachiche le 26 juillet 1837, Antoine Gérin-Lajoie et bien d’autres.

Ce sera l’occasion de comprendre d’une part le rôle-moteur joué par la prison de Trois-Rivières, mais surtout celui des Forges du Saint-Maurice et de son propriétaire, Matthew Bell – dénoncé dès le printemps 1834 dans la 34e des « 92 Résolutions » du Parti Patriote – autant dans la cristallisation du conflit aux Trois-Rivières que dans la répression du mouvement régional. D’autre part, il s’agit de remettre en contexte les éléments loyalistes de la région, la proximité des élites régionales avec le pouvoir britannique et d’éclairer avec quelques anecdotes sur des élus patriotes de la région.

Maurice Duplessis (1890-1959), anti-héros national

Par Alexandre Dumas

Toute nation doit avoir ses héros, ceux dont on célèbre collectivement la gloire et dont on rappelle les mérites. Les divisions politiques au Québec ont empêché que de tels personnages imprègnent la mémoire collective. Aucun personnage historique québécois n’est entouré de cette aura d’invulnérabilité qui caractérise les Georges Washington, les Napoléon Bonaparte et les Winston Churchill.

À défaut d’avoir ses héros nationaux, la nation québécoise entretient la mémoire de son anti-héros, rôle tenu depuis plus de cinquante ans par Maurice Duplessis. À l’instar de la « Grande Noirceur » à laquelle nous l’avons si étroitement attaché, le chef de l’Union nationale est rendu responsable de tout ce qui déplaît aux Québécois dans leur histoire : lois antidémocratiques, retard dans les droits des femmes et dans l’éducation, domination de l’Église catholique… Encore aujourd’hui, le souvenir de Maurice Duplessis est utilisé pour justifier ou pour attaquer des idées politiques. L’historien Alexandre Dumas propose de revisiter la création et le développement du mythe de Duplessis comme repoussoir national.


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