Actes du 43e congrès de la FSHQ
30, 31 mai et 1
er juin 2008


« Rencontre avec l'histoire de Québec »

La FSHQ désire remercier les conférenciers qui ont envoyé le texte de leur conférence présentée lors du 43e congrès de la Fédération des sociétés d'histoire du Québec.

Conférence inaugurale :
«Québec : quatre siècles d'histoire d'une capitale»

Morrin Center

Cette présentation fut donnée au Morrin Center
par MM. Christian Blais, Gilles Gallichan, Frédéric Lemieux
et  Jocelyn Saint-Pierre le 30 mai 2008

Lancé au Salon International du Livre de Québec, le 17 avril 2008, l’ouvrage Québec : quatre siècles d’une capitale a reçu un accueil enthousiaste du public et de la presse. Ce livre se veut une des contributions importantes de l’Assemblée nationale du Québec pour marquer  les 400 ans de la capitale du Québec. Il représente trois années de travail intensif de la part des quatre historiens qui l’ont réalisé dans le but d’en faire à la fois une synthèse et un ouvrage de référence. Quelques semaines après le lancement, les quatre auteurs ont rencontré les congressistes de la FSHQ.

Christian Blais, Gilles Gallichan, Frédéric Lemieux et Jocelyn Saint-Pierre, ont d’abord rappelé que ce livre s’adresse autant à ceux qui souhaitent découvrir l’histoire politique du Québec depuis 400 ans qu’à un public averti désireux d’approfondir ses connaissances sur l’histoire de la capitale.

L’ouvrage Québec : quatre siècles d’une capitale refait le parcours de l’histoire politique québécoise à partir de l’aventure d’un petit poste colonial qui est devenu, en 400 ans, une capitale nationale. C’est en somme un nouveau regard qui apporte l’éclairage du passé sur les enjeux actuels de la société, ce qui représente un rôle important de l’histoire dans notre vie collective.

Depuis 1608, l’histoire de Québec est intimement liée à l’aventure française en Amérique. Elle fut d’abord la capitale de la Nouvelle-France en raison de sa situation géographique exceptionnelle et son potentiel se défense naturelle. Après la Conquête de 1760, les Britanniques lui ont conservé son rôle et son importance politiques. Lorsqu’ils ont perdu leurs colonies du Sud, Québec s’est retrouvée la capitale de vastes territoires qui constituaient la portion continentale de l’Amérique du Nord britannique. Avec l’introduction des institutions représentatives, Québec est devenue une capitale parlementaire dès la fin du XVIIIe siècle.

Au XIXe siècle, la fonction de Québec a été contesté et la ville a dû lutter pour conserver le statut de siège du gouvernement et du Parlement que d’autres villes lui contestaient. Surmontant ces difficultés, Québec est devenue en 1867 la capitale d’une province et elle a construit au fil des années son identité politique, culturelle, religieuse et nationale. Repère symbolique de toute l’Amérique française, la Vieille Capitale s’est véritablement métamorphosée : en un siècle, elle est devenue la capitale nationale d’un État moderne.

L’ouvrage, édité par les Publications du Québec, compte cinq parties divisées en 24 chapitres qui, en 700 pages, couvrent l’histoire de la capitale, de sa fondation à aujourd’hui. Il est agrémenté de plus de 130 encarts et de 480 photographies et images majoritairement en couleurs. Les auteurs ont tenu à ce que Québec : quatre siècles d’une capitale soit un ouvrage accessible pour tous. On a soigné sa présentation générale pour en faire un livre de consultation agréable. Il se veut aussi un outil de référence complet pour les spécialistes qui trouveront d’innombrables notes et références, ainsi qu’une bibliographie générale et un index visant à faciliter la lecture, la recherche et la consultation.

En écrivant ce livre, les auteurs ont aussi revisité les sources dont certaines n’avaient été à ce jour que peu ou pas exploitées. On y a aussi mis en valeur une très abondante documentation dans le but de faire le point de nos connaissances et de contribuer dans toute la mesure du possible à les faire progresser. On espère ainsi que Québec : quatre siècles d’une capitale pourra satisfaire tous les esprits curieux de l'histoire de Québec et du Québec.

De nouveaux regards sur la capitale

L’ouvrage fait découvrir des aspects inédits et des événements moins connus de l’histoire de la capitale.

Par exemple, on a longtemps affirmé que le début du parlementarisme en 1791 avait tiré les Canadiens français de la tyrannie du Régime français. À la lumière de sources nouvelles, on démontre qu’au contraire, diverses formes de représentations politiques existaient sous l’Ancien Régime pour permettre aux principaux habitants de faire connaître leurs doléances et promouvoir leurs intérêts.

Certes, il ne s’agit pas de démocratie au sens moderne du terme. Mais on peut dire que l’élection en 1647 du syndic Jean Bourdon marque véritablement le début d’un système de représentation. Ces élections se continueront d’ailleurs dans la colonie aux XVIIe et XVIIIe siècles. La facilité avec laquelle les Canadiens du tournant du XIXe siècle ont compris la procédure des élections parlementaires et ce, de l’aveu même des administrateurs anglais, s’explique par l’existence de telles pratiques depuis déjà bien des années dans la colonie.

L’ouvrage jette également un regard neuf sur le Conseil souverain qui joue un rôle important en Nouvelle-France du point de vue de la justice et de l’administration.

Après 1763, on découvre une ville qui définit ses rapports avec le conquérant britannique. Les grands remous des révolutions américaine et française l'atteignent et les réactions qui s’ensuivent vont fixer sa réputation de capitale « loyale et fidèle ». Après 1792, le parlementarisme fait entrer dans ses murs une volonté de réforme ainsi qu’un discours de démocratie et de liberté. Le duel entre la force et le droit se joue à Québec jusqu'aux insurrections de 1837 et 1838.

À partir de 1840, on sait que Québec perd son statut de capitale au profit de Kingston. La « Vieille capitale », comme on désigne alors Québec, doit lutter ferme pour reconquérir son titre au cours des débats sur le choix d’une capitale définitive pour le Canada-Uni. Ce faisant, ses classes dirigeantes prennent conscience de l'importance symbolique, économique et politique de détenir le siège du gouvernement. Le loyalisme devient la condition de la survivance nationale et on fait de Québec la clé de l'alliance des deux Canadas. En épilogue cependant, la reine Victoria choisit Ottawa en 1857 pour devenir la nouvelle capitale. Et, à partir de 1867, Québec se retrouve capitale de la province à laquelle elle donne son nom.

Dès lors, Québec se confirme dans son rôle de capitale symbolique du Canada français qui marque son histoire pendant près d’un siècle. Cela ne se fait pas sans heurts. Québec, ville en déclin, doit redevenir le siège du nouveau gouvernement. Fait totalement inédit jusqu’ici, Montréal, rivale puissante et prospère, conteste en 1869 le titre de capitale que possède Québec. La métropole cherche pendant un temps à attirer chez elle le Parlement et l’État provincial qui se constitue.

Cet épisode a d’importantes répercussions sur l’avenir et le développement de la ville de Québec en tant que siège du gouvernement. En effet, on réagit en construisant des édifices – l’hôtel du Parlement surtout – qui vont assurer définitivement la présence de l’État au cœur de sa capitale.  Au fil des décennies, ces constructions vont reconfigurer profondément la ville et former un quartier institutionnel prestigieux marqué par une architecture d’État au sein duquel bat le cœur de la vie parlementaire.

Par la suite, la ville profite grandement de l’implantation du gouvernement du Québec et de la présence du fédéral pour renforcer son identité de capitale. On fait appel aux différents ordres de gouvernement pour développer et embellir la ville. Le passé prestigieux de la ville, son site magnifique et son statut de capitale du Canada français servent à justifier la pertinence des nombreux projets d’amélioration (chemins de fer, parc Victoria, pont de Québec, plaines d’Abraham, édifices gouvernementaux prestigieux, aménagement urbain).
 
Parallèlement, Québec symbolise la survie politique du Canada français où fleurit le culte de la mémoire d’un passé glorieux et inspirateur. Socle et foyer de la civilisation canadienne-française et de la foi catholique, Québec est aussi l’endroit où les classes dirigeantes forgent un discours émaillé d’un loyalisme sans faille à la Couronne britannique. Ce loyalisme, croit-on, garantit les droits politiques du Canada français et se fixe dans les institutions parlementaires qui, pendant un siècle, fonctionnent selon les mêmes règles qu’à Londres.

En 1960, les défis auxquels la capitale fait face sont d’autant plus grands que le gouvernement montre peu d’empressement à écouter les classes dirigeantes locales, plus unies que jamais pour demander des améliorations et des investissements: les demandes de modernisation de la capitale, de l’État, de la gouvernance politique, des institutions parlementaires, de l’identité nationale.

Jusqu’en 1980, la Révolution tranquille transforme la capitale. Québec, ville historique au riche et lourd passé, doit symboliser le renouveau sans faire table rase de son histoire. L’État, qui est au cœur du changement, affiche son dynamisme et sa modernité par l’édification d’une grande cité administrative à l’architecture contemporaine. Sur le plan municipal, l’administration progressiste de Gilles Lamontagne, qui veut donner un visage moderne à Québec, transforme une ville jusque-là en proie à de graves problèmes de développement.

Jusqu’en 2008, Québec comme  la ville s’attachera à réconcilier son passé et son modernisme. Elle prend un autre élan en diversifiant ses activités, en dépit des contrecoups des cycles économiques et en tentant de faire son unité territoriale et politique. Plus que jamais, au XXIe siècle, la capitale provinciale, la « Vieille capitale » fait désormais place à la capitale nationale d’un État moderne


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Rencontre avec l’histoire religieuse de Québec



Conférence présentée par M. Gilles Bureau
le samedi 31 mai 2008:

Hommage à François de Laval
1623-1708

Préliminaire

Merci à M. René Cloutier, ancien collègue du Petit Séminaire de Québec, pour les propos élogieux de sa présentation. Le programme de ce congrès indique mon principal titre soit celui d’enseignant en histoire durant trente ans au secondaire et au collégial du Petit Séminaire de Québec.

Souvent des journalistes sérieux, même à Radio Canada, répètent que l’enseignement de l’histoire n’est pas obligatoire et que les étudiants n’ont pas l’occasion d’apprendre à connaître leur passé. Il faut se rappeler, que vers 1970, les Sociétés de professeurs d’histoire ont mené une longue lutte pour que le gouvernement d’alors rétablisse l’obligation de l’enseignement de l’histoire au secondaire. Depuis 1974, c’est chose faite. Tous les élèves de l’enseignement général doivent réussir l’examen du cours d’histoire nationale de 4e secondaire.

Les gens voudraient que les programmes d’histoire obligatoires comprennent des périodes plus nombreuses d’histoire religieuse, sociale, économique, politique et locale. Ils souhaitent qu’à un aussi jeune âge les élèves possèdent des connaissances acquises grâce à l’expérience de la vie. L’histoire est un goût qui augmente avec le temps. Certains de nos élèves manifestent un intérêt précoce pour cette matière ; il faut laisser aux autres le temps de vieillir. Le nombre d’heures pour l’enseignement d’un programme scolaire a des limites. En histoire, est-il nécessaire de le dire, chaque année qui passe ajoute de la nouvelle matière.

J’ai enseigné au Petit Séminaire, école que j’avais fréquentée pendant trois années de mon cours classique. Quel cadre magnifique au cœur du vieux Québec, à proximité du Saint-Laurent, dans les lieux fondés et habités par François de Laval dont je vais vous entretenir.

Chaque jour de travail me ramenait aux sources de notre histoire. Vous pouvez imaginer la chance que j’ai eue. Comme le dit notre poète Gilles Vigneault : « C’est en remontant la rivière qu’on connaît le sens de l’eau. »

Gilles Bureau, historien.
 Professeur retraité du Petit Séminaire de Québec.

Introduction

Le Séminaire de Québec souligne depuis longtemps les moments importants de la vie de François de Laval et profite de toutes les occasions pour le célébrer : l’ordination épiscopale à Saint-Germain-des-Prés le 8 décembre 1658 ; la fondation du Petit Séminaire le 6 octobre 1668 ; son retour en Nouvelle-France en 1688 et son décès le 6 mai 1708. Cette année 2008, la communauté des prêtres du Séminaire propose une année jubilaire en hommage à leur fondateur et premier évêque de la Nouvelle-France. Le deuxième centenaire de sa mort a été marqué par l’inauguration de l’imposant monument de Louis-Philippe Hébert sur de la côte de la Montagne. Les fêtes de 2008, elles, se dérouleront autour de son Séminaire, en souvenir du travail apostolique accompli durant les cinquante années consacrées à mettre sur pied l’Église de la Nouvelle-France.

Son nom

En 1980, l’abbé Honorius Provost, historien, archiviste et vice-postulateur de la cause du premier évêque de Québec, a rédigé un texte intitulé François de Laval est son nom. La Société canadienne des postes a émis un timbre en 1973 pour souligner le 350e de sa naissance.  François-Xavier de Montmorency Laval de Montigny y est inscrit. Pourquoi cette exagération ? Parfois, à son époque, des parents appelaient du même prénom deux de leurs enfants, la mortalité infantile ne permettant pas de prévoir combien atteindraient l’âge adulte. Le prénom François-Xavier pourrait s’expliquer par la coïncidence de la naissance de François et de la promulgation de la canonisation du grand missionnaire jésuite. Le nom de Laval lui, était porté par sa famille depuis le 13e siècle, ce qui, en 1708, était déjà une ancienneté impressionnante.

Les premières mentions des liens entre les noms de Laval et de Montmorency remontent aux oraisons funèbres prononcées trente jours après le décès du premier évêque de Québec. M. Joseph de la Colombière, archidiacre du chapitre de Québec, et M. François Vachon de Belmont, supérieur des Sulpiciens de Montréal, ont voulu ajouter à la gloire du défunt. François de Laval, homme pauvre et modeste, n’a jamais de son vivant fait pareille référence. Comme évêque, il signait : François évêque de Pétrée ou de Québec. Les quelques années où il a exercé les fonctions de seigneur du patrimoine familial, il signait : François de Laval de Montigny. L’inscription sur sa tombe déposée sous le chœur de la basilique révèle son véritable nom : François de Laval.

Sa situation financière

Selon une opinion assez répandue, le premier évêque de Québec aurait possédé de grands biens. Son père, Hughes de Laval, seigneur de Montigny-sur-Avres, Montbaudry, Alaincourt et Revercourt, en Normandie entre Chartres et Évreux avait des revenus qui lui permettaient de remplir ses obligations seigneuriales, sans plus. Pour payer la pension de François au collège de La Flèche, il a bénéficié de l’aide de Mgr François de Péricard, évêque d’Évreux et frère de son épouse. Après le décès de deux de ses frères à la guerre, François, devenu seigneur de Montigny, cède ses droits à son frère Jean-Louis qui construira l’actuel château de Montigny, ce qui lui occasionne de graves difficultés financières et l’oblige à envoyer étudier deux de ses fils prénommés François au Petit Séminaire de Québec. Le Séminaire des Missions étrangères de Paris, auquel Mgr de Laval est très lié, lui accorde tout le soutien possible. Il loge les procureurs de Québec à Paris, mais déjà très sollicité par les missions d’Asie, il ne peut payer les travaux entrepris au Séminaire de Québec. Reconnaissant les besoins financiers de l’évêque missionnaire, le roi Louis XIV lui accorde une subvention annuelle et le fait abbé commendataire de deux abbayes de France. En 1674, lorsqu’il devient officiellement évêque de Québec, Mgr de Laval demande à la Propagande à Rome d’être exempté du paiement du coût des bulles (3000 livres). Les autorités romaines refusent pareil précédent même pour un évêque d’une mission éloignée.

Le choix d’un vicaire apostolique pour Québec

La formation de François de Laval le préparait à devenir évêque : études dans les grands collèges des Jésuites, dix ans à La Flèche, cinq ans à Clermont et une année à Paris en droit canon en vue de devenir archidiacre du diocèse d’Évreux. Lorsque le père de Rhodes, célèbre missionnaire français, propose la nomination d’évêques pour les missions d’Orient, François de Laval est pressenti pour le Tonkin, le nord du Vietnam de l’époque. Il se retire à Caen auprès de M. de Bernières afin de se préparer par la prière, la méditation et les bonnes œuvres à ce nouveau rôle. Les retards de sa nomination pour l’Orient amènent ses maîtres jésuites à proposer leur ancien élève pour la Nouvelle-France. L’archevêque de Rouen, partisan de l’église gallicane, s’y oppose affirmant ses droits sur l’Église de la colonie française. Dans la nuit du 8 décembre 1658, clandestinement, le nonce Picolomini, secondé de l’évêque de Rodez et celui de Toul, préside l’ordination de François de Laval dans une chapelle de l’église de Saint-Germain-des-Prés à Paris. En 1923, lors des célébrations du troisième centenaire de la naissance de François, un bas-relief du sculpteur Henri Charlier rappelant l’ordination de l’évêque a été installé dans une chapelle de cette église.

Lorsque Mgr de Laval arrive à Québec le 16 juin 1659, la localité fondée cinquante ans plus tôt ne compte que cinq cents personnes. Tout au plus deux mille Européens vivent en Nouvelle-France, certains en Acadie, la majorité dans la vallée du Saint-Laurent, de Tadoussac à Montréal. L’administration coloniale comprend un gouverneur, quelques fonctionnaires et des militaires. Il n’y a pas encore d’intendant. Le personnel religieux se compose de pères jésuites à Québec, à Trois-Rivières et dans quelques missions, de prêtres sulpiciens à Montréal, des Ursulines et des Hospitalières à Québec. Marguerite Bourgeois a réuni quelques compagnes pour l’enseignement et Jeanne Mance se dévoue à l’Hôtel-Dieu qu’elle a fondé. Le travail missionnaire auprès des Amérindiens est ralenti par les guerres entre nations et les maladies qui frappent les populations évangélisées.

Un évêque jeune et audacieux

Les historiens écrivent à partir de textes qu’ils interprètent selon l’avancement de la recherche et les préoccupations de leur époque. Les écrits de Marie de l’Incarnation, les Relations des Jésuites, les lettres échangées avec Rome, la correspondance des gouverneurs, des intendants et les réponses des autorités métropolitaines fournissent des renseignements sur les premières années de l’évêque de trente-six ans qui s’amène en Nouvelle-France. Un personnage important qui arrive dans une petite société suscite des commentaires de la part de ses contemporains. Ces impressions des premiers témoins nous privent d’une meilleure connaissance d’un évêque audacieux, tenace et généreux décrit par ceux qui l’ont connu plus tard.

Si les textes des religieux sont généralement favorables à l’évêque, il en va tout autrement de ceux des autorités civiles. Entre autres, l’épineuse question de la vente de l’eau-de-vie aux Amérindiens en paiement des fourrures assombrit l’épiscopat de François de Laval et fournit l’occasion de longs développements. Des historiens de la Nouvelle-France ont décrit les rapports de l’évêque de Québec avec les gouverneurs et les intendants. Reprenons quelques têtes de chapitres de l’Histoire de la Nouvelle-France de Marcel Trudel : Les conflits entre l’Église et l’État, Les adversaires et le médiateur, La traite de l’eau-de-vie aux sauvages, Conflit des institutions, L’intervention décisive du vicaire apostolique, La grande mutation de 1663. Le professeur Trudel fait le récit d’une sorte de psychodrame qui conviendrait mieux à une société plus nombreuse et mieux organisée que celle de la Nouvelle-France de l’époque.

L’évêque, qui désire une véritable prohibition de la vente de la boisson aux Amérindiens, n’obtient pas de succès prolongé, le commerce des fourrures étant à la base de l’économie de la colonie durant toute la période française. Pour défendre sa cause, il fait deux séjours en France et utilise tout son prestige et ses influences dans la Métropole. À certains moments, le roi lui accorde son appui. Il nomme M. de Mézy comme gouverneur et l’autorise à désigner des membres du Conseil souverain. Les commerçants finiront par l’emporter, ce qui n’enlève rien à la justesse de sa cause.

Les querelles de préséance

Lorsque François de Laval arrive à Québec, l’église paroissiale est un des rares lieux où peut se rassembler la population. Normalement le gouverneur, représentant du roi, est le personnage le plus important de la colonie ; il occupe donc une place d’honneur dans l’église. Qu’en est-il de sa suite et des militaires qui l’accompagnent ? Les règles du protocole sont habituellement complexes même aujourd’hui. Elles le sont encore plus dans une société hiérarchisée comme celle de l’époque où le roi de France est préoccupé d’affirmer la prépondérance de l’État sur l’Église. Avant la formation officielle du diocèse de Québec, en 1674, François de Laval, qui n’est que vicaire apostolique, désire mettre un peu d’ordre dans le déroulement des célébrations et des rassemblements à l’église. En modifiant certaines habitudes que les pères jésuites toléraient avant son arrivée, il suscite des commentaires dans les missives envoyées en France. Lorsqu’il aura officiellement le titre d’évêque de Québec, ce genre de querelle se fera plus rare.

L’organisation de l’Église de Nouvelle-France

Dans la France du 17e siècle, la nomination d’un évêque relève de l’autorité conjointe du pape et du roi. Lors du séjour de François de Laval en France, en 1661-1662, Louis XIV l’accueille chaleureusement et lui confirme qu’il sera toujours son choix comme titulaire du futur diocèse de Québec lorsque Paris et Rome en viendront à une entente. Le règlement intervient en 1674 après le second voyage de l’évêque en France. Le roi maintient son aide financière au nouveau diocèse et, en plus des revenus de l’abbaye de Méobec dans le diocèse de Bourges, il ajoute ceux de l’abbaye de l’Estrées dans le diocèse d’Évreux. L’Église de Québec ne pouvait se priver de ces cadeaux du roi même si les revenus de ces abbayes n’ont jamais été très élevés.

François de Laval se révèle un administrateur prévoyant. Il fait l’achat d’un imposant domaine seigneurial, l’utilisant judicieusement pour procurer des revenus au diocèse et au Séminaire de Québec. Des seigneuries ne rapportant que si elles sont exploitées, avec les années et l’augmentation du nombre de censitaires les revenus seront supérieurs aux dépenses. En 1675, François Berthelot, désireux de devenir seigneur, offre d’échanger l’île d’Orléans contre l’île Jésus qu’il possède dans la région de Montréal. Cet échange rapporte une somme d’argent qui permet à Mgr de Laval de commencer la construction du Petit Séminaire la même année. En 1678, il entreprend la construction du Grand Séminaire (aile de la Procure) et, en 1694, celle d’une grande chapelle qui relie les deux séminaires. Une gestion avisée de l’héritage de son fondateur amènera le Séminaire de Québec à jouer un rôle majeur dans l’histoire de l’éducation au Québec.

Le Séminaire de Québec, l’œuvre des œuvres

Un des fondateurs du Séminaire des Missions étrangères de Paris, François de Laval en adopte les grands principes à Québec en réunissant des prêtres dévoués dans une communauté. Il se préoccupe d’une relève sacerdotale locale en fondant un grand séminaire en 1663 et, cinq ans plus tard, un petit séminaire regroupant des jeunes du collège des Jésuites dont il paie déjà la pension. Ils seront à l’origine de l’Église canadienne. En 1680, au presbytère de Saint-Josse de Paris où demeure son ami l’abbé Armand Poitevin, premier procureur du Séminaire en France, il lègue tous ses biens au Séminaire de Québec. Il fournit ainsi un havre aux prêtres âgés ou malades qui oeuvrent sur un immense territoire où le petit nombre de fidèles ne peut suffire à leur entretien. La mise en commun des personnes et des biens était certainement la meilleure façon d’assurer l’implantation d’une nouvelle Église.

Le rôle de l’évêque

Selon les volontés du concile de Trente, François de Laval réside dans son diocèse qu’il ne quittera que pour régler des questions vitales. Lors des dix-huit années qu’il passe en Nouvelle-France comme évêque responsable, il fait six visites pastorales dont deux de Tadoussac jusqu’à Montréal. Il parcourt son diocèse à pied, en canot l’été, en raquette l’hiver. Il confirme des centaines de jeunes et d’adultes qui ne l’avaient pas été faute d’évêque. Il ordonne des religieux prêtres et les premiers prêtres séculiers canadiens. Il fonde des confréries dont celle de la Sainte-Famille. Les congrégations religieuses présentes en Nouvelle-Fance font l’objet d’un intérêt soutenu du premier pasteur du diocèse. Marguerite Bourgeois reçoit son approbation pour un regroupement d’enseignantes non rattachées à un cloître, ce mode de vie étant mieux adapté aux conditions du pays. Il s’intéresse à la formation des jeunes dans une école d’arts et métiers à Saint-Joachim. Ses conseils aux missionnaires ont été conservés et sont encore très pertinents. Pour répondre aux exigences du roi, il fonde quatorze paroisses estimant que c’est le maximum que peut supporter une petite population. « En 1674, il y a trente-sept lieux de culte privés ou publics et soixante prêtres pour une population d’environ 8000 habitants. » (Marcel Trudel, Histoire de la Nouvelle-France, IV, La seigneurie de la Compagnie des Indes occidentales, Fides, 1997, p. 788.)

Dès son arrivée en Nouvelle-France, Mgr de Laval s’intéresse aux Amérindiens. Il fait les premiers pas et les impressionne tellement que les Hurons le surnomment Hariouagui  « homme de la grande affaire ». Une rencontre avec les Amérindiens, organisée dans la région de Montréal par les missionnaires à Laprairie-de-la Madeleine en 1676, est particulièrement célèbre. Elle démontre son attachement envers les Amérindiens et l’affection qu’ils lui portent. Il envoie des prêtres du Séminaire chez les Micmacs d’Acadie et les Tamarois de la  Louisiane.

Retour à Québec en 1688

Souvent malade, François de Laval estime que, après vingt-cinq ans comme responsable de l’Église de Québec, il doit laisser la place à un plus jeune. Il retourne en France pour une quatrième fois afin de remettre sa démission qui sera acceptée quatre ans plus tard. Mgr de Saint-Vallier lui succède en 1688. Après quelques réticences de la part des autorités françaises, le roi l’autorise à revenir en Nouvelle-France. Son désir exaucé et ayant restauré sa santé, Mgr l’Ancien voyage à cheval sur presque cinq cents km de Paris à La Rochelle. Lui qui se croyait à la fin de sa vie lorsqu’il décide de remettre sa démission vivra jusqu’à l’âge de quatre-vingt-cinq ans.

Durant vingt-trois ans, la Nouvelle-France aura deux évêques. Ce ne fut pas de tout repos pour Mgr de Laval. Le nouvel évêque respecte la volonté du roi au sujet de la formation des paroisses. Par ailleurs, il s’en prend au rôle prépondérant du Séminaire de Québec et supporte difficilement l’autorité des prêtres très respectés qui le dirigent. Retiré au Séminaire ou à Saint-Joachim, François de Laval mène une vie de prières et s’intéresse toujours au Séminaire de Québec et à la gestion de son patrimoine. De 1691 à 1713, Mgr de Saint-Vallier passe dix-sept ans en France et en Grande-Bretagne où il est retenu prisonnier, capturé en mer lors de la guerre de la Succession d’Espagne. Durant ses absences, François de Laval remplit diverses fonctions à sa place.

Avant son départ en 1684, Mgr de Laval laisse une somme d’argent pour que le Séminaire de Québec construise une grande chapelle entre les deux séminaires. Il désire être inhumé sous cette chapelle. Malheureusement, les édifices du Séminaire subissent de graves incendies en 1701 et en 1705. À son décès, son cercueil sera déposé sous le chœur de la basilique. Durant les dernières années de sa vie, le vieil évêque loge au Séminaire où il encourage les directeurs à poursuivre leur œuvre d’éducation et à reconstruire les édifices incendiés. Les travaux de restauration ne sont toujours pas complétés à sa mort.

Témoin privilégié, le frère Hubert Houssard accompagne Mgr l’Ancien durant toute la période qui suit son retour en Nouvelle-France. Après son décès, il envoie une longue lettre à l’abbé Henri-Jean Tremblay, procureur du Séminaire de Québec à Paris, témoignage émouvant où il dit son admiration envers celui qu’il a servi tant d’années. Il y trace le portrait d’un homme généreux qui vit pauvrement dans la mortification et l’oraison. Il décrit les derniers jours de son maître qui mourra, le 6 mai 1708, des suites d’une engelure au talon occasionnée par le grand froid lors de la célébration du Vendredi saint. L’émotion qui suit son décès est palpable dans une population qui lui exprime son affection. À la demande des religieuses cloîtrées, on déplace la dépouille de l’évêque jusqu’à leurs monastères.

Lors de la restauration de la basilique, en 1878, la redécouverte de la tombe de Mgr de Laval permet d’inhumer son fondateur sous la chapelle du Séminaire, selon ses volontés. Par la suite, le Séminaire de Québec fait construire deux chapelles funéraires : dans la chapelle extérieure en 1949 et dans la basilique cathédrale de Québec après la béatification de François de Laval par le pape Jean-Paul II en juin 1980. Inauguré en 1993, ce dernier site permet aux fidèles de rendre un culte public au nouveau bienheureux.

Les historiens et les archivistes du Séminaire de Québec
 
L’abbé Honorius Provost publie en 1964, Le Séminaire de Québec, documents et biographies qu’il introduit ainsi : « Nos fondateurs étaient venus de France animés d’une sorte de culte pour les documents d’archives et, ce culte, ils ont su l’inculquer à leurs héritiers et leurs successeurs. » Lui-même y a consacré l’essentiel d’une longue carrière à la suite de prédécesseurs célèbres : l’abbé Charles Glandelet, Mgr Thomas-Étienne Hamel, Mgr Amédée Gosselin et l’abbé Arthur Maheux entre autres. Les archivistes du Séminaire ont bénéficié de protections particulières car, malgré des guerres, des incendies et de nombreux déménagements, l’essentiel des documents importants du Séminaire a été conservé. Comme il arrive souvent, les historiens aimeraient découvrir dans les archives ce qui ne s’y trouve pas et, dans le cas de Mgr de Laval, des réflexions spirituelles, des sermons et autres documents qui seraient tellement appréciés aujourd’hui.

Grâce à ces archivistes, les biographes ne manquent pas de matériel. M. Bertrand de La Tour, son premier biographe, recueille le fruit du travail de l’abbé Charles Glandelet, contemporain de François de Laval. L’abbé Auguste Gosselin, ancien du Séminaire, rédige fin 19e siècle une biographie en deux volumes dans l’espoir de hâter la canonisation du premier évêque de Québec. L’abbé Émile Bégin, il y a tout juste cinquante ans, au moment du troisième centenaire de l’ordination épiscopale de François de Laval, met ses remarquables talents d’écrivain au service d’une biographie plus accessible.

Au milieu du 19e siècle, paraît l’Abeille, journal du Petit Séminaire. Les anniversaires de François de Laval et de son Séminaire y sont mentionnés. L’abbé Charles-Honoré Laverdière, historien érudit du Séminaire, y publie le fruit de ses recherches. Lors du transfert des restes de l’évêque de la basilique dans la crypte de la chapelle extérieure du Séminaire en 1878, l’abbé Thomas-Étienne Hamel, instigateur de cet événement mémorable, le décrit en détail. Les abbés Amédée Gosselin et Georges-Édouard Demers recueillent, classent et publient l’essentiel des documents nécessaires en vue de la béatification du premier évêque de la Nouvelle-France. L’abbé Noël Baillargeon (1914-2008) publie, entre 1974 et 1994, quatre volumes d’une monumentale histoire du Séminaire de Québec, des origines à 1850. Récemment, l’actuel supérieur du Séminaire, Mgr Hermann Giguère, a publié le fruit de ses recherches sur la spiritualité de François de Laval.

Les fêtes de l’année 2008 ajouteront à tous ces hommages et contribueront à mieux faire connaître un homme à l’origine de notre Église et de notre culture.


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Rencontre avec l'histoire irlandaise à Québec

Conférence sur Edmund Bailey O'Callaghan

Conférence donnée par Mme Marjorie A. Fitzpatrick, historienne

 

Atelier de travail :
Embauchage ou débauchage

Présenté par M. Charles-Henri Parent, directeur général
Centre d’action bénévole de Québec Inc. l
e samedi, 31 mai 2008

C’est avec plaisir que j’ai accepté de vous livrer mon expérience à titre de gestionnaire de personnel bénévole et salarié. N’hésitez pas à m’arrêter au cours de mon exposé afin que je puisse répondre à vos questions. Nous avons peu de temps pour traiter un sujet aussi important et intéressant. Néanmoins, je vais respecter l’horaire mentionné.

1-Préambule :                    

La gestion du personnel bénévole et salarié est identique, c’est-à-dire transparente et équitable. La nuance importante qu’il faut apporter est la suivante : Une personne bénévole peut refuser une tâche qu’on lui demande.
                                
Il ne faut pas oublier que la personne bénévole est volontaire, dans le sens qu’elle a accepté d’œuvrer  dans un organisme qu’elle a choisi ainsi que les tâches qui lui ont été proposées.
                                
Exemple :               
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Plainte à l’endroit de la DPJ, santé mentale, communautés culturelles, etc. (CAAP). Cours en informatique, Service d’orientation (CABQ), etc.
                                
2-Description de tâches :              

La description de tâches doit correspondre aux fonctions mentionnées dans l’avis de concours, s’il y a lieu. Une saine gestion prévoit des tâches claires et précises dans la mesure du possible, si l’on veut atteindre les buts de l’organisme. À cet égard, le programme de reconnaissance des expériences de bénévolat (PREB) mis de l’avant par le CABQ est reconnu autant par les autorités gouvernementales que par les employeurs privés. Ce document peut servir d’ouvrage de référence pour les bénévoles et les entreprises gouvernementales et privées.

Exemple :               
-
Choix des cours en informatique.
-Plaintes (nature des plaintes)
-Écoute téléphonique (rôle demandé), etc.

3-Sélection du personnel:              

Le comité de sélection doit être composé idéalement de trois personnes (2 de l’organisation et une autre en provenance de l’extérieur). Des critères précis doivent être élaborés avant l’entrevue et faire l’objet d’une entente entre les membres du comité. De plus, une pondération des points doit être établie sur une grille. Cette dernière facilite grandement le choix de la personne lorsque toutes les candidates et les candidats ont été rencontrés. Ce système fait partie des règles de l’art. Dans les faits, c’est le code d’éthique de l’organisme qui est appliqué.
                                
Le choix du gestionnaire appelé à gérer du personnel salarié et bénévole nécessite un profil particulier puisque les contraintes de gestion sont différentes de celles où nous retrouvons uniquement du personnel salarié. Il faut éviter les susceptibilités des uns et des autres. Le titre varie énormément d’un organisme communautaire et bénévole à l’autre. Ainsi une personne exerçant les mêmes fonctions peut porter indifféremment le titre de Coordonnateur, Responsable, Directeur, Directeur général, etc.

Exemple :               
-
Formation académique, Expérience, Écoute, Connaissances spécifiques du poste (curiosité intellectuelle), mise en situation, etc. :

                                 -Formation       40 points
                                 -Expérience     50 points
                                 -Autres            10 points
                                 -Total              100 points
                                
Le non verbal du candidat ou de la candidate est tout aussi important au cours de l’entrevue que les réponses données. La poignée de main à l’entrée peut dénoter certaines caractéristiques de la personne. Il est important également que les membres du comité écrivent les questions et qu’ils les partagent avant l’entrevue. Somme toute, il faut couvrir les trois sujets suivants : Le savoir, le savoir-être ainsi que le savoir-faire. Les tests écrits sont parfois révélateurs (graphologie)

4-Dossier     À cet égard, les opinions sont partagées. Néanmoins, il faut tenir compte
de police :    particulièrement du mandat de l’organisme.
                                
Certaines personnes refusent carrément d’être investiguées et cette situation peut causer un refus de leur part. Certaines personnes sont même vexées. Par ailleurs, dans certains cas, la vérification du dossier de police s’est avérée un succès puisqu’elle a permis d’éliminer des pédophiles par exemple ou des personnes qui sont potentiellement des fraudeurs de personnes âgées.

Exemple :              -Grands-Frères et Grandes-Sœurs,
                                 -Popote roulante
                                 -Écoute téléphonique (Écoutants faisant de la sollicitation sexuelle et autre)

 

5-Intégration au travail :     

L’entrée en fonction de la personne bénévole ou salariée est un moment privilégié pour l’organisme de montrer ses couleurs. En effet, l’accueil, la remise de documents concernant l’entreprise, son fonctionnement, la rencontre avec le personnel en place, etc. sont des moments cruciaux où l’organisme et le nouvel employé bénévole ou salarié vont s’apprivoiser, mieux se connaître.

La personne bénévole ou salariée est en mesure de constater le sérieux des dirigeants de l’organisme et ce dernier pourra déjà valider si son choix a été le bon notamment par l’intérêt manifesté par l’employé, son ouverture d’esprit lors des rencontres avec les autres membres du personnel, son intégration lors des réunions avec les autres, etc.

Exemple :               -Intérêt de la nouvelle personne lors des rencontres avec collègues,
                                 -Intérêt de connaître davantage l’organisme,
                                 -Préparation d’un guide de l’employés bénévole et salarié
                                 -etc.

6-Évaluation du rendement :       

Idéalement tout organisme doit posséder un document écrit d’évaluation du rendement. Ce document comporte plusieurs parties axées notamment sur les tâches à accomplir, le comportement de la personne, sa créativité, son intérêt pour l’organisme et les études, ses besoins de formation, etc. De façon générale l’évaluation du rendement s’adresse au personnel salarié. Exceptionnellement, une évaluation est produite pour le personnel bénévole.

À ce stade-ci, on peut penser à une note de passage (A, B, C, D, ou Excellent, Très bon, Bon, médiocre ou toute autre mention propre à l’organisme). Cette note sert de point d’appui pour une augmentation annuelle de traitement, le cas échéant. Cependant, il est très important d’informer le personnel des nuances que vous désirez apporter à la signification soit du pourcentage ou de la lettre indiquée afin d’éviter toute déception de la part du personnel.

Il ne faut pas oublier que le refus d’un avancement d’échelon à la suite d’une mauvaise évaluation peut développer des conflits d’intérêt irréparables entre le gestionnaire et l’employé. En tout temps, l’employé bénévole ou salarié apprécie grandement l’honnêteté intellectuelle du gestionnaire.

Par ailleurs, nonobstant l’évaluation du rendement par écrit, au fil des semaines et des mois, une tape dans le dos, un mot de remerciements pour un travail important réalisé ou remarquable est à souligner. Faire circuler des lettres de remerciements reçues de la part de la clientèle. Tous les moments sont propices pour souligner l’apport important du personnel.

Inversement, il faut souligner peut-être plus discrètement, mais avec assurance les gestes malsains qui ont été posés ou encore un travail qui n’a pas été remis à son échéance. Il est primordial d’accorder de l’importance aux rencontres individuelles formelles ou informelles. Le personnel apprécie grandement ces moments privilégiés.

Un autre point important consiste à faire circuler l’information en provenance du Conseil d’administration. Cette information permet au personnel salarié et bénévole de créer un sentiment d’appartenance à l’organisme. Somme toute, l’évaluation s’effectue tout au cours de l’année.

Tout ce qui vient d’être précisé facilitera d’autant l’évaluation annuelle du rendement du personnel et permettra des échanges fructueux lors de la rencontre.

Exemple :               
-Souligner les anniversaires
-Semaine de l’action bénévole
-Semaine des secrétaires
-Cartes de remerciements reçues
-Courriel reçu
-PREB
-Etc.

7-Gestion quotidienne :          

En tout temps, la gestion des ressources humaines doit être transparente et équitable. Évidemment, c’est pas chose facile. En effet, à titre de gestionnaire, nous avons nos propres valeurs, notre tempérament, nos objectifs organisationnels à rencontrer auprès de nos dirigeants de l’organisme. La valeur fondamentale de la gestion des ressources humaines demeure dans le respect des personnes bénévoles et salariées. Le personnel bénévole ou salarié le perçoit rapidement. Il va apprécier un très grand respect de la part du gestionnaire humaniste. Toutefois, humaniste ne veut pas nécessairement dire laisser-aller. Ce qui est important pour un gestionnaire, c’est d’être vrai, authentique et sa gestion sera d’autant plus facile. Lorsque les employés bénévoles et salariés sont informés adéquatement, avec  transparence des décisions qui sont prises, du cheminement envisagé à l’égard de tel ou tel dossier, de l’orientation prise par la direction, etc., généralement le personnel  accueillera favorablement les gestes posés.
Il peut quand même y avoir une certaine résistance, c’est humain. Ce sont des paradigmes.

Exemple :
-Changement du rôle  des bénévoles (politique Bénévoles maîtres d’œuvre, CABQ)
-Fin du travail des bénévoles à titre de conseillers aux plaintes (CAAP)

8-Licenciement d’un employé bénévole et salarié :              

Aborder la délicate question de licenciement n’est pas une mince tâche. En effet, embaucher une personne bénévole ou salariée est toujours plus agréable d’autant plus qu’elle est une valeur ajoutée pour l’organisme. L’épineux problème du licenciement d’une ou de plusieurs personne (s) doit être étudiée soigneusement au préalable (nous proposons un peu plus loin dans le texte, au volet «exemple» la démarche à suivre en pareilles circonstances).
                                
Il faut préciser ici la distinction qui existe, dans l’esprit des personnes, entre les membres bénévoles d’un Conseil d’administration et les bénévoles-terrain. La pensée universelle est à l’effet que pour les membres du conseil d’administration, la majorité du temps, c’est l’honneur qui compte alors que pour les bénévoles impliqués dans le quotidien, c’est peut-être la seule sortie qu’ils peuvent effectuer, le plaisir d’aider autrui, le sentiment d’être utile, etc.

Concernant la mise à pied du personnel bénévole, il n’y a pas de recours officiel. Cependant, un tel congédiement brise l’atmosphère ainsi que la motivation des personnes qui poursuivent leur travail. Les règles sont quelque peu différentes en ce sens que les personnes ne peuvent pas s’adresser aux différentes instances en relations de travail. Tout au plus, les personnes peuvent déposer une plainte auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.
                                
Toutefois, pour de raisons de force majeure, tels la fraude, le vol, etc. le licenciement est immédiat.

Nous pouvons également procéder à la mise à pied d’un groupe de bénévoles. Dans ce cas, il y a lieu d’organiser des rencontres d’information en mentionnant les raisons qui obligent le Conseil d’administration à prendre ce virage.                              
 
En ce qui a trait au personnel salarié, il faut tenir compte de certaines règles établies par la Commission des Normes du Travail (CNT), les conventions collectives, s’il y a lieu ainsi que les règlements internes de l’organisme et le contrat de travail de l’employé ou des employés concerné (s) s’il en existe un. Nous pouvons également se retrouver au Tribunal administratif du Québec (TAQ). Idéalement, sauf pour des cas évidents de fraude, de vol ou d’autres gestes équivalents où la sanction est immédiate, il est important de procéder par étapes.

Exemple :               
-
Rencontre formelle avec la ou les personne (s) concernée (s)
-Rencontre formelle avec la ou les personne (s) concernée (s) et une note officielle au dossier de ou des individu (s)
-Envoi ou remise d’une lettre à la ou les personnes (s) concernée (s) en spécifiant la nature des faits reprochés
-Mesure administrative prise à l’égard de la ou des personne (s)
-Mesure disciplinaire prise à l’égard de la ou des personne (s)
-Congédiement

-Les Éditions Yvon Blais ont publié des documents étoffés concernant tous les sujets reliés à la gestion du personnel et préparés par les Avocats LeCorre & Associés (www.lecorre.com)

-Douze (12) conseillers bénévoles ont été remerciés au mois de novembre 2007 (CAAP)

 

9-Conclusion :  Gérer du personnel bénévole et salarié est motivant et valorisant. Plus nous portons de l’intérêt vers cet art, plus nos chances de réussite sont excellentes.
                                            
Merci et Bonne réflexion.

Charles-Henri Parent
Directeur général
Centre d’action bénévole de Québec Inc.


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